Panorama de la littérature anglaise, première partie

livre-theLe mois de juin va être rudement intéressant pour tous les fans de littérature anglaise puisque c’est le mois « anglais » dans la blogosphère. Vous verrez donc en surfant sur les blogs littéraires francophones que beaucoup de mes consoeurs et de mes confrères font de la place pour parler des nombreux coups de cœur de la littérature d’Outre-Manche. Étant donné que je suis moi-même une fervente amatrice des Lettres Anglaises, alivreouvert ne pouvait pas ne pas traiter de ce sujet « so bookish ». J’ai donc décidé de m’emparer du thème pour vous proposer un tour d’horizon de la littérature anglaise en dix livres. Cet article fera l’objet de deux parties, chacune présentant cinq livres qui, selon moi, sont absolument à lire.

Beaucoup de bruit pour rien, de William Shakespeare

Quand on parle de littérature anglaise, comment ne pas évoquer Shakespeare ? Il est le père fondateur de la culture littéraire anglaise, l’élément incontournable, la matrice qui sert encore aujourd’hui de référence incontestée. Au fil de ses différentes pièces, on découvre des thèmes forts, de l’humour, du drame, de la magie… et une touche de magie. Plusieurs de ses pièces sont mes coups de cœur personnels depuis plusieurs années : Roméo et Juliette bien sûr, Le Songe d’une nuit d’été (et pour l’avoir vu joué par les marionnettes de Salzburg, cette pièce s’adresse vraiment à tous les publics), La Tempête (récit étrange et intense)…

Mais je préfère vous parler de Beaucoup de bruit pour rien car cette pièce très drôle concentre un peu tous les éléments chers à Shakespeare. De plus, cette pièce que j’adore n’est pas forcément la plus connue en France du « barde anglais ». J’aime beaucoup cette pièce à cause d’un tandem de personnages à la fois comiques et romantiques : Benedict (oui, c’est un homme) et Béatrice. Lui est un vieux garçon convaincu que le célibat est l’idéal vers lequel tous les hommes devraient tendre. Elle est le prototype de la vieille fille en puissance, haïssant les hommes et dévoilant parfois des tendances hystériques. Chacun d’eux a la langue bien pendu avec des dialogues acérés. Et bien sûr, ils ne s’entendent pas du tout ! Et bien sûr, ils vont finir par tomber dans le piège de l’amour (et de leurs amis respectifs). Une excellente pièce pour pénétrer dans l’univers théâtral anglais.

Un Chant de Noël, de Charles Dickens

Si Shakespeare est à l’Angleterre ce que Molière est à la France, disons que Dickens est à la littérature anglaise ce que Victor Hugo est aux Lettres françaises. Impossible de passer à côté tellement les anglais l’aiment ! C’est l’un des auteurs anglais les plus lus, non seulement dans son propre pays, mais aussi à l’étranger. En France, on connaît Dickens pour ces histoires larmoyantes de pauvres petits orphelins. Mais il a aussi donné dans les contes, et c’est évidemment au premier d’entre eux que je fais référence aujourd’hui : Un Chant de Noël.

Bien sûr, c’est mieux si on le lit en hiver. Mais si vous ne l’avez jamais ouvert, sachez que ce livre assez court est une excellente lecture, autant pour les adultes que pour les jeunes lecteurs. Dans ce périple émotionnel, le personnage principal est visité par des fantômes, des souvenirs chargés de lui rappeler l’importance de la générosité, du partage et des relations humaines. L’essence de Noël est finement distillée dans cette histoire dont je trouve qu’elle n’a jamais été autant d’actualité. Car avec notre société moderne dans laquelle les gens croient qu’ils communiquent parce qu’ils sont branchés sur les réseaux sociaux, il n’a jamais été aussi important de laisser l’émotion nous réenchanter.

Poèmes, d’Emily Brontë

Il y a des auteurs tellement énormes qu’on ne sait pas toujours par quel bout entrer dans leur œuvre. Les sœurs Brontë sont un bon exemple, car même si elles sont en fait trois personnes différentes, il est vrai que la distinction est compliquée pour le néophyte. Les anglais vouent aux sœurs Brontë un véritable culte. Les lecteurs visitent le presbytère de Haworth où elles ont vécu presque toute leur vie comme d’autres vont en pèlerinage à Jérusalem. Leur importance est d’autant plus grande qu’elles ont influencé de nombreuses générations d’auteurs après elles. D’une manière générale, elles symbolisent le « girl power » qui fait loi dans les Lettres Anglaises. Car si Jane Austen est l’écrivain féminin le plus sympathique, c’est aux sœurs Brontë que l’on doit l’image éternelle d’une féminité sauvage, indomptée et triomphante.

Beaucoup de lecteurs vous conseillerons de commencer par Les Hauts de Hurlevent : c’est à mon avis très ambitieux. Ou alors d’entamer Jane Eyre : trop évident, mais c’est vrai qu’il s’agit d’une valeur sûre. Je préfère vous orienter vers un choix personnel : les poèmes d’Emily Brontë. Disponibles dans plusieurs collections de poches (et même pour certains dans des éditions bilingues que je recommande chaudement), ces textes dévoilent à la fois la grande élégance du style d’Emily Brontë, tout en donnant un bon aperçu de ses thèmes les plus chers et de son imaginaire. L’écriture est belle, les mots résonnent, les images sont fulgurantes… Et je dois dire que j’ai beaucoup de plaisir à relire régulièrement certains poèmes en particulier. Je vous invite donc à vous laisser séduire à votre tour !

Jeeves, de P.J. Wodehouse

Impossible de parler de littérature anglaise sans parler à un moment ou à un autre de l’humour anglais. Les anglais sont réputés pour leur humour. Un humour assez difficile à définir, mais qui repose beaucoup sur l’absurde et fait souvent référence à leur culture très classique autant qu’à leur originalité débridée. P.G. Wodehouse est pour moi le saint patron de l’humour anglais. Je l’avais découvert complètement par hasard grâce à un ouvrage des éditions Omnibus (dont je ne dirais jamais assez tout le bien que je pense !) ; ce fut le coup de foudre.

Toute la série des livres Jeeves raconte les aventures d’un narrateur, Bertie Wooster, rentier londonien dont les journées sont occupées par trois choses : traîner dans les salons de son club de gentlemen, éviter les foudres de sa tante Agatha, et trouver le moyen de ne pas se marier à toutes les folles héritières qui croisent régulièrement son chemin. Un rien benêt, très maladroit, mais néanmoins toujours drôle, Bertie a de la chance dans son malheur car il peut compter sur l’aide précieuse de son mutique valet : Jeeves, un homme discret dont l’intelligence fait le bonheur des lecteurs. Œuvre inclassable, Jeeves n’a aucun équivalent en France. Une très bonne raison pour vous plonger dans ses livres délicieux où on rit plusieurs fois à chaque page.

Le Seigneur des anneaux, de J.R.R. Tolkien

La grande différence entre la littérature française et la littérature anglaise, selon moi, c’est l’absence de fossé entre les livres pour adultes et les livres pour enfants, entre la littérature de divertissement et la littérature « sérieuse », pas d’hégémonie d’un genre littéraire sur les autres… La littérature anglaise est profondément égalitaire. Elle ne met personne sur un piedestal pour ensuite reléguer certains livres dans l’enfer des bibliothèques.

Le cas d’école idéal, c’est Tolkien. Universitaire féru de littérature médiévale, il a eu assez d’imagination pour inventer un monde entier : celui de la Terre du Milieu. Au fil des pages de son gigantesque roman Le Seigneur des Anneaux, des personnages, des lieux, des langages inventés et des histoires, le lecteur est plongé dans un environnement magique, fascinant et inépuisable. Avec cet énorme roman, Tolkien a jeté les bases de ce qui allait devenir l’heroic fantasy, un genre littéraire longtemps dédaigné en France avant que les films de Peter Jackson réussissent à aviver la curiosité des lecteurs. J’ai lu ce roman avec beaucoup de plaisir (en revanche, je n’ai pas aimé Bilbon) car l’histoire est belle, la trame narrative est riche, et les personnages sont tellement variés que l’on en trouve forcément un en particulier pour lequel on vibre au fil des pages. Et même si la narration est parfois mal rythmée, ce roman reste un incontournable qui mérite d’être lu.

Rendez-vous dans deux jours pour avoir la suite de la liste, avec encore plus d’idées lectures pour découvrir la littérature anglaise.

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