Un 14 Juillet à la Comédie Française

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C’est l’un des secrets les mieux gardés de tout Paris : chaque année, pour le 14 juillet, la représentation de matinée de la Comédie Française est gratuite. Incroyable ! Moi-même, je ne le sais que depuis l’année dernière. J’avais découvert cette information tout à fait par hasard en tombant sur un twit du comédien Guillaume Gallienne qui annonçait que la représentation de Lucrèce Borgia serait le spectacle de la matinée gratuite. Soit dit en passant, je ne sais pas comment le Français avait décidé que Lucrèce Borgia était une bonne idée de pièce pour célébrer la fête nationale !? Toujours est-il que, même si l’année dernière je l’avais su trop tard pour m’organiser et tenter ma chance, je n’ai pas oublié l’information et j’ai patiemment attendu une année entière. Hier, j’ai donc tenté l’expérience de la représentation gratuite à la Comédie Française… et ce fut tout une épopée !

Je n’étais jamais allée à la Comédie Française avant hier. C’est triste mais c’est comme ça. J’ai eu la chance de faire quelques belles salles de théâtre, mais jamais je n’avais pénétré le saint des saints. Bien sûr, j’avais déjà vu la maison de Molières en me baladant du côté du Palais Royal, mais il y a encore tout un monde qui sépare les colonnes de Buren du parquet de la salle Richelieu ! Vaille que vaille, cette expédition allait donc être enfin ma grande première.

Grâce aux informations recueillies sur le net (et j’aime autant vous dire qu’elles ne sont pas nombreuses), je savais qu’il valait mieux venir tôt pour faire la queue. Surtout qu’il n’y a pas de système de réservation : les premiers arrivés sont les premiers servis et vous n’êtes donc pas assurés d’avoir une place (alors encore moins une bonne !). La représentation devant commencer à 14H, j’ai donc pris rendez-vous avec une amie pour midi. Naïves comme nous étions, nous pensions benoîtement que, si la queue n’était pas trop longue, on aurait le temps d’aller manger un morceau avant la pièce. Oh, que c’est beau l’innocence ! Je suis arrivée à 10h45 et il y avait déjà la queue !!

En sortant du métro et en m’approchant de la Comédie Française, j’ai vue que des gens faisaient la queue et que la queue s’allongeait, s’allongeait, tournait à l’angle et continuait en longeant le parc du Palais Royal. Bigre ! C’est là que j’ai pensé que notre journée tombait à l’eau. J’aurais du prendre une photo pour vous le montrer, mais croyez-moi sur parole quand je vous dit que plusieurs personnes étaient venues avec des petits sièges pliants. Beaucoup de lecteurs dans la file trompait le temps et l’ennui en bouquinant. Certains avaient amené un pique-nique pour ne pas tomber d’inanition avant l’ouverture des portes.

Vaillamment, j’ai pris place dans la file. Heureusement pour moi, j’emporte toujours un livre dans mon sac à main ! J’ai attendu mon amis en faisant la queue. Parfois je levais le nez de mon roman pour vérifier la longueur vertigineuse de la queue derrière moi. Pour une information aussi peu relayée, il y a visiblement pas mal de monde au courant pour cette représentation gratuite !

Heureusement, mon amie est arrivée avec des victuailles qui nous ont permis de tenir. A treize heures, la foule a commencé à se mettre en marche car les portes s’étaient ouvertes. Joie ! A l’entrée, tout va très vite : on vous donne un billet avec un numéro de place dessus. Vous ne choisissez pas où vous êtes placés, c’est un peu comme la loterie. En même temps, c’est une représentation gratuite ! Mon amie et moi avons eu beaucoup de chance car nous avions des billets pour le premier balcon, troisième rang, avec une excellente vue sur la scène.

La salle Richelieu est à la mesure de tout ce que vous avez pu entendre sur le sujet : une splendeur. Quand on pénètre en ce lieu, on se dit que c’est magique. D’ailleurs nous étions tous de véritables touristes, à prendre des photos de la scène, du lustre, de la salle, le parterre, les balcons, les dorures… Au passage, même les ouvreurs sont absolument charmants.

La pièce que nous avons vu était Un fil à la patte, de Feydeau. L’avantage avec Feydeau, c’est qu’on ne s’ennuie pas : les portes claquent, les bons mots fusent, les retournements de situation arrivent à chaque scène et les personnages sont tous plus désopilants les uns que les autres. Les comédiens étaient parfaits, plein d’énergie et de bonne humeur. Christian Hecq dans le rôle du fâcheux monsieur Bousin a immédiatement emporté les suffrages du public qui n’a pas manqué de l’applaudir à plusieurs reprises. Je ne sais pas comment se déroulent les représentations habituellement, mais j’ai trouvé l’ambiance très chaleureuse avec un public vif et enthousiaste, pas du tout guindé.

La pièce a été un régal et le public n’a pas boudé son plaisir. J’ai beaucoup ri et je n’étais pas toute seule. A la fin de la représentation, les applaudissements ont duré très longtemps et seule la Marseillaise a réussi à faire taire temporairement le public. Parce que oui, 14 juillet oblige, la représentation s’est terminée avec une Marseillaise. Quand la musique a commencé à retentir, encore partiellement couverte par les applaudissements, je dois avouer que je ne l’ai pas tout de suite reconnue ! C’était surprenant mais je dois avouer que ça ajouté encore au decorum.

Finalement ce fut une excellente journée. Bien sûr l’épreuve de la queue est un peu rude, mais j’imagine que quand on vient bien préparé (avec un matériel de camping par exemple et des amis pour la relève de la garde), ce n’est pas si insurmontable que ça. De toute manière le moment magique vaut bien quelques péripéties : ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’aller voir une pièce à la Comédie Française. Le spectacle était excellent et j’aurais plaisir à retenter l’expérience l’année prochaine.

Si vous aussi vous avez envie d’aller voir Un Fil à la patte, sachez que la pièce est encore à l’affiche. Evidemment les représentations habituelles sont payantes mais vous pouvez obtenir des places plutôt bien situées pour environ 30€ par personne. Certes, c’est plus cher qu’une place de cinéma, mais la qualité du spectacle présenté légitime aussi la différence de prix.

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3 commentaires pour Un 14 Juillet à la Comédie Française

  1. Ah je ne savais pas ! Merci de cette info. La comédie française je l’ai vu pour la première fois il y a deux ans, et j’ai été très émue en entrant dans ce lieu. As tu vu le fauteuil de Molière, dans une petite galerie, près des toilettes me semble -t-il ? Je suis tombée dessus totalement par hasard en faisant le tour. Un moment tellement intense en émotion…

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