Les Humeurs d’une châtelaine anglaise, de Deborah Cavendish

payotL’avantage quand on tient un blog dédié aux livres, c’est qu’il y a tellement de sujets possibles que la surprise est toujours au rendez-vous. Enfin, j’espère pour vous qui lisez fidèlement ce blog ! Aujourd’hui, je prends quelques minutes pour vous parler d’un livre un peu à part pour lequel j’ai vraiment eu un coup de cœur quand je l’ai lu : Les Humeurs d’une châtelaine anglaise, écrit par Deborah Devonshire. Derrière ce nom par forcément très connu se cache en fait la dernière sœur Mitford encore en vie.

Comment ça vous ne connaissez pas les sœurs Mitford ? Mais bien sûr que si. Rappelez-vous : je vous avais déjà parlé d’elles dans cet article consacré à une biographie. Et j’ai déjà eu l’occasion dans cet autre article de vous parler des talents de romancière de Nancy.

Deborah, qui est la plus jeune de la famille, a eu une vie un peu plus calme que ses aînées. Elle s’est contentée d’épouser un riche héritier et de devenir duchesse. Elle a donc passée une vie à la tête du domaine familial et à croiser certaines des personnalités les plus marquantes du siècle dernier comme JFK, le peintre Lucian Freud, la Reine d’Angleterre… Si on ajoute à cela que les deux passions de sa vie sont ses poules et Elvis Presley, je crois que vous commencez à cerner le personnage.

Les Humeurs d’une châtelaine anglaise est en fait un ensemble de chroniques sur sa vie quotidienne : le travail à Chatsworth (le château familial), des anecdotes sur les visiteurs, sur la famille, des souvenirs des visiteurs illustres… Mais aussi quelques réflexions sur cette vie moderne qui semble parfois si absurde. Le ton est enjoué et véritablement drôle. Les lecteurs habitués au ton de Nancy retrouveront avec plaisir cette énergie qui caractérise si bien le style Mitford.

Certains passages sont impayables. J’aime en particulier le premier billet, consacré à la suprême difficulté que représente l’écriture de la première phrase d’un livre. Mais les réflexions pseudo-philosophiques du genre « Doit-on continuer ou pas de porter un diadème lors des soirées de gala » n’est pas mal non plus. Au milieu de tout ça, on savoure la vision d’une vieille dame qui a vécu au cœur de l’histoire du XXe siècle et qui interroge à son niveau le sens que nous donnons aujourd’hui au monde moderne.

Notre société a-t-elle vraiment évolué ? En embrassant les innombrables trouvailles de la technologie moderne, ne nous sommes-nous pas coupés d’une partie de l’histoire humaine ? Quelle place reste-t-il à la nature dans nos vis modernes ? Quelles valeurs défendons-nous ? Autant de questions pertinentes posées à travers des situations du quotidien. Pour autant, le livre ne tombe jamais dans la démagogie. Tout cela reste assez proche du second degré. Comme si l’auteure ne faisait pas exprès de toucher du doigt des éléments pertinents. Et c’est aussi ce que j’apprécie dans cette écriture sans effet de style : Deborah Cavendish ne prétend pas être un grand auteur ou une personne particulièrement intéressante, elle essaye simplement de partager avec son lectorat les choses qui lui semblent les plus importantes. Et comme il se trouve qu’en plus elle a le sens de l’humour, on passe un bon moment en sa compagnie.

Ce livre est donc une curiosité. Il vaut pour son humour tout britannique, les portraits touchants qui l’émaillent, et la nostalgie qui s’en dégage. Bref, pile ce qu’il vous faut pour vos vacances !

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s