Confessions d’un automate mangeur d’opium, roman de Colin et Gaborit

Ce qui m’a attiré vers ce roman, en premier lieu, c’est bien sûr le titre qui fait référence au célèbre livre de Thomas de Quincey, Confessions d’un mangeur d’opium. Il arrive en effet que mes années d’université en Lettres Modernes refassent surface dans mon esprit. Le déclic se fait alors, et j’ai le plaisir de me sentir chez moi dans le monde des livres ! Autre point d’attrait : la couverture. Les éditions Bragelonne l’ont bien compris : pour attirer les lecteurs français vers le genre steampunk, il vaut mieux mettre toutes les chances du côté du roman et ne pas hésiter à investir dans une belle couverture attrayante. Le duo d’arguments favorables a eu raison de ma curiosité, et j’ai donc lu Confessions d’un automate mangeur d’opium, écrit à quatre mains par Fabrice Colin et Mathieu Gaborit.

L’histoire se passe en 1889, dans un Paris alternatif. L’éther, une matière verte aux propriétés surprenantes, est l’énergie qui sert de base au développement technologique de ce siècle qui touche à sa fin. Le ciel parisien est envahi par les aérocabs et autres ballons dirigeables. La ville lumière rayonne de mille feux tandis que l’exposition universelle bat son plein. Seule Margo, l’étoile montante des théâtres parisiens, fait grise mine. Sa meilleure amie vient de mourir dans des circonstances troubles. Si la police pense au suicide, Margo est convaincue qu’il s’agit en fait d’un meurtre. Et le principal suspect n’est autre qu’un automate au service de la famille. Pourtant, ces serviteurs mécaniques ne sont pas sensés pouvoir porter atteinte aux êtres humains. Pour l’aider à résoudre cette énigme, Margo fait appel aux lumières de son frère, Théo, psychiatre dans un hôpital parisien. Ensemble, ils remontent la piste d’un automate hors de contrôle. Mais sur leur parcours, les obstacles ne manquent pas. Et leurs vies à tous deux ne manquent pas d’être menacées à plusieurs reprises.

Pour être honnête, je n’avais jamais lu aucun roman steampunk avant celui-là. J’avais déjà entendu parler de cette catégorie qui appartient à la science-fiction, et j’aime bien l’idée d’un univers parallèle, à mi-chemin entre le rétro-futurisme et le scientisme littéraire de Jules Verne. Mais par où commencer ? Quand on ne connaît absolument rien à un genre littéraire, ce n’est pas facile de savoir par quel bout l’attraper !

Finalement, j’ai opté pour un roman français. Et pas n’importe lequel. Confessions d’un automate mangeur d’opium est le premier roman de steampunk écrit pas des auteurs français.  Le livre est paru en 1999, et à l’époque la science-fiction était encore regardée de haut par les snobs littéraires français. Avec ce roman, Colin et Gaborit ont ouvert une brèche. Et depuis, non seulement la science-fiction s’est bien développée en France, mais le steampunk est aussi parvenu à titiller la curiosité des lecteurs au point d’avoir pignon sur rues dans les librairies.

Pour une introduction au genre, je pense que Confessions d’un automate mangeur d’opium était un bon choix. On plonge très facilement dans l’histoire, et l’univers décrit a un charme fou. Impossible de résister à l’attrait de cette vision fascinante et luxuriante d’un Paris version Jules Verne, où les engins mécaniques sont monnaie courante et où la technologie ressemble presque à de la magie. La ville est à la fois très différente et très reconnaissable, ce qui donne une drôle de sensation au lecteur, un peu comme si on basculait de l’autre côté du miroir.

L’intrigue en elle-même est pleine de rebondissements, ce qui est toujours un point positif. Elle est servie par deux personnages intéressants, un frère et une sœur, qui ont des personnalités aux antipodes l’un de l’autre. Là où Margo est très aventurière, Théo est plutôt un intellectuel de salon. C’est dommage que le roman ne nous livre pas plus d’informations sur eux, sur leur vie et leur histoire passée.

D’une manière générale, je suis un peu restée sur ma faim avec ce roman. A l’origine, les auteurs avaient prévu d’écrire une suite, et c’est vrai que ça manque. Je voudrais en savoir plus sur Théo et Margo. De plus, sans rien vous dévoiler de l’intrigue, il y a une fin plutôt ouverte qui fait qu’on a envie de lire la suite. La lecture en elle-même a été très plaisante, et le meilleur compliment que je puisse faire à ce roman, c’est qu’il m’a donné envie de découvrir d’autres livres de steampunk. C’est déjà pas si mal !

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5 réflexions sur “Confessions d’un automate mangeur d’opium, roman de Colin et Gaborit

    • Alivreouvert dit :

      C’est une bonne nouvelle ! Du coup, aurais-tu des livres à me conseiller pour poursuivre mon exploration ? J’ai entendu parles des Enchantements d’Ambremer, mais je ne pas trop si c’est bien pour une débutante. Je n’en suis qu’à mon 1e flocon de steampunk !

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      • La Barmaid aux Lettres dit :

        Alors il y en a un qui est excellentissime MAIS littérature jeunesse. Je ne sais que ça ne veut rien dire et que ça se lit à tout âge mais c’est quelque chose que j’ai délaissé et j’avoue que je ne sais pas ce que je penserai de ce livre à l’âge adulte. Mais par curiosité regarde Qui a tué elizabel cray ?

        Bien sûr, certains Jules Verne, mais honte à moi ! Je n’en ai jamais lu.

        J’ai mis du temps à te répondre car je souhaitais te conseiller d’autres titres… Mais j’ai une vieille mémoire et cette partie de ma bibliothèque n’est pas dans mon appartement actuel 😦 je suis désolée.
        Si je retrouve tout de même je te le mettrais à la suite de ton commentaire. Mais c’était des livres de qualités sans pour autant être connues.

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