Le musée Stevenson aux Samoa

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Robert Louis Stevenson était un aventurier dans l’âme… comme beaucoup d’auteurs écossais finalement. Il a légué aux lecteurs du monde entier certaines des histoires les plus fascinantes qui soient, et dans des registres assez différents. L’Île au trésor, c’est lui. L’Etrange cas du docteur Jekyll et mister Hyde, c’est lui aussi. Mais ce qui marque le plus profondément la vie de Stevenson, ce n’est pas seulement l’écriture, c’est aussi et surtout le voyage. D’ailleurs, chez lui les deux sont liés. Souvent, ses histoires se déroulent loin. Il a pour la mer et l’océan une passion débordante. Les paysages exotiques sont l’occasion d’aller explorer d’autres formes de contes, d’autres légendes et de donner vie aux histoires les plus fantastiques qui soient. Si Stevenson est aujourd’hui l’un des auteurs les plus célébrés dans la littérature anglo-saxonne, ce n’est d’ailleurs peut-être pas un hasard. Cet explorateur d’horizons avait aussi une grande curiosité pour ses semblables. Et c’est à l’autre bout du monde qu’il va trouver son paradis. Un lieu fascinant où son esprit est encore bien vivace.

Pour ceux qui connaissent un minimum la biographie de Stevenson, ils auront certainement été un peu surpris de découvrir le titre de mon article du jour. Quel rapport entre l’auteur écossais et les îles Samoa ? Eh bien, les lecteurs passionnés de Stevenson qui connaissent en détail la biographie du romancier pourront leur donner la réponse : c’est dans les îles Samoa que Stevenson a vécu les dernières années de sa vie entouré par sa famille. En fait, il est même mort là-bas. Il faut dire qu’à cause de ses problèmes de santé, Robert Louis Stevenson a toujours été attiré par les climats chauds et les températures agréables. Il a pas mal voyage avec sa femme, et à une époque ils se sont même installés dans le sud de la France, à Hyères.

Finalement, ils ont fait leurs valises et sont partis plus loin, de l’autre côté du monde. On imagine sans peine le frisson de l’aventure dans le cœur de cet admirateur d’histoires de pirates. Peut-être a-t-il même croisé quelques vaisseaux fantômes pendant sa traversée ? Toujours est-il qu’à la fin de leur périple, les Stevenson parviennent à Vailima où ils vont s’installer dans une caste maison avec vue sur la mer. Là-bas, Stevenson découvre la culture samoanne qui va le fasciner. Fascination réciproque puisque les habitants locaux ne tardent pas à lui trouver un surnom : Tusitala, qui signifie « le conteur d’histoires » dans leur langue. Stevenson s’intéresse particulièrement à la culture de la population locale et n’hésite pas à prendre la défense des locaux contre l’administration allemande de l’île. En guise de remerciement pour son aide, les habitants des environs construisent une route  rallier la demeure de Stevenson au village.

Stevenson va vire près de quinze ans dans son petit paradis samoan. Il meurt finalement d’une crise d’apoplexie et est enterré, selon son voeu, sur le terrain de sa plantation, en haut d’une colline, sa tombe faisant face à l’océan. Jusqu’au dernier instant, les samoans témoignent leur affection à Tusitala. Ils sont plusieurs centaines à se relayer pour hisser son cercueil au sommet du mont Vaea où doit reposer le romancier.

Tombe de Stevenson - Samoa

Tombe de Stevenson – Samoa

L’histoire de Stevenson s’arrête là, mais c’est aussi là que commence sa légende car les samoans n’oublieront jamais l’attachement qui était né entre eux et l’auteur écossais. Si, pendant quelques années, la maison de Stevenson servira de résidence à l’administrateur allemand des îles, elle est à présent devenue un musée en l’honneur de son ancien propriétaire. La propriété, baptisée Villa Vailima, comprend un vaste musée qui abrite de nombreux souvenirs de Stevenson, le parc grandiose avec vue sur la mer, et bien sûr le mont Vaea où on peut encore admirer la tombe de Stevenson ainsi qu’une plaque indiquant que les cendres de son épouse reposent là à ses côtés.

Dans ce petit coin de paradis où on pourrait apercevoir, en songe, des bateaux pirates croiser au large, le souffle de l’aventure est bien présent. Mais c’est aussi l’image parfaite du calme que le romancier avait finalement trouvé dans sa vie. Un idéal où la beauté des paysages, la magie des histoires et la chaleur humaine se mêlent pour honorer l’un des plus formidables écrivains voyageurs qui ait jamais écrit.

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