Bienvenue à Big Stone Gap, roman d’Adriana Trigliani

bienvenue-c3a0-big-stone-gap-de-adriana-trigianiSi en vous retrouvant nez à nez avec la couverture de ce roman vous avez l’impression de tomber sur la énième comédie loufoque qui a lieu dans une petite ville déjantée des Etats-Unis, je peux tout de suite vous rassurer : ce n’est pas de ça dont il s’agit ici ! Je suis entrée un peu à reculons dans ce roman que l’éditeur m’a envoyé, et en fait ça a été une jolie surprise.

Dans ce nouveau roman, Adriana Trigliani nous invite à suivre l’histoire d’Ave Maria, une pharmacienne célibataire qui vit dans une petite ville montagnarde au joli nom de Big Stone Gap. Elle qui a perdu sa mère il y a près d’un an (et qui avait déjà perdu son père des années avant ça), se retrouve seule dans son quotidien. Pourtant il n’y a rien de déprimé chez Ave Maria : elle a des amis formidables, une passion pour la lecture, elle participe aux spectacles de la ville, à l’équipe d’intervention… Entre ses clients et ses centres d’intérêt, elle n’a pas le temps de s’ennuyer. Ce pourrait être la vie de rêve, si ce n’est qu’Ave Maria se sent tout de même seule, et qu’il y a des éléments irrésolus dans sa vie. Une opportunité va se présenter le jour où son notaire lui remet une lettre écrite par sa mère peu avant qu’elle meurt, et dans laquelle elle révèle à Ave Maria le nom de son vrai père. Se découvrant un nouveau passé, Ave Maria va remettre sa vie en perspective et commencer un nouveau chemin pour se trouver elle-même… et peut-être aussi trouver le bonheur.

Difficile de bien résumer cette histoire touchante sans sombrer dans le cliché pathétique de la pauvre célibataire qui part à la rencontre d’elle-même. Et il est vrai que l’histoire ne m’a pas semblé particulièrement originale. Ce qui l’est en revanche, c’est la dimension initiatique de ce récit dans lequel une femme adulte va finalement faire le choix de trouver sa propre identité en tournant le dos au jugement des autres et en décidant de prendre sa vie en main. Le personnage d’Ave Maria n’est pas particulièrement charismatique, et ce n’est certes pas une grande héroïne classique, mais c’est une femme de son époque avec les problèmes de son temps.

Il y a d’ailleurs une phrase qui m’a frappé vers la fin du livre, une fois qu’Ave Maria arrive à la fin de son parcours personnel. C’est une phrase qu’elle dit à un autre personnage et qui m’a touché par sa simplicité et par sa vérité :

« Il faut parfois se dépouiller de tout pour découvrir la personne qu’on est en réalité. »

Cette histoire m’a paru très universelle car elle parle de la difficulté de s’affirmer dans un monde où les contraintes quotidiennes décident pour nous. En même temps, c’est un formidable message d’espoir car Ave Maria n’a rien d’une « winneuse », mais elle va tout de même parvenir à dépasser ses craintes et ses angoisses pour choisir la vie qu’elle veut. Un chemin difficile qui va lui permettre au final de trouver sa place. En cela, ce roman m’a touché car on sent que c’est une histoire sincère, qui ne cherche pas à sortir les violons pour faire pleurer dans les chaumières. Bien au contraire, le cheminement émotionnel et psychologique d’Ave Maria reste crédible car il est justement ancré dans la réalité, et pas dans le romanesque.

Pour dire un mot rapide de l’écriture, j’ai trouvé que la narration manquait un peu de souffle. L’ensemble est mal rythmé car l’auteur hésite parfois entre la mélancolie et l’humour. Si la mélancolie est parfois un peu trop lourde, l’humour au contraire aurait mérité d’être exploité plus franchement pour offrir au lecteur des bulles de détente au milieu de l’histoire principal. Notamment, je pense que les personnages de Fleeta et de Pearl n’étaient pas assez mis en valeur, alors qu’à mon avis il y avait un bon ressort comique à travailler dans ce tandem.

D’une manière générale, j’ai passé un bon moment avec ce livre même s’il manque un peu d’ampleur pour rentrer dans la catégorie des « très bons romans ». Et le pense que les lectrices qui aiment les romans dressant des portraits féminins aimeront ce livre. Sachez d’ailleurs qu’Adriana Trigliani a écrit un précédent roman, « L’Italienne », que je n’avais pas lu mais dont j’ai entendu le plus grand bien.

Bienvenue à Big Stone Gap est disponible aux éditions Charleston.

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2 commentaires pour Bienvenue à Big Stone Gap, roman d’Adriana Trigliani

  1. J’adore la couverture de ce roman 🙂 Je pense qu’il me plairait !

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