Fleming : la série événement sur l’auteur de James Bond

fleming

« Everything I write has a precedent in truth », soit en français ‘Tout ce que j’écris est basé sur la vérité’. Telle est la phrase d’introduction choisi par la BBC America pour la mini-série Fleming : the man who would be Bond. Comme son titre le laisse présager, cette série en quatre épisodes est une biographie de l’auteur britannique Ian Fleming. Je l’ai visionné en avant-première pour vous livrer en exclusivité des infos de première main.

Diffusée en début d’année aux États-Unis, cette mini-série encore inédite en France est plutôt bien ficelée. Il faut dire que le sujet vaut de l’or. D’une part parce que James Bond n’a jamais été aussi populaire que depuis son dernier film, Skyfall qui a fait l’unanimité auprès d’un très large public ; d’autre part parce que Fleming est un auteur complètement à part, alliant comme Hemingway la légende à l’œuvre littéraire, le mystère le disputant au sulfureux.

L’histoire commence à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Fleming, jeune homme de très bonne famille aux mœurs dissolues, est courtier. Mais ce métier ne l’intéresse pas. Il dépense plus qu’il ne gagne, aime fumer, les femmes, les premières éditions, il nourrit un complexe d’infériorité envers son frère aîné, subit une relation malsaine avec sa mère… Mais au milieu de tout cela, perce déjà une imagination débridée et un tempérament de forte-tête.

C’est au hasard d’une rencontre louche dans une bibliothèque (ça ne s’invente pas !) que Fleming va se faire remarquer par la Royal Navy… qui lui propose un poste ! Le commandant Fleming se retrouve donc dans le feu de l’action… ou tout du moins dans un bureau au centre de l’information de guerre. En attendant de tenter sa chance sur le terrain, Ian Fleming va mettre ses compétences et son inventivité au service de l’effort de guerre, non sans quelques succès. En parallèle avec cette vie militaire, on découvre son histoire d’amour houleuse avec Ann O’Neill, une femme mariée déjà encombrée d’un amant.

Si la véracité historique n’est pas toujours le point fort de cette biographie, le point faible qui m’a le plus gêné, c’est l’esthétique parfois un peu trop racoleuse qui a été choisie. La biographie n’est pas un genre qui se prête à n’importe quel style, à moins de ne pas avoir peur de décrédibiliser son sujet. Mais je passe vite sur ces deux aspects, car ces points faibles sont vraiment anecdotiques au regard de la grande qualité de cette série.

En quatre épisodes seulement, la série donne à voir les multiples facettes d’un homme dont la vie relève déjà du roman. On découvre avec plaisir les origines d’un auteur en même temps que celles de son héros. L’envie d’écrire est là depuis longtemps chez Fleming. J’ignorais que son frère avait aussi écrit, et que Ian avait longtemps été cantonné au rôle de « second Fleming ».

J’ai beaucoup aimé le fait de découvrir les sources d’inspiration pour les personnages de l’univers Bond. L’officier Monday (dont le nom même fait déjà penser à une James Bond girl) en particulier est mon gros coup de cœur. Jouée par Anna Chancelor (les fans du film Quatre mariages et un enterrement se souviennent d’elle dans le rôle inénarrable de « Tronche de canne »), elle est en fait la source d’inspiration de Miss Moneypenny. Une femme avec laquelle Fleming entretient une connivence basée sur un sens de l’humour acéré. On retrouve aussi M sous les traits de l’amiral John Godfrey, le supérieur de Fleming.

Mais surtout, c’est à travers Ann O’Neill que le lecteur avisé des romans de James Bond découvrent le prototype originel de la femme fatale. Cette croqueuse d’hommes, à la fois forte et vulnérable, profondément double, mystérieuse, aimant les jeux dangereux, est tout à la fois un trophée et une égale, la cible et le chasseur.

Son expérience militaire et ses connaissances serviront plus tard de toile de fond à Ian Fleming pour tisser des histoires plus ancrées dans la réalité que ce que les films ont parfois suggéré. Il suffit de relire Casino Royale pour s’en convaincre : c’est d’abord la réalité du métier d’espion que Fleming écrit. Les femmes et les vodka-martini ne sont là que pour construire la légende. Et c’est d’ailleurs sous les traits de l’écrivain lui-même que l’on découvre les racines les plus profondes du personnage. Le personnage d’Anna s’en moque d’ailleurs gentiment dans la série, soulignant que Bond a le même handicap au golf que son créateur.

Juste quelques mots pour dire aussi que le casting est très bon. Les américains sont allés chercher une touche d’exotique avec un casting britannique, et ils ont eu la main heureuse ! Dominic Cooper (déjà vu dans Captain America sous les traits de Howard Starck) restitue toute la richesse émotionnelle de Fleming : il présente bien, il a du charme, il est expressif, drôle et dégage une vivacité qui rend le personnage tout de suite sympathique malgré ses facettes plus sombres.

De même, les femmes sont très bien choisies. Comme dit plus haut, Anna Chancelor est irréprochable et très attachante dans le rôle de l’officier Monday. Et Lara Pulvar, même si elle n’offre pas une grande originalité par rapport à son rôle d’Irène Adler dans la série Sherlock (où elle incarnait déjà une femme fatale), apporte tout de même une touche de glamour bienvenue.

En bref, cette série est d’excellente facture. Grâce à elle, on découvre avec curiosité et plaisir Ian Fleming, l’auteur/aventurier aux multiples facettes. C’est aussi une plongée aux origines d’un des personnages les plus emblématiques de la littérature mondiale moderne (et du cinéma par la même occasion). Une belle référence y est faite avec une scène entre Ian et son frère Evelyn lors de laquelle Evelyn donne l’idée à Ian du nom de James Bond.

La série compte quatre épisodes, soit environ quatre heures de bonheur télévisé. Sachez aussi qu’Arte l’a achetée pour une prochaine diffusion en France. Aucune date n’a pour l’instant été communiquée, mais je vous tiendrais informés dès que j’en saurais plus !

Publicités
Cet article, publié dans Séries télé, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Vous en pensez quoi ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s