En route pour Compostelle, un roman de Monica Peetz

CompostelleJe ne connaissais pas Monica Peetz, l’auteure allemande de En Route pour Compostelle, un roman paru récemment aux Presses de la Cité. Et pour cause, il s’agit de son premier roman à être traduit en français. J’ai été séduite par la couverture de ce livre, dont les illustrations colorées faisaient penser à un livre de chick lit. En fait, il y a un peu plus qu’une histoire de filles derrière cette charmante couverture jaune.

Caroline, Judith, Estelle, Eva et Kiki se sont connues il y a une quinzaine d’années sur les bancs de l’institut français. Elles voulaient apprendre le français, elles étaient jeunes, dynamiques, ambitieuses (ou pas), et la vie leur tendait les bras. Les années ont passées, mais l’amitié de nos héroïnes est toujours restée là, renforcé par le rituel du dîner du mardi dans leur petit restaurant préféré. Les carrières, les maris, les enfants… tout est passé au crible pendant ces dîners. Mais la petite routine des « dames du mardi » va basculer lorsque le mari de Judith décède. Judith décide de partir en pèlerinage à Lourdes en mémoire de son défunt mari. Pour épauler leur amie, les dames du mardi vont elle aussi se lancer sur les sentiers de l’aventure… et de la vérité ?

Même si j’ai eu un peu de mal dans les douze premières pages à faire la différence entre les cinq personnages, je suis rapidement rentrée dans l’histoire. Et par la suite, on découvre avec plaisir les cinq tempéraments très différents de ces personnages plus vrais que nature. Caroline est le modèle de la femme carriériste qui frise la perfection et que ses amies envient, sans savoir quelles peurs elle peut bien éprouver. Eva est la mère de famille heureuse, mais constamment débordée, utilisée par sa famille comme une bonne de ménage corvéable à merci. Estelle est la bourgeoise très libre, superficielle avec un humour génial. Judith est l’épouse éplorée, rongée par un sentiment de culpabilité. Kiki est la jeune et dynamique jeune femme, dont la créativité n’a d’égal que le manque de sens pratique.

D’emblée, j’ai trouvé le prétexte de l’histoire original. On ne nous parle pas de romantisme naïf ou d’une énième histoire de vadrouille entre filles : on nous parle du deuil et du soutien que l’on peut trouver autour de soi.  Par la suite, une fois nos héroïnes lancées sur les sentiers de pèlerinage, on découvre plusieurs autres facettes de l’histoire. Car même si elles ne veulent pas l’avouer ouvertement, chacune de ces femmes a quelque chose à trouver en chemin, et espère se reconnecter avec une chose essentielle qu’elle a perdu : la confiance en soi. Là-dessus, les secrets du mari décédé vont aussi amener des révélations que je ne vais pas vous livrer ici pour garder le suspens intact !

Ce roman est une belle histoire d’amitié féminine. Il est moderne, porté par des thèmes d’actualité et une écriture dynamique. Les chapitres sont bien rythmés et la construction de la narration ne traîne pas des pieds : on va rapidement à l’essentiel, tout en gardant des moments de « flashbacks » qui permettent de mieux comprendre les cinq protagonistes. Je regrette juste que la traduction soit un peu trop littérale et n’aie pas davantage pris ces distances du texte original : les dialogues y auraient gagné en spontanéité.

Ce roman est vraiment une bonne surprise et je le conseille à tous les amateurs du genre. On y trouve une bonne histoire, des personnages attachants,  de l’humour, un peu de drame, et aussi une touche agréable de suspens. A titre peut-être plus intime, ce roman est aussi une bonne vision de la femme du XXIe siècle dont la société attend qu’elle ait une belle carrière, qu’elle soit une épouse comblée, une mère de famille épanouie et une excellente maîtresse de maison… Le tout dans des journées de 48 heures ! Ce roman remet agréablement les choses en perspectives, présentant une image moderne de la femme, dans laquelle le droit à l’échec trouve aussi sa place.

Vivement que les Presses de la Cité publient d’autres romans de Monica Peetz car j’ai vraiment eu un coup de cœur pour cette auteure allemande. Si vous êtes germanophone, sachez aussi que En route pour Compostelle a été adapté en téléfilm.

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