Casino Royale, de Ian Flemming

casino-royaleA force de voir les films de James Bond à la télévision et au cinéma, on en oublierait presque qu’il s’agissant au départ de livres. C’est en allant acheter le dvd du dernier épisode de la saga, le très beau Skyfall, que j’ai réalisé subitement que je n’avais jamais lu un seul des livres de Ian Flemming. Un comble pour une fan de littérature anglaise ! J’ai donc résolu de remédier à ma honte.

C’est dans la très belle librairie Smith de la place de la Concorde à Paris que je me suis rendue pour étancher ma soif de curiosité. Si vous ne connaissez pas l’établissement, je vous invite à vous y rendre dès que vous le pourrez. A Noël, c’est encore plus magique, mais en tant ordinaire, ce n’est pas mal non plus. Je suis allée chez eux car je voulais lire le livre en VO, et comme Smith est l’une des librairies anglaises les plus réputées de la capitale, j’étais certaine de trouver ce que je voulais. Et ce fut le cas ! La fiction adulte est au rez-de-chaussée, et il suffit de se diriger vers le fond du magasin, sur la gauche, pour tomber facilement sur les étagères dédiées aux romans policiers. Inutile de préciser que Ian Flemming y dispose d’une place confortable.

Face au large choix de livres, j’ai décidé d’aller au plus simple et de commencer par le premier tome de la série : Casino Royale. J’avais le choix entre plusieurs éditions, dont une réédition « vintage », à la fois simple et charmante, pour laquelle j’ai opté.

De quoi ça parle ? Si vous avez vu le film, pas la peine de prendre un air blasé car le roman est très différent du film. L’histoire se passe en France, sur la côte normande. James Bond a été envoyé en mission pour neutraliser Le Chiffre, un criminel que les services secrets britanniques voudraient mettre hors d’état de nuire. Et pour cela, ils envoient leur meilleur agent le défier dans une partie de cartes plus dangereuse qu’il n’y parait.

Dans ce monde d’espion, des micros sont cachés dans les chambres d’hôtel, des bombes explosent dans la rue, des hommes se promènent avec une arme, et les agences de renseignement du monde entier se sont donné rendez-vous sur place. Mais rien ou presque ne peut donner de sueurs froides à James Bond… sauf une partie dans laquelle les cartes pourraient bien décider du dénouement de l’intrigue.

A quoi ça ressemble ? D’entrée de jeu, j’ai été agréablement surprise par le style de l’écriture : très direct, vif, sans fioriture, brut et froid comme un bon roman d’espionnage. Parce que c’est ce que c’est : un roman d’espionnage, et pas un roman policier. Je veux dire par là que l’énergie dégagée par l’intrigue est plus importante pour l’auteur que l’esthétique d’une atmosphère hyper travaillée. On plonge tout de suite dans l’univers de Bond : un monde tout à fait normal dans lequel tout peut basculer à n’importe quel moment.

De la même façon, les personnages sont fins, bien travaillés ; ils ne livrent pas tout et peuvent rester des mystères. La psychologie est subtile, loin du cliché des agents secrets en imperméables gris, gadgets dans la poche. Cette attention portée au réalisme des personnages est l’un des traits les plus importants et les plus agréables du roman.

Est-ce que ça ressemble au film ? D’une manière générale, l’intrigue du film avec Daniel Craig et Eva Green est très différente de celle du livre. Les producteurs ont visiblement essayé de moderniser l’histoire. Ce qui fait que le lecteur est agréablement surpris de voir que les choses ne se déroulent pas comme on s’y attend. Le suspens est entier, et je suis restée scotchée à certaines pages, notamment les chapitres où Bond est torturé.

A lire ou pas ? Si vous n’appréciez pas un bon roman d’espionnage, passez votre chemin, ce livre n’est pas pour vous. Mais si vous êtes du genre curieux, et que vous avez déjà une certaine passion pour le personnage de Ian Flemming, osez ouvrir la couverture de l’ouvrage car le détour en vaut la peine. Outre le fait que l’histoire est prenante et que les personnages sont intéressants, l’écriture est singulière et très moderne. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que c’est Ian Flemming qui a vraiment popularisé ce genre littéraire. Tous ceux qui ont suivi ont essaye de suivre le balisage qu’il avait fait. Mais je ne pense pas que beaucoup d’auteurs seraient capable de sa qualité d’écriture. J’ai lu le livre en version originale, et j’ai vraiment été bluffée par le charme des mots, l’instinct d’utiliser toujours les mots justes, avec une économie de moyens qui amène au récit une dimension très réaliste.

Alors, qui a envie de lire un James Bond ?

Publicités
Cet article, publié dans Roman policier, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Casino Royale, de Ian Flemming

  1. Ping : Panorama de la littérature anglaise, deuxième partie | A livre ouvert

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s