Top 10 des meilleurs livres 2015 – bilan mi-parcours

lecture

Je ne sais pas exactement à quel moment un gentil hobby peut devenir une dangereuse obsession, mais autant regarder les choses en face : cette année, ma consommation de livres a été frénétique, frôlant la monomanie pour atteindre un degré qu’on peut qualifier de pathologique. Nous sommes début août, et j’ai déjà lu 50 livres depuis le 1e janvier. Mes cheveux sont en vrac, mes yeux sont cernés, ma lampe de chevet sur le point de rendre l’âme, mes étagères n’en peuvent plus… Comme le chantait si bien Isabelle Adjani : « J’suis dans un état proche de l’Ohio ! »

Cette parenthèse enchantée étant refermée, le temps est venu pour moi de faire un bilan de mi-parcours. Comme ça, j’y vois plus clair et je fais le tri dans mes lectures. Et pour vous, c’est aussi l’occasion d’avoir une vue d’ensemble sur les livres sortis cette année (ou fin 2014) qui valent le détour. Car après tout, c’est les vacances, et par conséquent le moment idéal pour plonger dans un ou plusieurs bons livres ! Je vous propose donc mon top 10 des livres de l’année « jusqu’ici ». C’est parti, mon kiki !

Meilleur roman historique

Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d’Anthony Doerr chez Albin Michel

Cette année, le Prix Pullitzer a beaucoup fait parler de lui, et à juste titre car c’est vraiment un excellent roman, à la fois ambitieux et grand public. Les lecteurs français y seront peut-être plus particulièrement sensibles du fait que l’histoire se déroule à Saint-Malo à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce roman magistral offre le portrait croisé d’un jeune allemand, génie des communications qui met ses compétences au service de l’armée allemande, et d’une jeune française aveugle qui subit le siège de Saint-Malo avec son oncle. Ses deux individus, des jeunes qui devraient avoir la vie devant eux, se retrouvent pris dans les mailles de l’Histoire. Pourtant, d’une certaine manière, leurs destins vont se lier pour offrir au lecteur une vision globale de cette guerre : que se passe-t-il dans chacun des camps ? comment combattre la peur ? comment faire ce qui est juste ? En plus de la trame historique qui est déjà très forte, Anthony Doerr invente une histoire de trésor perdu, comme un symbole de l’innocence broyée par la réalité de la guerre. Le roman se déroule comme une sorte de huit clos dans une ville assiégée de toutes parts. Passionnant, juste, envoûtant : le genre de livre dont on ne ressort pas indemne.

Meilleur livre bizarre

Le Château, d’Edward Carey chez Grasset

Petite perle du début d’année, ce roman anglais avait tout pour me charmer : une histoire absurde, des personnages déjantés, un lieu fantastique dans la droite lignée du roman gothique, et une écriture ciselée où l’humour affleure à chaque paragraphe. On y suit l’histoire de Clod, un jeune homme qui entend les objets parler. Et c’est un peu un soucis car, même si les membres de sa famille sont bizarres, ils ne sont pas bizarres au point d’entendre des voix ! Clod essaye donc de faire semblant d’être normal tout en tentant de percer le mystère des objets qui parlent. Sur ses pas, le lecteur découvre une famille incroyable dans un univers au style victorien qui aurait migré dans la cinquième dimension. Petit plaisir supplémentaire : ce roman est en fait le premier tome d’une trilogie qui s’annonce palpitante !

Meilleur roman policier

Prête à tout, de Joyce Maynard chez Philippe Rey

A priori, je n’aurais pas parié sur ce livre car les romans basés sur des faits divers, ce n’est pas trop mon truc. Mais une fois que j’ai commencé ce livre, l’histoire m’a tellement bien attrapé que c’était impossible de le lâcher avant la fin. Les témoignages des personnages sont tellement bien construits qu’on se prend au jeu des mensonges et des illusions, et on n’arrive plus à discerner le vrai du faux. Ce roman est un bel exercice pour parler des dangers de la médiatisation, des dérives des médias, de la fascination qu’ils exercent sur nos vies… Bref, ce livre parle de l’une des caractéristiques principales de l’humanité moderne. Et ce qui reste, quand les écrans sont éteints, c’est justement cette humanité, peureuse, avide, cruelle, capable de tout, même du pire.

Meilleur roman policier drôle

Le Cercle des plumes assassines, de J.J. Murphy chez Baker Street

J’adore les romans policiers, et j’aime les comédies, alors évidement ce livre était pour moi ! Dans cette histoire menée tambour battant par un auteur très inspiré, on découvre la verve de Dorothy Parker et des autres auteurs du cercle vicieux, un club d’auteurs informel dans le New York des années 1920. Car alors que tout ce petit monde se prépare à passer à table dans leur restaurant préféré, le cadavre d’un critique littéraire est justement retrouvé sous leur table. Le principal suspect n’est autre d’un petit jeune tout juste débarqué de sa campagne, William Faulkner. Pour défendre le futur romancier, Dorothy Parker va mettre toute son intelligence dans la bataille. Les bons mots fusent, avec pas mal d’anecdotes savoureuses de cette époque fascinante. Et c’est une excellente idée d’avoir choisi la pétillante Dorothy pour jouer les Miss Marple : on la suit avec beaucoup de plaisir. En ce qui me concerne, j’ai hâte qu’un second tome soit publié.

Meilleure fresque romantique

Fleurs sauvages, de Kimberley Freeman chez Charleston

C’est l’un de mes gros coups de coeur de l’année, et je sais déjà qu’il sera forcément dans mon bilan de fin d’année tant je l’ai aimé : Fleurs sauvages est une pure merveille. L’histoire croisée de deux femmes, la grand-mère en Australie dans les années 1920, et la petite-filles de nos jours. L’une doit trouver le moyen d’affronter les aléas de sa vie, l’autre va remonter le temps pour trouver l’inspiration dont elle a besoin pour être heureuse. Entre deux périodes qui n’ont rien en commun, on découvre deux femmes qui doivent trouver la force d’avancer et de rendre leurs rêves possibles. Ce livre contient entre ses pages le souffle de l’aventure qui fait la marque des grands romans. Il boxe dans la même catégorie qu’un film du style d’Out of Africa. A découvrir absolument !!

Meilleur feel-good book

Le Coeur entre les pages, de Shelly King chez Préludes

Belle découverte de ce début d’année, les éditions Préludes sont vite devenues un de mes points de repère en matière de publications. Et en particulier, ce premier roman d’une auteure américaine m’a fait l’effet d’une bulle de bonne humeur bienvenue. L’histoire d’une fille au chômage qui reconstruit sa vie en travaillant d’une librairie de seconde main avec des employés cinglés, un chat et des gros fauteuils. Je ne pouvais qu’adhérer à cette histoire dense, bien construite et positive (sans jamais tomber dans les bons sentiments). Ce roman est un véritable hymne à la lecture, un chant d’amour à la gloire des lecteurs, ces étranges créatures qui vivent mille vies en une seule. Un premier roman remarquable qui laisse présager de bonnes choses pour l’avenir de son auteur comme de sa maison d’édition.

Meilleure biographie

Lady in satin, de Julia Blackburn chez Rivages Rouge

Raconter l’histoire d’une légende de la musique mondiale n’est pas forcément une tâche aisée, mais quand il s’agit de Billy Holiday, c’est encore plus difficile : le viol, la prostitution, l’alcool, la drogue, les hommes violents, les arrestations et les procès… et accessoirement la musique comme seule planche de salut. Ce serait déjà assez rempli comme ça, mais Julia Blackburn est entrée dans une autre dimension de la biographie en plaçant ses pas dans ceux de Linda Kuehl, reporter musical qui avait entrepris de rédiger une biographie de Billie Holiday avant de mettre brutalement fin à ses jours, laissant un travail inachevé mais des archives conséquentes. Julia Blackburne est partie des notes et des enregistrements laissés par Linda pour écrire la biographie, ce qui fait du livre un ouvrage à deux niveaux, une enquête qui laisse éclore deux portraits de femmes. Un ouvrage absolument passionnant qui nous en apprend beaucoup sur Billie Holiday, sa voix, sa place dans la musique américaine et les démons qui ont été, peut-être pas sa source d’inspiration, mais en tout cas sa motivation pour laisser sa vie derrière elle et se bâtir une carrière de chanteuse unique.

Meilleure biographie romancée

Charlotte, de David Foenkinos chez Gallimard

C’est l’un des livres qui avait vraiment marqué la rentrée littéraire de 2014, et il a eu une belle trajectoire car le public a largement apprécié de découvrir l’histoire de la peintre allemande Charlotte Salomon. Avec ce récit hors normes, David Foenkinos casse les codes du roman et de la biographie pour inventer ses propres règles. On a l’étrange impression qu’il nous raconte sa propre histoire d’amour pour Charlotte, un sujet qui l’habite littéralement. Au final, le livre est émouvant sans sombrer dans le pathos, et il donne à connaître le destin d’un individu au coeur de l’Histoire en marche. C’est aussi un bel exercice sur le thème de la mémoire et du récit. Un texte d’une rare honnêteté.

Meilleur roman sur une famille d’asiatiques cinglés et multimillionnaires

Crazy Rich à Singapour, de Kevin Kwan chez Albin Michel

Ce livre mérite largement le prix de la plus belle couverture de l’année, et ce n’est pas peu de dire qu’Albin Michel a eu la main heureuse avec cette couleur abricot et cette silhouette fascinante. Dès la couverture, on plonge dans un monde à part : celui des grandes fortunes de Singapour. Imaginez une seconde que Jane Austen soit vivante et qu’elle vous raconte la vie de ces puissantes familles de Singapour, entre racines chinoises et snobisme dans le plus pur style européen. C’est étrange a priori, mais tellement délectable au final. Un roman jubilatoire, drôle à chaque page, avec des personnages hauts en couleurs. Un pur plaisir à ne pas rater !

Prix spécial du roman le plus ambitieux

Sacré bleu, de Christopher Moore aux éditions L’Equateur

Incroyable roman, c’est l’un des livres les plus originaux que j’ai eu l’occasion de lire dans ma vie. A mi-chemin entre la fresque historique et le roman policier, le tout saupoudré avec beaucoup d’humour, ce roman inclassable est extrêmement jouissif. Il plonge ses lecteurs dans le Montmartre de la Belle Epoque avec les peintres impressionnistes. Suite à la mort de Vincent Van Gogh, Toulouse-Lautrec se lance dans une enquête palpitante pour découvrir le rôle qu’un mystérieux marchand de couleurs a pu jouer dans la mort de son ami. Sous la plume vivace de Christopher Moore, c’est tout Paris qui s’anime pour raconter une histoire pleine de rebondissements. Un régal !

J’espère que ce classement personnel vous a plut et vous a donné l’envie de découvrir certains des livres cités. Et vous, quels ont été vos livres coups de coeur jusqu’à présent ?

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12 commentaires pour Top 10 des meilleurs livres 2015 – bilan mi-parcours

  1. folavrilivres dit :

    Pas mal ce bilan de mi-parcours!! 😉 J’ai beaucoup aimé Charlotte aussi, un vrai coup de coeur.

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai vraiment trop envie de lire Toute la lumière que nous ne pouvons voir !

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  3. Camille dit :

    Merci pour ce top, je rajoute tes livres à ma liste ! Je vais commencer par Le Château, qui me tente bien !

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  4. Mon top à moi est différent mais le challenge de répondre à votre question est intéressant et oblige à faire travailler ses méninges. Voici les livres qui m’ont beaucoup plu. J.M.G. Le Clézio que je n’avais jamais lu, prix nobel de littérature si je ne m’abuse, dans deux novellas, « Tempête », Lyonel Trouillot, un Haïtien, qui parle de l’amitié et de la langue française comme personne, exemplaire dans « Parabole du failli », J.C. Rufin, « Le Grand Cœur », car j’aime tout ce que cet auteur écrit, Hallgrimur Helgason, « La femme à 1000 degrés », ou comment une femme à la fin de sa vie raconte son histoire dans une langue inouïe, d’une inventivité et d’une densité rares, Lachaud, « J’apprends l’hébreu », l’histoire d’un gamin dont l’équilibre bascule, dérangeant et profond, « Nageur de rivière » de Jim Harrison dont je lis absolument tout. Quant à Benameur et son « Profane », l’histoire d’un vieux qui réunit 4 personnes pour l’aider, il a tellement plu aux filles de ma tournante de livres qu’elle en ont fait l’objet de la réunion spéciale « le livre à partager »… Les choix sont, vous le voyez, multiples, variés, et si tout le monde répondait à votre question, on trouverait là encore une infinité de trouvailles appétissantes à se mettre sous la dent et les mirettes. De quoi enrichir notre imaginaire et appauvrir notre portefeuille (si toutefois nous achetons tous ces livres).

    Aimé par 1 personne

  5. Melasc dit :

    Prête à tout est surprenant c’est vrai ! J’ai aussi beaucoup aimé. Je te conseille le film qui est pas mal même si ce n’est pas la même expérience. 😉

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  6. Natacha dit :

    Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d’Anthony Doerr et Le château sont deux romans qui me tentent énormément ! Un très joli bilan de mi-parcours

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