La Réputation perdue de lord Ballentine, romance historique d’Evie Dunmore

J’ai découvert Evie Dunmore en lisant son premier roman : Panique chez les Montgomery. Et ce fut un coup de cœur immédiat ! D’habitude, les romances historiques sont des romances dans un cadre historique. Mais Evie Dunmore prend les choses dans l’autre sens. Elle écrit des romances dans lesquelles le cadre historique n’est pas seulement là pour être dépaysant. Il y a un vrai propos. Et avec sa saga des Rebelles d’Oxford publiée dans la collection Regency de J’Ai Lu, elle aborde la question passionnante de la naissance du mouvement féministe en Grande-Bretagne. Après s’être intéressée à l’accès aux études supérieures pour les femmes dans le premier roman, La Réputation perdue de lord Ballentine s’intéresse à la liberté de la presse et aussi à l’absence de droits pour les femmes dans le mariage. Autant vous le dire tout de suite : le résultat est passionnant !

Mon résumé du livre

« Allez au diable », c’est mot pour mot ce que Lucie a répondu à lord Ballentine lorsque ce dernier lui a fait la pire proposition qu’on puisse faire à une femme indépendante comme elle. Forcés d’être partenaires dans une affaire d’édition, Ballentine propose à Lucie de lui céder ses parts dans l’affaire à une condition : qu’elle passe une nuit dans son lit. Mais Lucie est déterminée à rester loin de ce vaurien à l’attitude désinvolte et à la réputation pour le moins scandaleuse. Le temps de se mettre d’accord, voilà que Lucie la militante des droits des femmes se retrouve à faire équipe, malgré elle, avec lord Ballentine. Et contre toute attente, le séduisant aristocrate se révèle plutôt utile. Car même s’il ne s’est jamais vraiment penché sur la question du féminisme, Tristan se rend rapidement à l’évidence : la cause est juste, et elle mérite même un petit coup de pouce.

Mon avis sur La Réputation perdue de lord Ballentine

Puisque j’avais adoré Panique chez les Montgomery, je partais forcément avec un a priori positif en commençant à lire La Réputation perdue de lord Ballentine. Ce qui aurait pu être un problème : parfois, les livres très attendus ne répondent pas à nos attentes trop fortes. Mais heureusement pour moi, Evie Dunmore a encore une fois réussi le double pari de me surprendre et de me faire plaisir.

D’abord, ce nouvel opus est dans la droite lignée du précédent roman. J’ai retrouvé avec plaisir le même style d’écriture fluide, avec pas mal d’humour mordant et une formidable chaleur humaine dans les personnages. Lucie n’était pourtant pas un personnage particulièrement attachant dans le premier livre. Elle était entièrement focalisée sur sa cause, et la dimension humaine passait au second plan. Dans ce nouveau roman, on en apprend plus sur elle, et on comprend d’où lui vient cet engagement. Elle m’a vraiment beaucoup impressionné, et c’est un personnage à la fois charismatique et très inspirant qu’Evie Dunmore nous propose.

Face à elle, Tristan est un véritable régal. D’une certaine façon, c’est un cliché ambulant du vaurien de romance historique. Il est charmeur, très conscient qu’il est irrésistible, et il n’a aucun but dans la vie, à part cultiver son propre plaisir. Là où les choses deviennent intéressantes, c’est que c’est à travers le regard qu’il porte sur le travail de Lucie qu’on en apprend plus sur le féminisme à l’époque. La scène où il lit les lettres remplies de témoignages de femmes est particulièrement poignante. Et j’imagine que ça n’aurait pas été aussi émouvant si Tristan n’avait pas été au départ assez insensible au problème.

Le fait que Lucie et Tristan se détestent depuis l’enfance est un élément qui apporte beaucoup de piquant. Comme dans une comédie romantique hollywoodienne, les personnages sont comme chien et chat. Ils se lancent des piques, se provoquent… Bref, il y a des étincelles dans l’air. Et ça fait mouche. J’ai adoré leurs scènes, pleines d’humour et de tension.

Par ailleurs, Evie Dunmore fournit vraiment des informations très intéressantes sur les droits, ou plutôt l’absence de droits pour protéger les femmes à l’époque. le roman se focalise notamment sur la question des femmes mariées, qui appartiennent en quelque sorte à leurs époux et n’ont aucun droit à faire valoir pour se défendre. A une époque où les femmes n’ont pas le droit de vote, pas le droit d’être propriétaires, n’ont pas le droit de parler librement, et où le viol entre époux est un concept qui n’est pas reconnu par la loi, les femmes sont les victimes anonymes d’une société qui ne leur laisse qu’une seule alternative : accepter leur sort en silence ou se battre. Avec Lucie, Evie Dunmore ressuscite la naissance du mouvement féministe, et elle permet à des personnes du XXIe siècle de mieux comprendre comment et pourquoi ce mouvement est né.

La Réputation perdue de lord Ballentine : une idée lecture pour qui ?

La Réputation perdue de lord BallantineLes fans de romances historiques vont adorer ce livre ! Evie Dunmore signe un roman drôle, palpitant et très original. Elle nous offre une histoire d’amour riche en rebondissements entre deux fortes têtes qui doivent apprendre à s’apprivoiser. C’est aussi une belle réflexion sur le sens véritable des relations amoureuses : doit-on accepter de se diminuer soi-même par amour ? Ou l’amour consiste-t-il justement à accepter l’autre tel qu’il est ? La question est passionnante, et menée dans les règles de l’art d’une romance historique réussie.

Je pense que ce livre est aussi susceptible de plaire aux amatrices (et amateurs !) de romans historiques. Certes, la romance tient une place importante dans l’histoire. Mais il y a aussi une véritable intrigue autour de la lutte pour la reconnaissance des droits des femmes. Le cadre historique n’est pas seulement là pour faire beau. Evie Dunmore a fait un gros travail de documentation. Et elle nous fournit beaucoup d’informations intéressantes tout en nous divertissant. 

Et dans le fond, c’est vraiment le tour de force de la saga des Rebelles d’Oxford : mélanger avec brio l’aspect un peu documentaire avec une belle histoire d’amour.

Mon Interview d’Evie Dunmore

Rencontre avec la romancière qui nous parle de sa vision de la romance historique, de ses inspirations et de sa passion pour l’époque victorienne. Elle livre aussi des indices sur ses prochains romans à paraître dans la série des Rebelles d’Oxford.

Panique chez les Montgomery

Une romance historique avec des suffragettes ? Oui vous avez bien lu. Imaginez un roman de Jane Austen avec un vrai discours politique sur l’empowerment féminin, et vous aurez une idée précise de ce à quoi ressemble Panique chez les Montgomery.

7 réflexions sur “La Réputation perdue de lord Ballentine, romance historique d’Evie Dunmore

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