Les Faux-Fuyants, roman de Françoise Sagan

faux-fuyantsL’atmosphère des vacances semble idéale pour vous parler aujourd’hui d’un roman de Françoise Sagan qui est l’un de mes gros coups de cœur. Je l’ai lu récemment pour la première fois, et il a fallu que je me fasse à l’évidence : je ne savais par que Sagan était si drôle ! Et je vous préviens tout de suite : impossible de ne pas aimer Les Faux-fuyants !

Quand on parle de Sagan, tout le monde a en tête Bonjour tristesse, et le reste de son œuvre a tendance à se diluer de manière uniforme. Quelques romans comme Aimez-vous Brahms sortent du lot, mais c’est très rare que l’on parle des Faux-fuyants. Moi-même, si ma mère ne me l’avait pas proposé en me le vantant, je n’aurais pas forcément eu l’idée de le lire. Et ça aurait été bien dommage car j’aurais perdu là une excellente lecture.

Les Faux-fuyants, c’est l’histoire de la débâcle de 1940. Nous sommes à l’orée de la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes commencent à envahir le pays, et les parisiens fuient la capitale pour tenter leur chance vers la zone libre. C’est précisément l’histoire de quatre parisiens que nous allons suivre dans cet excellent roman. Sagan nous invite à suivre les traces de ces quatre parisiens qui sont le cliché de la vie snob de l’élite parisienne : ils sont riches, imbus d’eux-mêmes, passablement coupés des réalité du monde, et chacun a quitté tardivement Paris pour des raisons diverses. Nous avons donc une jeune épouse riche qui s’ennuie, son amant (héritier désargenté et gigolo de profession), une bourgeoise boute-en-train et enfin un diplomate hétérosexuel à la réputation d’homosexuel refoulé. Ah oui : il y a aussi le chauffeur de la berline. Mais le chauffeur va mourir très vite sous les tires des avions allemands, alors ne vous attachez pas trop à lui.

Nos quatre personnages ne sont pas des héros et ils ne le deviendront pas au fil de l’histoire. Ils ne sont même pas vraiment amis ; ils se supportent car ils font cause commune : rallier la mer et de là, trouver un bateau pour atteindre New-York. Mais une attaqua aérienne, la mort de leur chauffeur et la mise hors circuit de leur voiture va stopper net leur fuite vers le sud. Recueillis par une famille de paysans de la Beauce, ils vont devoir faire face aux difficultés de la vraie vie tout en trouvant un nouveau plan pour fuir.

Le cadre de l’histoire n’est pas drôle, et pourtant on rit quasiment à chaque page tellement Françoise Sagan distille avec beaucoup de finesse et d’à propos ses observations sur le genre humain. Les personnages sont le point fort indéniable de ce roman. Ils sont très bien croqués, vivants, plein de contradictions, de faiblesses, de moments de force aussi… Ces pauvres parisiens confrontés à la moisson, aux poules et aux autochtones de la campagne française ne manquant jamais de répartie. On les aime, on les adore. Et leur auteur prend visiblement un très grand plaisir à leur faire vivre les scènes les plus déroutantes ! On rit de bon cœur devant le cliché des citadins perdus en territoire étranger, et on regarde aussi avec une certaine gravité les travers humains, la mesquinerie, la peur…

L’écriture de Sagan est vive, avec des dialogues incisifs et des tournures de phrases très spirituelles qui donnent encore plus de rythme à l’ensemble. Certaines trouvailles (comme le pépé qui a perdu ses lettres et ses dents) sont tout à fait désopilantes. Autant de bonnes raisons pour se plonger dans la lecture de ce roman. Je préfère ne pas trop vous en dire pour vous laisser la surprise !

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