Les Lumières de Cape Cod, roman de Beatriz Williams

Dans le cadre de mes lectures avec le Cercle Belfond, j’ai récemment eu la chance d’embarquer pour un formidable voyage vers la cote Est des Etats-Unis grâce au roman Les Lumières de Cape Cod. Direction Cape Cod, au bord de l’océan Atlantique, en plein milieu des années 1960. Dépaysement garanti ! Le genre de roman idéal en prévision des vacances car il vous fait rêver et vous transporte très loin de votre quotidien. Comme toujours avec les romans Belfond, il ne faut pas s’arrêter à la couverture et plonger pleinement dans l’histoire pour découvrir quelque chose de plus profond. Loin d’être une simple lecture légère, le roman de Beatriz Williams invite ses lecteurs à effectuer un voyage unique au plus près de ses personnages, mais aussi au plus près d’une période historique où la société moderne a encore beaucoup de mal à se mettre en place.

Etats-Unis, années 1960. Tiny a tout pour être heureuse : elle a épousé l’un des meilleurs partis de la côté Est, évolue dans la meilleure société, parmi les privilégiés, et elle a tout ce dont elle a besoin… ou presque. Car est-elle vraiment heureuse ? Son mari riche et brillant poursuite une carrière politique dans laquelle sa femme est sensé tenir son rôle d’épouse modèle, mais cette ambition se fait au détriment de leur vie de famille. La grand-mère, véritable matriarche du clan, n’arrête pas de reprendre Tiny en lui faisant bien comprendre qu’elle est encore loin de répondre aux attentes de la famille. Et sa propre sœur la trouve ennuyeuse et trop sage. Isolée, malheureuse, Tiny se réfugie dans le souvenir d’un amour qui appartient au passé… Un passé pas si lointain qui menace de refaire surface et de briser son mariage de rêve dans un scandale. Le moment de choisir se profile à l’horizon, mais Tiny aura-t-elle le courage de prendre la bonne décision ?

Les Lumières de Cape Cod impose tout de suite ses sources d’inspiration au lecteur. Beatriz Williams convoque habilement toute la mythologie de la grande bourgeoisie de la côte Est des Etats-Unis, prenant notamment modèle sur la famille Kennedy, pour dresser le portrait d’une famille riche modèle dont le vernis va peu à peu voler en éclat. A travers le cheminement d’un personnage, Tiny, l’épouse du fils/prince héritier, on découvre de l’intérieur une machine familiale bien huiler où le jeu du pouvoir est un appétit aussi dévorant que destructeur.

A ce jeu-là, la pauvre Tiny oscille entre deux positions irréconciliables : se libérer de l’emprise de sa belle-famille et reprendre sa liberté , ou alors continuer de profiter de ce luxe et de ce confort dont elle a rêvé toute sa vie. Un véritable dilemme qui se double d’une quête amoureuse puisque cette femme mariée se retrouve confrontée à son premier amour. Et le fait de regarder dans le rétroviseur n’a rien de confortable.

Beatriz Williams mêle habilement deux histoires : celle de Tiny et de Caspian, l’homme qu’elle a aimé par le passé, qui sont tous deux des individus qui cherchent un équilibre entre leurs propres aspirations et le rôle social qu’ils sont sensés jouer. Mais Ce livre aborde aussi d’une manière très intelligente la période des années 1960 aux Etats-Unis. La société est en train de changer, mais les choses ne vont pas assez vite. Pour ceux qui ne respectent pas la norme en vigueur, il n’y a pas d’autre choix que le secret et le mensonge. Et derrière la façade du succès et du pouvoir, on découvre en fait les drames intimes des individus qui ne parviennent pas à se libérer du modèle de réussite que la société leur impose.

Avec cette histoire à deux niveaux, Beatriz Williams signe un roman subtil et passionnant, avec des personnages à la psychologie très travaillée. Je m’attendais à un livre un peu « carte postale » sur les riches américains de la côté est : en fait ce livre creuse vraiment son sujet et nous emmène dans une histoire très prenante, aux accents assez graves. Une très bonne surprise/

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4 commentaires pour Les Lumières de Cape Cod, roman de Beatriz Williams

  1. Bénédicte dit :

    J’avais beaucoup aimé L’été du cyclone l’année dernière, du coup celui-ci me tente beaucoup. D’autant plus si l’intrigue se déroule dans les sixties !

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  2. J’ai hâte de le lire ! J’avais adoré L’été du cyclone.
    Avais-tu lu La vie secrète de Violet Grant avant celui-ci ?

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