Partir c’est mourir un peu… mais d’où ça vient ?

HaraucourtRécemment, j’ai entendu cette célèbre citation dans un film : « Partir c’est mourir un peu ». J’adore cette phrase, mais surtout j’adore le poème dont elle est issue. Pourtant, très peu de gens connaissent l’origine de cette citation. J’ai même l’impression que pour la plupart des français, il s’agit simplement d’un vieux proverbe dont l’origine se perd dans des temps immémoriels. Pas du tout. Cette phrase a une origine très précise, clairement datée, et on la doit à un poète français de grand talent… même si, malheureusement, il est presque totalement oublié aujourd’hui. Mais que voulez-vous : c’est parfois dur le destin d’un génie !

Edmond Haraucourt n’est pas considéré comme le poète français le plus célèbre du XIXe siècle. Pourtant, à son époque, il a connu un certain succès non seulement comme poète mais aussi comme romancier et journaliste.

Contrairement à ce que vous pourriez penser, ce n’est pas pendant mes études que j’ai rencontré l’œuvre d’Edmond Haraucourt. C’est au contraire en cheminant parmi mes innombrables lectures personnelles. Mon arrière-grand-père adorait les livres. Il avait le don d’acheter des éditions rares et passionnantes, en particulier des anthologies des lettres françaises. C’est comme ça que ma grand-mère a hérité d’une anthologie de la poésie française du XIXe-XXe siècle dont elle m’a par la suite fait cadeau. Un cadeau fabuleux pour une lectrice comme moi. Et parmi les auteurs compilés dans cet excellent ouvrage (éditions Gallimard mais je ne sais pas s’il est encore édité de nos jours), se trouvait Edmond Haraucourt. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant pendant ma lecture le poème Rondel de l’adieu ! Je n’avais jamais entendu parler de ce poème, je ne l’avais jamais lu, je ne savais rien de son auteur… et pourtant j’en connaissais la première phrase sans savoir d’où elle venait.

Cette belle révélation ne m’a jamais quitté et, depuis, j’ai cultivé un petit plaisir de lecture envers les œuvres d’Edmond Haraucourt. C’est un poète très accessible, à l’écriture très belle et très émouvante. Je partage donc aujourd’hui cet excellent texte avec vous en espérant qu’il vous plaira.

« Partir, c’est mourir un peu,

C’est mourir à ce qu’on aime :

On laisse un peu de soi-même

En toute heure et dans tout lieu.

 

C’est toujours le deuil d’un vœu,

Le dernier vers d’un poème ;

Partir, c’est mourir un peu.

 

Et l’on part, et c’est un jeu,

Et jusqu’à l’adieu suprême

C’est son âme que l’on sème,

Que l’on sème à chaque adieu…

Partir, c’est mourir un peu. »

 

Et si vous êtes curieux, je ne peux que vous engager à découvrir d’autres poèmes de Haraucourt. Mon préféré est La Citadelle et il est tout simplement splendide.

Bonne journée et bonne lecture.

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4 commentaires pour Partir c’est mourir un peu… mais d’où ça vient ?

  1. Je ne connaissais pas le poème effectivement, seulement la citation. Il est vraiment très beau

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  2. Elisabeth dit :

    superbe ! merci pour le partage et la découverte de l’auteur .

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