J’ai testé pour vous la série Dracula

Il est grand, beau, élancé, élégamment vêtu. Sa silhouette se détache de la pénombre en laissant planer le mystère autour de sa personne. Sa voix est suave, envoûtante comme une douce mélodie. Sa fine moustache, ses yeux brillants et ses charmantes manières pourraient le faire passer pour un gentleman. Mais ne vous y trompez pas : Jonathan Rhys Meyers est un cruel vampire, prêt à sucer votre sang.

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Depuis le temps que les vampires reviennent à la mode, il fallait bien qu’à un moment ou à un autre, quelque ait l’idée de faire réapparaître le premier d’entre eux. Et c’est donc à la télévision que nous redécouvrons Dracula sous les traits (presque) angéliques de Jonathan Rhys Meyers, tout juste sorti de son costume du roi Henry VIII dans la série des Tudors. Gageons qu’avec l’expérience des décapitations, il n’a maintenant plus peur du sang ! Comme je n’ai pas peur non plus, j’ai visionné l’intégralité de la première saison en avant-première.

Cette nouvelle adaptation sobrement baptisée Dracula a été commandée par la chaîne américaine NBC. Le positionnement est jeune et les responsables du show cherchent manifestement à surfer sur deux tendances : le revival des vampires et la mode des séries anglaises. Car ne vous y trompez pas, à l’écran vous verrez principalement des acteurs britanniques. D’ailleurs, l’action se passe dans un décor du Londres victorien reconstitué pour donner un peu de cachet à l’ensemble.

D’emblée, on observe que l’histoire est assez différente du roman de Bram Stocker, même si on retrouve certains éléments du mythe de Dracula et surtout plusieurs personnages. Dracula tout d’abord est toujours cet ancien prince de Transylvanie qui cherche à retrouver son amour perdu sous les traits d’une douce et innocente jeune femme, qui elle-même est fiancée à un autre. Ramené à la vie il y a plusieurs années par le professeur Van Helsing, Dracula cherche à se venger d’une société secrète basée à Londres et responsable il y a longtemps de la mort de sa femme, de sa transformation en vampire, de sa mise en hibernation forcée. Cette même société a tué la femme et les enfants de Van Helsing, raison pour laquelle l’homme est plutôt en colère… assez pour décider de s’allier avec la pire des créatures : Dracula.

Nos deux conspirateurs se sont inventé de nouvelles vies, dans lesquelles Dracula est devenu un riche multimillionnaire américain tout juste débarqué à Londres pour affaires, tandis que Van Helsing est devenu professeur de médecine. Tout semble pour le mieux, mais leur plan avance et ils espèrent bien ruiner tous les membres de la société secrète… voire les tuer.

Les choses vont rapidement se compliquer lorsque Dracula fait la connaissance de Mina Harker, une ravissante jeune femme qui semble être la réincarnation de sa défunte épouse. Tout se complique encore lorsqu’il croise la route d’une femme fatale chasseuse de vampires. En parallèle de tout ça, le professeur Van Helsing pourrait bien trouver un sérum qui permettrait à Dracula de marcher en plein jour sans risquer de brûler sur place…

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Si l’idée de la vengeance est tout sauf originale, on peut au moins reconnaître qu’elle entre tout à fait dans le style romantique de la série. De même, les décors somptueux et les magnifiques costumes donnent à Dracula une atmosphère pesante et fascinante, tout à fait dans le style gothique du roman d’origine. Et si certains personnages secondaires ne sont pas vraiment à la hauteur, force est de constater que Jonathan Rhys Meyers se glisse avec une facilité déconcertante dans l’habit du célèbre vampire. La scène est sienne, il est tour à tour séducteur, effrayant, sanguinaire, un peu fou… et surtout réussit à teinter son personnage d’une profonde mélancolie qu’on associe effectivement à Dracula.

A ses côtes, on retrouve certains personnages tout à fait à leur place (Mina et Jonathan par exemple), et d’autres qui ont contraire ne jouent pas exactement leur rôle d’origine. C’est le cas de Van Helsing, qui devient ici un allié de Dracula. Cette originalité permet de garder les fans du livre aux aguets car on se demande où cette alliance va mener. Cet élément de surprise est assez judicieux, et on voit au moins que les scénaristes se sont donnés un peu de mal pour nourrir leur série d’une pincée d’originalité.

Originalité encore sur la manière dont Dracula est amené à Londres. Le fait de le travestir en riche industriel américain apporte une charmante ambivalence au personnage qui se targue lui-même à plusieurs reprises d’être un homme de l’avenir. Tout une réflexion serait à mener sur la survivance des héros littéraires du passé, que le cinéma et la télévision n’arrêtent pas de ressortir de leur sommeil de papier pour aller cherche un succès au box office. Le passe littéraire serait-il une valeur sûre pour le domaine créatif ? Ce qui est sûr pour moi, c’est que la série réussit à proposer une lecture à la fois respectueuse et moderne de l’oeuvre de Bram Stocker… même si on n’évite pas les lieux communs à quelques reprises.

Je déplore en revanche que le début de la série ne soit pas plus dynamique : il faut attendre plusieurs épisodes avant que l’intrigue se lance réellement. Tout s’accélère vers la fin et on trouve notamment quelques scènes assez violentes qui laissent enfin transparaître la vraie nature du vampire. Car Dracula n’est pas un héros et il est de bon ton de le rappeler à l’auditoire.

Mon bilan est donc en demi-teinte. Je trouve que cette première saison n’est pas vraiment réussie… ou tout au moins, elle aurait pu être meilleure si les scénarios avaient été mieux rythmés. Plusieurs propositions d’intrigue sont intéressantes et devraient donner de bonnes choses, mais pour le savoir, il faudra attendre la seconde saison (qui a déjà été commandée). Reste que le meilleur atout de cette série est indéniablement la présence de Jonathan Rhys Meyers, qui trouve ici un terrain de jeu à sa mesure, alternant à loisir la posture du héros romantique et celle de la créature folle revenue d’entre les morts.

Alors : qui a envie de se laisser séduire par cette nouvelle série ?

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3 commentaires pour J’ai testé pour vous la série Dracula

  1. Ping : Le Fantôme de l’opéra : guerre des adaptations à la télé | A livre ouvert

  2. Une série qui aurait pu être meilleure effectivement, mais que j’ai apprécié 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Audrey dit :

    J’avais regardé le début mais ne voyant pas arriver la suite des épisodes, j’avais mis la série de côté pensant qu’elle avait été abandonnée. Du coup, je vais essayer de retrouver où j’en étais pour m’y replonger. Merci de l’info 🙂

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