Les livres à retenir en 2016 : mon best-of

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Janvier est généralement la période où on fait sans surprise le bilan de l’année qui s’est écoulée. Une sorte de best-of qui permet de faire le bien. Et même si en général je ne suis pas une grande fan de ces rendez-vous imposés, je dois dire que celui-ci me plait assez. Faire le bilan des lectures de l’année passée permet de donner un coup d’oeil dans le rétro et de prendre le temps de faire le tri entre les bons livres et les mauvais, mais surtout (et c’est beaucoup plus dur) entre les livres qui nous ont vraiment marqué et ceux qui nous ont simplement fait passer un bon moment. J’ai envie de vous parler des très bons livres, ceux qui m’ont vraiment émue, qui m’ont donné un coup au coeur et qui ont trouvé une place de choix dans ma bibliothèque. Au total, j’ai du me faire violence et n’en garder que 12 : un pour chaque mois écoulé. Le choix fut douloureux, mais au final je n’ai gardé que la crème de la crème !

Le Journal d’un vampire en pyjama, de Mathias Malzieu (Albin Michel)

Premier de la liste, premier dans la chronologie de mes lectures de 2016, et pour être sincère avec vous c’est aussi mon préféré dans toute la liste. Ce livre est entièrement autobiographique puisque Mathias Malzieu a vraiment été diagnostiqué d’une maladie potentiellement mortelle et qu’il a subi un traitement très lourd avec plusieurs hospitalisations. Dit comme ça, on n’a pas l’impression qu’on va passer un bon moment avec ce livre. Sauf qu’en fait il n’y a rien de déprimant dans ce livre, tout au contraire ! Mathias Malzieu utilise sa plume pour contrecarrer la maladie, pour lutter et s’accrocher à la vie. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des passages très émouvants, mais il n’y a rien de glauque. Ce livre est beau, tout simplement. Et en plus il a le courage de parler de la maladie sans fard. Armé de sa poésie et de sa bonne humeur contagieuse, Mathias Malzieu livre une vérité qui ne manquera pas d’apaiser les peurs de biens des lecteurs. Comme pour faire la paix avec notre propre mortalité.

Audrey Retrouvée, de Sophie Kinsella (Pocket Jeunesse)

Sophie Kinsella signait un joli retour en 2016 en s’essayant carrément au genre du Young Adult. Dit comme ça, on a l’impression qu’il s’agit d’une opportunité marketing. En fait, pas du tout : elle a tout simplement eu l’idée d’une histoire et elle a foncé. Elle a eu raison parce que le résultat est un roman excellent qui aborde la question du harcèlement scolaire à travers les yeux d’Audrey, une adolescente, et de sa famille. Après le drame vécu par Audrey, toute la famille doit essayer de se reconstruire. On retrouve tout l’humour et tout le brio de Sophie Kinsella dans ce nouveau livre. Et franchement on en redemande ! C’est un livre à mettre entre les mains de tous les lecteurs, les jeunes comme les moins jeunes, et je pense notamment que tous les parents d’ados se reconnaîtront dans le personnage de la mère.

Freddie Friday, d’Eva Rice (éditions BakerStreet)

Je suis une très grande fan des romans d’Eva Rice, donc a priori il y avait toutes les chances que j’aime son petit dernier. Pourtant, dès les premières pages, j’ai pu constater que ce nouveau roman était assez différent des autres. Il est teinté d’un style plus grave, ce qui n’est pas pour me déplaire car ça apporte une nouvelle dimension à l’écriture d’Eva Rice. Ce livre aborde avec beaucoup de délicatesse le thème de la résilience à travers trois personnages que presque tout oppose. Pourtant, ils vont peser mutuellement sur leurs vies et vont ainsi s’aider à se reconstruire. Ce livre révèle des trésors de beauté, de tendresse et d’émotion. Ce fut un vrai coup de coeur et, plusieurs mois après, je m’en souviens encore avec beaucoup de force. Un très beau roman à côté duquel il serait dommage de passer.

L’Enfant du lac, de Kate Morton (Presses de la Cité)

Depuis le temps que je voulais lire un livre de Kate Morton ! C’est enfin fait, et la patience en valait la peine ! Ce livre a été le meilleur roman policier de toute mon année, ce qui n’est quand même pas rien ! La construction narrative de ce livre est très ambitieuse, et elle repose largement sur une étude psychologique des personnages en même temps que sur la réactivité du lecteur. Car Kate Morton s’affiche comme une digne héritière d’Agatha Christie (je déteste habituellement dire ça tellement ça fait cliché, mais dans ce cas précis c’est absolument vrai !). Elle est capable de jouer avec ses lecteurs, de les tenir en haleine et de les duper superbement. Je ne dévoile rien du dénouement mais ce livre m’a vraiment bluffé !

L’été avant la guerre, de Helen Simonson (Nil éditions)

Gros coup de coeur pour ce roman ! J’en avais entendu parler sur d’autres blogs, et c’est ce qui m’a tenté pour le découvrir. Le résultat a dépassé toutes mes attentes tant ce livre est un condensé de tout ce que j’aime ! On y parle d’Angleterre, de la vie d’une petite communauté à la campagne, d’une femme indépendante qui reprend sa vie en main et tente au passage de trouver l’amour, de la Première Guerre mondiale et de toute une bande de personnages secondaires hyper attachants. Ce roman est extraordinaire et il trouve logiquement sa place dans la liste de mes meilleures lectures de l’année 2016.

L’Accro du shopping à la rescousse, de Sophie Kinsella (Belfond)

Oui, je sais : Sophie Kinsella apparaît deux fois dans ma liste. Cela peut sembler injuste, mais en même temps c’est amplement mérité puisqu’elle a signé deux romans fabuleux, dans deux registres assez différents. On peut dire que c’était son année ! Je mets ce nouvel opus de L’Accro du shopping dans ma liste parce que j’en avais un peu assez des aventures de Becky, j’étais lassée, je pensais que c’était la fin. Et tout d’un coup Sophie Kinsella fait renaître son héroïne des cendres en la ramenant dans un roman fabuleux dont l’intrigue façon road-trip se déroule sur les chapeaux de roues. Au passage, elle revisite complètement la mythologie de son personnage pour signer un roman surprenant, plus original que les autres et diablement efficace. ça valait bien une mention dans le best-of de 2016 !

Nos Années Sauvages, de Karen Joy Fowler (Presses de la Cité)

Attention : OVNI littéraire ! Voilà un roman qui début très lentement. Et puis bam : on arrive à la page 99 et toute l’histoire se met subitement en place en révélant un truc complètement dingue que le lecteur ne peut absolument pas voir venir ! Ce roman aborde la question de notre humanité sous un angle particulièrement original et il place au coeur de son intrigue des valeurs d’actualité comme la compassion, le vivre ensemble, la notion d’appartenance… C’est un livre très touchant dans lequel il faut accepter de se jeter en ne connaissant rien de l’histoire. Un vrai pari en somme, mais la lecture en vaut la peine.

Petit Pays, de Gaël Faye (Grasset)

Impossible de passer à côté du phénomène de la rentrée littéraire ! Et pour une fois, ce titre était amplement mérité tant ce livre est bon, émouvant sans jamais verser dans la sensiblerie, pertinent et bien écrit. Ce livre a été salué par la critique, par les lecteurs et par plusieurs prix littéraires (notamment le Goncourt des lycéens, ce qui prouve que les jeunes s’intéressent encore aux bons livres, n’en déplaise à tous les grincheux rétrogrades !). J’ai lu ce livre d’une traite et j’ai été très touchée par la lumière qui émane de ses pages. Gaël Faye signe un livre puissant et élégant dans lequel l’évocation de la guerre et de l’enfance se mêlent de façon fluide pour donner à voir un monde recouvert par le silence. Le public oublie les guerres, les médias passent à autre chose, mais la littérature peut convoquer le passé pour faire revivre les heures méconnues de l’histoire. Une vraie leçon.

Vintage, de Grégoire Hervier (au Diable Vauvert)

Voici le deuxième meilleur roman policier de mon année ! Ce livre a été un énorme coup de coeur personnel du fait qu’il mélange allègrement plusieurs éléments que j’adore : l’intrigue policière, un road-trip et l’histoire du rock ! Dit comme ça, vous n’avez pas beaucoup d’indices sur ce roman étonnant, mais il faut simplement savoir que Grégoire Hervier signe un roman policier très original qui plaira particulièrement aux fans de musique… mais pas seulement. Car l’argument du livre est très original, mais l’intrigue en elle-même est digne des meilleurs auteurs de romans policiers. Le suspens est à son comble, on a droit à de nombreux retournements de situation, et le personnage principal est particulièrement sympathique. Si vous cherchez un roman policier capable de vous divertir efficacement, c’est celui-ci qu’il vous faut !

The Girls, d’Emma Cline (Quai Voltaire)

Le livre d’Emma Cline est arrivé presque par hasard entre mes mains : on m’a proposé de le lire et j’ai dit oui en sachant à peine de quoi ça parlait. Le résultat a été ahurissant ! Ce roman coup de poing a été peut-être le plus gros choc de mon année de lecture. Un livre à la fois intime et violent qui décortique l’engrenage de l’embrigadement des mineurs dans une secte. Pas franchement un livre pour rigoler et se faire plaisir. Mais plutôt le genre de livre nécessaire pour comprendre le monde dans lequel on vit. Une vraie révélation qui laisse présager beaucoup de bonnes choses à l’avenir de la part de la jeune romancière américaine.

Demain les chats, de Bernard Werber (Albin Michel)

Cette année, nous avons eu une excellente cuvée en ce qui concerne Bernard Werber. Demain les chats s’est révélé un peu différent de ce qu’il faisait jusqu’à présent parce que c’est un livre qui est étonnement ancré dans l’actualité du pays. Du coup, l’auteur en profite pour aborder des thèmes chers à son coeur et partager sa vision personnelle de l’humanité. Le résultat est surprenant, très agréable et très réussi. J’ai beaucoup aimé ce livre car il réveille un peu les fans de Bernard Werber en leur donnant à lire quelque chose d’assez neuf. On sent que le romancier prend position et cela confère à son livre une dimension nouvelle, plus forte que d’habitude.

Nous irons tous au paradis, de Fannie Flagg (Le Cherche-Midi)

Dernier gros coup de coeur de mon année littéraire, ce livre de Fannie Flagg m’a fait un bien fou ! Fannie Flagg est surtout célèbre en France pour avoir écrit Beignets de tomates vertes, le roman dont un film éponyme a été tiré. Dans son dernier roman, on retrouve les mêmes ingrédients qui ont fait son succès (l’amitié, l’ambiance du sud des Etats-Unis, des personnages hauts en couleur, la bonne humeur mais aussi des sentiments plus graves…) mais avec en plus un sujet hautement sensible : la mort. Ce livre parle de la mort sans jamais être triste. Bien au contraire, Nous irons tous au paradis est une véritable célébration de la vie. C’est le genre de livre qui vous donne une énergie incroyable et l’envie d’aimer la terre entière. Un vrai tour de force !

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Un commentaire pour Les livres à retenir en 2016 : mon best-of

  1. Folavril dit :

    Ton article me rappelle que j’ai toujours très envie de lire le livre de Mathias Malzieu…

    J'aime

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