Nous irons tous au paradis, roman de Fannie Flagg

fannie-flaggAvec un titre en forme de promesse, le nouveau roman de Fannie Flagg, Nous irons tous au paradis, ne peut pas laisser les lecteurs insensibles ! J’ai découvert Fannie Flagg avec Beignets de tomates vertes (dont vous avez peut-être vu l’adaptation pour le cinéma) et depuis j’ai une tendresse particulière pour cette romancière américaine dont les livres sentent bon le sud des Etats-Unis, les histoires d’amitié et de chaleur humaine. De vrais feel-good-books parfaits pour des soirées de lecture automnale au chaud sur le canapé. Ce nouveau roman ne fait pas exception à la règle : on en ressort un sourire au lèvres, avec la satisfaction d’avoir lu un bon livre et l’envie d’aimer la terre entière.

Ce premier jour du mois d’avril n’est pas rose pour Elner, fringante octogénaire originaire d’une petite ville du Missouri : elle vient de mourir. Tomber d’un arbre en cueillant des figues n’est déjà pas bien drôle, mais là, Elner se rend bien compte qu’il se passe des choses bizarres, surtout quand elle croise Ginger Rogers puis sa soeur décédée ! De leur côté, les proches d’Elner ne passent pas non plus une bonne journée. La nouvelle de la mort de leur amie se répand comme une traînée de poudre, et en l’espace de quelques heures, chacun a l’occasion de réfléchir à sa relation avec Elner et de se remémorer tous les bons moments passés ensemble. Car Elner était une force de la nature, courageuse et généreuse, qui n’a jamais manqué d’aider ses proches et de jouer les anges gardiens avec eux. Mais a-t-elle vraiment cessé de veiller sur eux juste parce qu’elle est morte ?

J’espère rendre justice au roman de Fannie Flagg avec ces quelques lignes de résumé, mais c’est dur de retranscrire le thème du roman sans trop en dévoiler. Tout de même, avant de continuer cette chronique, je voudrais préciser une chose : ce roman, véritable ode à la vie, est en fait une comédie hyper drôle avec énormément de rebondissements.

Dès les premières pages, j’ai aimé Elner, le personnage principal, comme si c’était quelqu’un de ma famille. Fannie Flagg a le chic de nous inventer des personnages plus vrais que nature qu’on a immédiatement envie de serrer dans nos bras ! On entre tout de suite dans le vif du sujet avec la mort d’Elner qu’on constate en même temps qu’elle, à l’hôpital, quand elle ne comprend pas encore bien ce qui se passe. Le roman alterne ensuite entre des chapitres centrés sur l’expérience d’Elner après la mort (la découverte du paradis et tout ce qui s’en suit) et les chapitres qui racontent la vie de ses proches au fur et à mesure qu’ils apprennent la nouvelle et réagissent chacun à leur façon.

Nous irons tous au paradis a un rythme fabuleux et c’est impossible de le lâcher car on glisse de personnage en personnage avec une facilité déconcertante. Chacun est passionnant, chacun révèle des choses sur Elner et sur les liens intimes (parfois secrets) qui les ont unis. Et avec cette toile d’araignée qui prend forme, on se rend compte à quel point Elner a su toucher les gens et influer sur leurs vies pour le meilleur.

En même temps, ce roman chorale n’est pas qu’un exercice de style plaisant. C’est un livre avec une véritable intrigue constituée de la progression d’Elner au paradis et de la révélation de son ultime secret. Autant d’éléments qui ménagent beaucoup de rebondissements (dont plusieurs qu’on ne voit absolument pas venir !) et des moments de grande émotion.

J’ai adoré Nous irons tous au paradis. Je ne peux pas le dire autrement tellement c’est un cri du coeur : j’ai aimé l’idée de départ, j’ai aimé l’histoire, j’ai aimé les personnages, et surtout j’ai aimé l’écriture de Fannie Flagg. Voilà une romancière qui jette un regard incroyablement chaleureux et optimiste sur le monde. Ce qui fait beaucoup de bien ! Elle aime les gens et ça se sent dans sa manière de rire de leurs travers, de souligner leurs peurs, leurs qualités et surtout leur potentiel au bonheur. Sans relâche, elle distille dans ce livre des bribes de bonne humeur… et dans un roman sur le thème de la mort, ce n’était pas forcément gagné d’avance !

Au final, Nous irons tous au paradis est un roman résolument optimiste qui fait souffler le vent de la bonne humeur sur son lecteur. Il offre un message Carpe Diem qui, loin d’être ridicule ou démagogue, nous encourage tous à prendre la vie par le bon bout, à faire que chaque instant compte, à aimer plus, à faire plus de choses qui nous passionnent et nous rendent heureux. En nous faisant visiter notre propre mortalité, Fanny Flagg nous offre une véritable leçon de vie dont on ressort rassuré et inspiré.

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8 commentaires pour Nous irons tous au paradis, roman de Fannie Flagg

  1. CuriousCat dit :

    Bonsoir,
    Le titre évoque un film français assez drôle également. Ici, le livre semble promis à un probable développement cinématographique dans la présentation que tu nous en fais en tous cas. 😉
    Merci.
    Cat

    PS : je suis contente, je viens de voir en bas de ta page le nom du blog « A livres ouvert » auquel je suis abonnée depuis peu et auprès duquel j’avais justement donné le lien vers ton blog ! 🙂

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  2. Catherine dit :

    J’avais beaucoup aimé les beignets de tomate vertes et suis en train de lire miss Alabama. Mon problème c’est que je le lis depuis…les 7 derniers mois…. manque de temps et de temps éveillé mais j’aime cette auteur et je suis sûre que je lirais ce dernier également

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  3. Ping : Les livres à retenir en 2016 : mon best-of | A livre ouvert

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