L’Âge d’or, roman de Renée Rosen

Je vous avais parlé du nouveau roman de Renée, Rosen, L’Âge d’or, en début de mois. Dès sa parution en France j’ai mis ce livre en tête de mes envies de lectures. Il faut dire que j’avais vraiment adoré son précédent livre, Park Avenue Summer, également publié chez Belfond. Le point commun entre ces deux livres ? Renée Rosen s’intéresse à l’histoire new-yorkaise, et aux figures féminines qui ont marqué la culture de la ville. Et après s’être intéressée à l’émancipation féminine et à l’histoire du magazine Cosmopolitan dans Park Avenue Summer, voici que la romancière remonte le temps. Elle nous embarque à l’époque du « Gilded Age » de la côte Est des Etats-Unis. Cette fin de XIXe siècle où la vie sociale américaine est encore dirigée par les familles de la grande bourgeoisie qui ont fondé la nation. Mais ne croyez pas que Renée Rosen va vous parler de It Girls sans cervelle. L’Âge d’or évoque deux femmes qui ont réellement existé, et dont le destin reste irrémédiablement à l’histoire de New-York.

Mon résumé du livre

Alva a beau avoir épousé un héritier Vanderbilt, une des plus grosses fortunes du pays, les portes de la bonne société new-yorkaise lui restent irrémédiablement fermées. Avoir de l’argent ne suffit pas ; encore faut-il avoir un pedigree irréprochable pour se faire une place au soleil. Mais tant qu’elle n’est pas invitée chez les gens qui comptent, elle et son mari restent à la périphérie des décisions importantes. Et leur voix ne compte pas plus que celles des miséreux qui vivent dans les rues. Bien décidée à ne pas se laisser faire, Alva se lance dans une croisade personnelle : coûte que coûte, elle ouvrira les portes des riches salons. Et son plan est simple : détrôner la reine de New-York en personne, Caroline Astor. Mais ce qui commence comme une compétition sociale entre deux femmes riches et oisives prend bientôt une toute autre dimension. Tandis que les années passent, Alva et Caroline commencent à mesurer leur impact sur la ville et sur la société. Et si elles utilisaient leur influence pour changer les règles ? Pour encourager les femmes à réaliser leur plein potentiel ?

Mon avis sur L’Âge d’or

Avant même de lire ce nouveau roman de Renée Rosen, j’avais l’intuition confuse que L’Âge d’or allait me plaire. Et le roman a répondu à toutes mes attentes ! Encore une fois c’est un coup de cœur. Et je crois d’ailleurs que je l’ai encore plus aimé que le précédent livre.

L’histoire commence presque de façon triviale avec l’affrontement à distance de deux femmes qui ne se distinguent principalement que par leur richesse… ou plutôt par la richesse de leurs maris respectifs. Elles ne possèdent rien en propre. Aussi riches et célèbres qu’elles soient, leur sphère d’influence ne dépasse pas les salons des dames. Et dès qu’il s’agit d’affaires importantes, ce sont les hommes qui décident. Dans ce monde de la bienséance, on attend des femmes qu’elles soient dociles, qu’elles ne commettent aucun scandale, qu’elles soient invisibles. Mais les ambitions de Caroline comme d’Alva vont les faire sortir du rang. Impossible de ne pas les voir, de ne pas les entendre, et de ne pas connaître leurs opinions.

Renée Rosen a particulièrement bien choisi son sujet avec ce roman. Le portrait croisé de Caroline et d’Alva est particulièrement intéressant à suivre. Leurs vies ne sont pas palpitantes. Ce qui est intéressant, c’est ce qu’elles décident d’entreprendre et la façon dont elles assument leurs ambitions respectives. Chacune nage à contre-courant des valeurs que la société inculque aux femmes. Elles apprennent à maîtriser les codes de la société pour mieux les contourner, les briser et finalement s’en émanciper.

La trajectoire de Caroline et d’Alva est aussi un formidable exemple de la façon dont les femmes commencent à s’émanciper. A commencer par le sujet tabou du divorce. Renée Rosen nous livre des informations très intéressantes sur la façon dont le divorce est soudain devenu une voie d’émancipation pour des femmes enfermées dans des mariages arrangés, malheureux et humiliants.

J’ai aussi beaucoup apprécié tout ce qui se rapporte à l’histoire architecturale de New-York. Renée Rosen explique comment les femmes ont été à la manœuvre pour moderniser la ville. Et d’ailleurs plusieurs bâtiments pensés et financés par Caroline et Alva ont fait date dans l’histoire de la ville.

L’Âge d’or : une idée lecture pour qui ?

Si vous aimez les romans qui portent des portraits féminins forts et inspirants, vous allez adorer ce livre. Et pour les lectrices fans de romans historiques, je pense que L’Âge d’or devrait aussi beaucoup vous plaire.

Renée Rosen a fait un formidable travail de recherches pour se documenter sur une période charnière dans l’histoire des Etats-Unis. Une époque de grands bouleversements sociaux, où on sent bien que l’ordre est en train de changer et de voler en éclats. L’émancipation des femmes de la haute société est un premier pas. Et la façon dont ces femmes-la vont briser leurs chaines et prendre leur destin en mains est particulièrement inspirante.

J’ajoute un mot rapide pour vous dire que le livre est hyper plaisant à lire. Je l’ai dévoré en seulement deux soirées et je ne pouvais plus le lâcher. On alterne entre les points de vue de Caroline, d’Alva et de la société bien-pensante, ce qui donne énormément de peps (et d’humour !) au récit.

L'Âge d'or

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