Un Train pour Ballarat, roman policier de Kerry Greenwood

KGComme il me vient de temps en temps, j’ai récemment eu l’envie de lire un bon roman policier. Et comme justement il me restait un livre de Kerry Greenwood que je n’avais pas encore lu, c’est avec un immense plaisir que je me suis plongée dans les pages du troisième tome des aventures de Miss Fisher, Un Train pour Ballarat.

Comme toujours avec Miss Fisher, l’aventure est au rendez-vous ! Et l’histoire commence sur les chapeaux de roues puisque dès la première page, le crime survient. Miss Fisher se trouve à bord d’un train en compagnie de sa femme de chambre, Dot, lorsque tout le wagon subit une attaque : quelqu’un a délibérément fait respirer du chloroforme aux passagers pour les endormir pendant qu’une vieille femme acariâtre est jetée par la fenêtre du train en marche. Qui est le coupable ? L’un des passagers ? Pourquoi la fille unique de la vieille femme qui voyageait avec cette dernière ? Et qui est la petite fille amnésique que les policiers ont retrouvée dans le train après le drame ? Miss Fisher aura fort à faire pour résoudre cette enquête.

En entamant Un Train pour Ballarat, j’étais déçue de constater que le roman n’était pas très épais. Mais ne vous y trompez pas, cette histoire est dense, et comme d’habitude Kerry Greenwood déploie avec beaucoup de talents les intrigues secondaires qui finissent pas se rapporter à l’histoire centrale. Les jeux de piste se multiplient et les rebondissements sont nombreux pour maintenir le lecteur en haleine.

Les fans de Miss Fisher ont le plaisir de retrouver leur héroïne en très grande forme. Toujours aussi pimpante, drôle et énergique, notre garçonne fait jeu égal avec la police pour coffrer les méchants. Au passage, elle dévoile un grand cœur et vient sans hésiter en aide à ceux et celles qui ont besoin de ses services. On croisera donc dans cette histoire une jeune fille déprimée, deux orphelines, des étudiants… Et surtout, on retrouve les personnages secondaires qui font le sel de ces romans : monsieur et madame Butler, les domestiques flegmatiques, Dot la douce femme de chambre, l’inspecteur Robinson, le docteur MacMillan et aussi Bert et Cec, les inénarrables chauffeurs de taxi qui servent d’enquêteurs quand on a besoin d’eux !

Si ce tome donne un peu moins a voir la vie bohème et chic des années 1920 en Australie, c’est parce que Kerry Greenwood se concentre ici sur une autre classe de la population. Cette fois-ci, les paillettes laissent la place à la misère. On découvre ce qui se passe dans les ruelles sordides, derrières les façades des maisons miteuses où les jeunes filles disparaissent sans que personne se soucie de leur sort… Et aussi, on voit la violence d’une société où les femmes n’ont presque pas de droits, où elles sont des proies faciles pour des individus sans scrupules.

Sans trop dévoiler cette histoire, elle se place dans un réalisme social intéressant. Un point fort qui tient sans doute à l’expérience acquise par Kerry Greenwood durant ses années de travail dans le milieu judiciaire australien. Car loin de la fantaisie des deux premiers tomes, Miss Fisher trouve ici une épaisseur nouvelle et bienvenue. L’humour est toujours là, mais la gravité trouve aussi sa place. Et sans prétendre à un discours militant, Kerry Greenwood propose toutefois une vision lucide sur la société de cette époque.

J’ai lu ce livre très vite, et sa lecture m’a donné un grand plaisir, exactement comme ça avait été le cas pour les deux premiers tomes. On suit avec plaisir toute l’histoire, et le personnage central est toujours aussi efficace. Surtout, je salue les efforts déployés par Kerry Greenwood pour réinventer sa série. Car la recette des romans policiers, c’est de ne pas toujours faire la même chose, et l’auteure australienne démontre ici qu’elle a bien compris comment garder ses lecteurs en haleine. Je lirais donc sans hésiter le quatrième tome des aventures de Miss Fisher… tout en attendant que France télévision diffuse la saison 2 de la série qui a été adaptée de ces merveilleux romans.

Pour information, l’intégralité des aventures de Miss Fisher est toujours éditée par les Editions de la Loupe, que vous pouvez trouver sur le site internet de la maison. Je n’arrête pas de vanter les mérites des livres en grands caractères autour de moi, mais je profite pour le redire : c’est d’un confort de lecture inouï ! Et si vous avez envie d’en savoir plus, n’hésitez pas à lire la biographie de Kerry Greenwood que j’ai écrite dans la catégorie ‘Biographie’ du site.

Très bonne lecture à tous !

Publicités
Cet article, publié dans Roman policier, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s