Le Seigneur des Anneaux, première partie

livre-2Voici donc le moment de retourner en Terre du Milieu. Je vous avais déjà parlé en début d’année de ma lecture de Bilbon le Hobbit. J’avais fait une critique en demi-teinte puisque j’avais beaucoup aimé l’univers fantasy et le personnage principal de cette aventure, mais que j’étais un peu restée sur ma faim s’agissant de la portée dramatique du récit. Pour autant, ce livre avait réveillé en moi l’envie de lire enfin le Seigneur des Anneaux. Après des années de curiosité, je me suis plongée dans ces pages en ayant presque oublié les livres, et je vais donc aujourd’hui vous parler du premier livre.

De quoi s’agit-il ? Le roman de Tolkien est tellement gros et ambitieux que l’auteur avait eu la bonne idée de le couper en trois volumes (les films reprennent d’ailleurs à peu de choses près ce découpage canonique). Une bonne idée parce que le premier livre fait déjà 400 pages bien sonnées, et les chapitres sont assez longs. Cette lecture au long court pourrait en décourager plus d’un, mais n’ayez pas peur car l’effort en vaut la peine.

De quoi ça parle ? Souvenez-vous, dans Bilbon le hobbit, Tolkien nous racontait comment Bilbon se retrouvait entraîné malgré lui dans une quête de nains à la recherche d’un trésor gardé par un dragon. Au détour d’une péripétie, il se retrouvait en possession d’un anneau magique lui permettant de disparaître aux yeux de tous. A la fin de l’histoire, Bilbon rentrait sereinement chez lui et s’apprêtait à couler des jours paisibles et heureux.

Au début de cette nouvelle histoire, nous retrouvons le charmant petit monde des hobbits en effervescence. C’est l’anniversaire de Bilbon ; il fête ses 111 ans, un âge déjà bien avancé. A l’occasion de sa fête, il va disparaître et laisser derrière lui son précieux anneau à son neveur, Frodon. Mais Gandalf n’est pas tranquille à propose de cet anneau. Il suspecte qu’il s’agisse en fait de quelque chose de très dangereux. Et alors que les forces du mal se réveillent dans le monde, ce nouvel élément pourrait bien devenir crucial…

Afin de statuer sur le sort de l’anneau, Gandalf envoie tout le monde à Foncombe, dans le domaine des elfes afin de décider de la marche à suivre. C’est ainsi que la Communauté de l’anneau est formée de hobbits, d’hommes, d’un elfe, d’un nain et d’un magicien, Gandalf en personne. Avec pour mission de détruire l’anneau, ils vont se mettre en route te rencontrer bien des périls jusqu’à leur dissolution. A la fin de ce premier livre, les personnages sont séparés et partent tous dans des directions différentes pour continuer l’aventure.

Qui sont les personnages ? Si vous avez lu Bilbon, vous retrouverez avec plaisir le personnage de Gandalf, très mystérieux mais aussi d’une grande aide dans les situations de danger. On croise aussi quelques personnages vus avant : Bilbo,, l’un des nains de la première quête, des elfes… Mais dans l’ensemble, les personnages sont nouveaux. On les découvre au fur et à mesure que le récit avance et dévoile leur rôle dans l’aventure. Car aucun n’a été choisi au hasard. Frodon est l’un des personnages les plus importants : porteur de l’anneau, il est aussi le neveu de Bilbon et a donc été bercé toute son enfance par des récits d’aventure. Luttant contre les forces du mal, il est aussi en conflit avec lui-même. Peu porté sur l’aventure, il sait qu’une quête comme celle-là n’est pas pour lui. Son personnage est plus complexe que ne l’était celui de Bilbon, ce qui est donc un vrai plaisir car il est beaucoup moins prévisible.

Si vous avez vu les films, vous savez que les autres personnages de la communauté sont très hétéroclites. Il y a une vraie richesse dans ce « casting » car l’humour est présent à petites doses, le drame est bien là, et le souffle de l’aventure pèse à presque chaque page. Les personnages sont un excellent moteur dans cet intrigue, et le fait qu’ils soient bien différenciés les uns des autres permet de les identifier facilement et d’éprouver rapidement de la compassion pour eux dans les épreuves qu’ils traversent.

Grand-Pas (Aragorn) est l’un des hommes, mais il est aussi à part dans le monde des hommes car il est le descendants des rois du Gondor. En tant que tel, il porte l’héritage d’Isildur, le roi qui avait choisi de ne pas détruire l’anneau. Il est lié malgré lui à cette notion de faute, de malédiction presque. En même temps, il est porteur d’espoir car il est d’emblée désigné comme un héro en lequel on peut avoir confiance. Très vite, il devient le protecteur des hobbits, et sa résistance au pouvoir de l’anneau le marque comme l’un des persoannages phares de cette histoire.

Les hobbits sont souvent mis en avant pour leur résistance et le fait qu’ils soient capables de révéler des qualités inattendues dans des situations de grand danger. Autant d’atouts qui font d’eux des éléments clefs de la communauté. Ces personnages assez denses se dévoilent chacun leur tour. On découvre la bonne humeur de Pippin, le courage de Merry, la loyauté indéfectible de Sam, et le sens du devoir de Frodon. Chacun semble la personnification d’une qualité essentielles qui déterminera le succès ou pas de la quête.

Gimli le nain et Legolas l’elfe complètent les races représentées. N’ayant au départ que peu de sympathie l’un pour l’autre, leur halte a La Lorien change la donne en leur montrant l’amitié qui peut naître entre deux peuples si différents. Peu à peu, leur relation évolue, et le tandem commence à personnifier l’amitié et le respect.

Boromir est le deuxième homme de la troupe. Grand, fort, courageux, il est le fils de l’intendant du Gondor et porte la responsabilité de la défense de la cité. Il se joint à la communauté car il veut sauver son peuple. Dans le même temps, c’est celui qui est le plus tenté par le pouvoir de l’anneau. Il incarne la faiblesse humaine à cause de cette tentation, et dans une certaine mesure aussi la peur car c’est sa peur d’échouer qui le fait envier le pouvoir du mal.

Enfin, le récit ne serait pas complet sans la présence du magicien. Gandalf est de nouveau présent dans ce récit. Ses pouvoirs sont grands, et il est aussi un guerrier capable de remporter de durs combats. Très mystérieux (comme dans le premier livre), on ne sait jamais vraiment exactement à quel point il est au courant de tout ce qui se passe.

Mais alors, comment c’est ? Le début du livre est un peu laborieux car on nous raconte beaucoup de choses sur les hobbits dont on n’a pas forcément l’impression que ça va nous aider à avancer dans l’intrigue. D’une certaine façon, je pourrais même dire que des coupes auraient dû être envisagées tant certains des premiers chapitres semblent déconnectés du reste du récit. Tout le passage où les hobbits fuient la Comté et cherchent à retrouver Gandalf est miné par des petites aventures sans grand intérêt. Mais peut-être est-ce dû à la volonté de Tolkien de présenter des péripéties à chaque chapitre ? Peut-être aussi est-ce pour lui un moyen de mieux planter encore le décor de sa cosmogonie ?

Car le principal attrait de ce roman, c’est indéniablement de plonger cette fois dans un monde beaucoup plus complet, plus dense, plus riche en détails. Développé avec une grande logique et un soucis du détail incroyable, ce texte nous donne vraiment à voir la Terre du Milieu. Il compose des légendes, des histoires dans l’histoire ; les personnages existent dans une filiation, chacun a sa propre histoire, qui légitime non seulement son rôle dans l’histoire mais aussi la manière dont ses actes s’inscriront dans l’intrigue. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, rien n’apparaît par magie, tout est extrêmement travaillé. Et on ne peut qu’admirer la qualité du travail de Tolkien.

Pour ce qui est de l’histoire. Elle est beaucoup plus développée que dans le Hobbit, où il n’était question que d’une suite d’aventures un peu décousue. Ici, le drame est en train de se nouer, et chacun doit mettre en oeuvre son énergie et sa volonté pour faire barrage. Il est aussi question d’un vrai rapport de force entre les races. Les différents peuples n’ont pas tous le même intérêt, et les intrigues sous-terraines qui se mettent en place sont d’une grande subtilité. D’ailleurs, je dirais vraiment que c’est au moment du conciliabule de Foncombe que le récit prend une nouvelle envergure. A ce moment là de l’histoire, chacun prend conscience des enjeux, et le lecteur en même temps que les personnages.

A recommander, ou pas ? Oui, sans la moindre hésitation. Même si le début est un peu laborieux, on passe vite à un point de l’histoire passionnant. On découvre la richesse d’un monde créé de toute pièce par un auteur génial, capable de nous faire croire à cette fresque somptueuse. Moi-même j’ai hâte de lire le deuxième livre, puis le troisième, et de vous en reparler plus en détails prochainement.

3 réflexions sur “Le Seigneur des Anneaux, première partie

  1. Anne de LLN dit :

    Avec deux ans d’écart sur votre critique, j’ose ce commentaire last but not least.
    Je suis une fan inconditionnelle du Seigneur des anneaux, tombée dedans comme Obélix dans la potion magique, quand j’avais une vingtaine d’année. Lorsque je lis le Seigneur des Anneaux, j’y vois l’aspiration à un monde de paix, l’amertume quand le présent détériore les souvenirs d’un heureux passé, l’angoisse d’un monde qui change, l’envie de me battre pour mes valeurs avec le bel Aragorn. Lorsque mes enfants étaient petits (8-10 ans), je me suis demandé s’ils pourraient supporter le choc des films de Jackson. Je suis allée en repérage lorsque le premier opus est sorti : j’ai été bluffée, scotchée. J’ai emmené mes enfants et nous y sommes encore retourné deux fois ! Le reste est à l’avenant. débordant. Le plus jeune a dévoré la version Folio Junior à 8 ans ! Nous avons acheté la version longue des films (avec statuette qu’on a le bon goût de garder prisonnière dans les emballages des films) et nous la regardons au moins un fois par an et parfois, je me délecte encore avec la série totale (9 heures de suite) accompagnée d’une copine, d’une bouteille de vin, et d’un bon fromage ! Bref, Le Seigneur des anneaux fait partie de ma mythologie, c’est mon ADN et ma passion.

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    • uranie84 dit :

      J’aime beaucoup votre analyse, et vous avez raison : il y a beaucoup d’éléments dans les livres avec le poids de la guerre, des choses dramatiques mais aussi beaucoup d’espoir. Moi non plus je ne m’en lasse pas et j’ai pris l’habitude de me faire la trilogie chaque année au moment de Noël. C’est une fresque magnifique dont je ne me lasse pas !!

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