L’Affaire de la belle évaporée, roman policier de J.J. Murphy

affaire belle evaporeeL’année dernière, j’avais eu un énorme coup de coeur pour le premier roman de J.J. Murphy : Le Cercle des plumes assassines. On y découvrait le New York des années 1920 en pleine prohibition, et surtout on faisait connaissance avec la fabuleuse Dorothy Parker, auteure américaine ayant réellement existé. Sous la plume de J.J. Murphy, Dorothy devenait détective d’un jour pour résoudre un meurtre dans lequel William Faulkner, futur romancier, était accusé à tord. Après le succès de cette excellente comédie policière, les éditions BakerStreet publient ce mois-ci une nouvelle aventure de Dorothy : L’Affaire de la belle évaporée. Il y est question de meurtre, de vol, de course poursuite dans un hôtel en quarantaine et d’un réveillon du jour de l’an qui tourne au vinaigre. Forcément le roman idéal pour passer un moment de pur plaisir !

Voilà un 31 décembre qui s’annonce bien ! Dorothy Parker est prête pour la grande soirée qu’organise Douglas Fairbanks, la star de cinéma, dans sa suite de l’hôtel Algonquin, à New York. Elle prévoie d’y passer une charmante soirée en compagnie de ses amis les plus proches, à commencer par le fidèle Benchley, son meilleur ami. Mais les choses commencent mal lorsqu’un médecin annonce un cas de variole dans l’hôtel : le bâtiment est aussitôt mis en quarantaine, et plus personne ne peut ni entrer ni sortir. Les choses empirent lorsque Bibi Bibelot, la jeune vedette de Brodway, est retrouvée morte dans une baignoire de champagne. Et le coup de grâce arrive quand quelqu’un essaye de tuer Dorothy ! Mais ce qui pourrait décourager la plupart des gens galvanise la fabuleuse Dorothy qui est bien décidée à mettre la main sur le coupable. Pour l’aider, elle pourra compter sur l’expertise de l’un des convives : Arthur Conan Doyle en personne. Nul doute que l’inventeur de Sherlock Holmes aura des idées pour dénouer l’affaire !

Si vous avez lu Le Cercle des plumes assassines, je n’ai pas besoin de vous faire l’article sur les talents de romancier de J.J. Murphy. Voilà un romancier de grand talent qui sait construire une intrigue passionnante et qui raconte son histoire avec beaucoup de brio. Entre l’humour omniprésent et le suspens inhérent à l’enquête, on n’a tout simplement pas le temps de s’ennuyer. Pour ceux qui n’ont pas lu le premier roman : honte sur vous ! Sérieusement, vous êtes passés à côté de quelque chose de grande qualité. La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas nécessairement besoin d’avoir lu le premier livre pour comprendre cette histoire.

J’ai énormément apprécié L’Affaire de la belle évaporée car c’est un condensé de tout ce que j’aime dans une lecture : des personnages attachants, une intrigue solide, une écriture rythmée et des répliques ciselées, le tout enrobé de beaucoup d’humour. Une sorte de roman idéal ! J’ai retrouvé avec plaisir toutes les qualités que j’avais apprécié dans le premier tome, avec cette fois une intrigue encore meilleure. Je dois avouer que malgré mes nombreuses années de lecture de romans policiers, je n’avais pas la moindre idée sur la façon dont Bibi avait été tuée. C’est toujours un bon signe, dans un roman policier, quand le lecteur a la surprise à la fin !

Ce livre bâtit une intrigue principale renforcée par des fausses pistes et des intrigues secondaires dont on ne sait pas si elles ont un lien avec le crime. Et ça rend tout très excitant ! J.J. Murphy entraîne son lecteur à douter, à se perdre en conjecture, bref à jouer le jeu d’un vrai détective. Et le suspens est encore renforcé par plusieurs effets : tout se passe au même endroit puisque les personnages sont enfermés dans l’hôtel. Pour autant, on ne lambine pas sur place ! Au contraire, les personnages passent leur temps à arpenter l’hôtel et à en explorer les moindres recoins pour mettre la main sur le coupable. On se croise, on se perd, on se recroise dans un joyeux ballet qui insuffle au roman un rythme enjoué et trépidant. Autre effet fabuleux : tout se passe la nuit du 31 décembre. La course contre la montre permet d’augmenter le suspens. On sait que le meurtrier rôde et qu’il peut à nouveau frapper à tout moment. Le temps est donc un facteur clef dans l’enquête.

Outre la grande qualité de l’intrigue policière, le tour de force de L’Affaire de la belle évaporée, c’est évidemment son humour. Dorothy Parker et ses amis étaient connus pour leurs joutes verbales et leur bons mots. C’étaient tous des esprits acérés qui adoraient s’amuser, et leurs qualités transparaissent parfaitement ici. L’humour est présent à chaque page, notamment grâce aux répliques désopilantes et aux situations cocasses.

Enfin et surtout, j’ai retrouvé le personnage de Dorothy Parker avec beaucoup de plaisir, et même de tendresse. Je l’ai découverte grâce au premier livre et je me suis beaucoup attachée à elle. Elle est d’une vivacité irrésistible, mais on la découvre aussi vulnérable ce qui fait d’elle un personnage de roman en or. Sa rencontre, dans ce roman, avec Arthur Conan Doyle est particulièrement savoureuse. Doyle, qui n’en peut plus du succès de son trop célèbre détective, apparaît comme un peu blasé mais quand même prêt à se lancer dans l’aventure. A eux deux, ils forment un tandem de choc qu’on suit avec énormément de curiosité tout au long du livre.

En résumé, L’Affaire de la belle évaporée est un roman que je peux conseiller à tous les lecteurs. Les fans de roman policier auront le plaisir de découvrir une intrigue vraiment bien pensée et très originale. Les amateurs de comédies vont rire à n’en plus finir grâce aux personnages et aux multiples retournements de situation. Et pour les curieux, ce roman offre la garantie d’un très bon moment de lecture.

J’en profite pour vous faire savoir que Le Cercle des plumes assassines vient tout juste de sortir en livre de poche aux éditions Folio. Je ne saurais trop vous le conseiller !

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3 commentaires pour L’Affaire de la belle évaporée, roman policier de J.J. Murphy

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  2. Ping : Tag des copines | aliehobbies

  3. Merci pour cette belle chronique !
    Des exemplaires du livre sont à gagner sur les réseaux sociaux des Éditions Baker Street 😉

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