Partie de pêche au Yémen, de Paul Torday

Je vous l’ai sans doute déjà dit, mais j’adore passer mes dimanches après-midi à flâner chez Smith, la librairie anglaise située place de la Concorde, à Paris. Le magasin est très plaisant, les étagères et les tables croulent sous le poids des livres, les vendeurs sont aimables dans les deux langues (français et anglais, donc), et en plus il y a un rayon épicerie au premier étage ! Quoi de mieux que d’acheter des livres et des tablettes de chocolat en même temps ? Rien !

Au hasard d’une de mes dernières virées, je suis tombée sur le roman de Paul Torday (auteur que je n’avais pas le plaisir de connaître jusque là) : Salmon fishing in the Yemen. En soi, il faut bien dire que le titre m’a interpellé. Et après une rapide lecture de la quatrième de couverture, l’histoire a tout de suite attisé ma curiosité. Après un rapide tour du rez-de-chaussée, ma décision était prise : j’achetais le livre. Je l’ai commencé le soir même et j’ai eu bien du mal à le lâcher, tant ce roman est prenant.

L’histoire commence doucement, avec un spécialiste de la pisciculture un peu plan-plan, enfermé dans un mariage étouffant avec une cariériste égoïste et sans cœur. Notre brave type mène une vie professionnelle tranquille dans son organisation semi-gouvernementale jusqu’au jour où tout bascule. Son patron le nomme responsable d’un projet pour le moins incongru : aider un riche yéménite à construire la première rivière dédiée à la pêche au saumon chez lui, au Yémen.

Notre homme n’y croit pas une seule seconde, pense que c’est une blague d’un goût douteux et décide de refuser. Malheureusement pour lui, les sbires du Premier ministre en décident autrement car ils y voient une belle opportunité de faire de la publicité à l’Angleterre au Moyen-Orient. S’ensuit un imbroglio vraiment pas triste dans lequel notre gentil scientifique va essayer tant bien que mal de tirer parti de la situation. Aussi fou que soit le projet, il commence à avoir envie de réaliser l’impossible. D’une certaine manière, ce livre parle beaucoup du sens de l’inspiration dans nos vies, et du petit coup de folie dont nous avons parfois besoin pour être heureux.

Ce texte est un excellent chassé-croisé entre plein de personnages (le scientifique, sa femme, son patron, le premier ministre, des enquêteurs, la responsable financière, des journalistes… et même des terroristes !) et entre différents  types de textes (journal intime, mails, coupures de journal, retranscription d’interrogatoire…), ce qui lui confère une richesse et une énergie qui font de cette lecture un moment très agréable.

Je ne veux pas trop vous en raconter car il faut vraiment découvrir cette belle histoire. C’est drôle, bien écrit, émouvant à certains moments, et les personnages sont tous réussis, qu’ils soient attachants ou complètement ridicules. Je conseille vivement ce roman pour une bonne lecture de vacances.

Par ailleurs, les non-anglophiles peuvent se rassurer car le roman existe en français, en format livre de poche, sous le titre Partie de pêche au Yémen. Profitez-en bien !

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