La Meilleure d’entre nous, roman de Sarah Vaughan

vaughanLancée en début d’année 2015, Préludes, la nouvelle collection du Livre de Poche, n’a pas manqué de piquer ma curiosité. Avec cette collection, Le Livre de Poche veut proposer à ses lecteurs un élargissement de son catalogue en offrant des livres en rapport avec des titres déjà publiés en petit format. L’idée est de créer une passerelle : si vous avez aimé tel titre du Livre de Poche, pourquoi ne pas poursuivre avec d’autres titres dans le même genre ? Une idée d’autant plus judicieuse que Préludes se différencie du Livre de Poche par deux critères : le format est plus grand (un semi-poche qui va compter 14,90€ alors qu’un broché coûte dans les 20€) et surtout des oeuvres originales. Normalement, le Livre de Poche ne fait que reprendre des titres déjà publiés en France en broché. Là, l’idée est d’aller chercher des inédits(français ou étrangers) pour les faire découvrir aux lecteurs français. Une bonne idée dont je ne pouvais pas ne pas vous parler !

Les premiers titres sortis dans la collection ont l’ait intéressant, mais celui qui m’a tout de suite donné envie de le lire est un roman de Sarah Vaughan (aucun lien de parenté avec la chanteuse américaine) : La Meilleure d’entre nous. Je n’avais jamais lu aucun roman de cette auteure britannique ; c’était donc une occasion en or de la découvrir et de conjuguer deux de mes passions les plus dévorantes : la lecture et la gourmandise !

La Meilleure d’entre nous nous invite, grâce au prétexte d’un concours de pâtisserie retransmis sur Youtube, à découvrir le destin de cinq femmes : les quatre candidates du concours et celle de la femme qui a inspiré ce concours. Dans les années 1960, Kathleen Eaden était la femme d’un chef d’entreprise à la tête d’une chaîne de supermarchés. Férue de pâtisserie, elle se consacrait avec dévouement à son art tout en rédigeant un livre qui allait devenir par la suite LA bible de la pâtisserie en Angleterre. Mais tout n’est pas rose pour autant, et la pâtisserie ne peut pas empêcher Kathleen de courir après le rêve secret de sa vie. En parallèle à son histoire, quatre femmes bien de notre temps se retrouvent à conquérir pour devenir la nouvelle reine de la pâtisserie. Chacune s’est retrouvée inscrite pour une raison différente, mais toutes ont un point commun : la recherche de quelque chose qui manque à leur vie. Au fur et à mesure des épreuves, elles vont se révéler et affronter leurs peurs.

Ce très joli roman se fonde sur deux très bonnes idées : d’abord le fait de croiser deux histoires dans deux périodes différentes, ce qui donne un côté un peu « enquête » à l’histoire car on a envie de découvrir les secrets de Kathleen Eaden. Ensuite, d’utiliser l’idée des émissions de télé-réalité pour passer au crible la vie privée des personnages. En effet, l’auteure ne cherche pas à nous parler dans le détail des épreuves pour réussir la meilleure tarte au citron ou autre maison en pain d’épices. Ce qui l’intéresse, c’est de scruter la vie de ces quatre femmes qui, en l’apparence ont l’ait tout à fait heureuse, pour découvrir sous la surface leurs rêves inavoués.

Avec beaucoup de tendresse et de subtilité, Sarah Vaughan nous fait pénétrer dans la vie de ses personnages, révélant leurs peurs, leurs aspirations, mais aussi les petits moments de bonheur. Ce livre ne nous emmène pas dans une grande histoire à couper le souffle, mais plutôt dans les histoires du quotidien qui peuvent, elles aussi, revêtir une grande importance. L’épanouissement est au coeur de ce roman, qui propose comme morale simple : il n’y a pas de recette magique pour accéder au bonheur. Une leçon sans grande envergure, mais avec une grande honnêteté.

Au détour des pages, j’ai noté quelques longueurs qui, si elles ne m’ont pas trop gêné pendant la lecture, ralentissent tout de même le rythme du roman. Dans l’ensemble toutefois, la lecture est vraiment très plaisante. On ne croise pas de personnages délirants ou originaux : que des personnes « vraies » dans le sens où on pourrait les croiser dans la rue. Et c’est justement ce qui rend ce roman si attachant : on peut très facilement se reconnaître dans ses personnages.

A travers la générosité et la gourmandise liées à l’art de la pâtisserie, Sarah Vaughan invite ses lecteurs à faire un voyage émotionnel beau et intense aux côté de cinq femmes que l’on a envie de voir réussir. Un très beau livre qui plaira en priorité aux fans de romans féminins. Et je note que ce livre est une bien belle mise en bouche pour cette collection Préludes qui, de toute évidence, va nous réserver de belles surprises. C’est désormais une collection à suivre.

Très bonne lecture à tous !

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2 commentaires pour La Meilleure d’entre nous, roman de Sarah Vaughan

  1. Ping : Sommaire d’avril 2015 | A livre ouvert

  2. J’ai bien aimé ce livre comme toi 🙂 je trouve très juste ta réflexion sur les personnages « vrais » 🙂

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