Le Roi mis à nu, de Sally MacKenzie

noblesse-oblige-tome-7-le-roi-mis-a-nuTraînant parfois (bon d’accord, très souvent) dans les librairies, j’ai tendance à rapidement remarquer les livres dont tout le monde parle, ceux que les libraires mettent avec espoir en vitrine, et même parfois des nouvelles tendances livresques. Et justement, il y a quelque mois déjà, j’en ai débusqué une nouvelle : la chick lit historique.

Bon, ce n’est pas vraiment nouveau car le phénomène existe déjà depuis quelques mois (années ?) dans les pays anglo-saxons. Mais qu’est-ce donc que cela ? Il s’agit tout simplement d’une nouvelle sous-catégorie de chick lit dont les histoires se déroulent dans des époques éloignées de la notre (avec une très forte préférence pour le XVIIIe siècle). Imaginez un croisement entre Orgueil et Préjugés et Bridget Jones. Vous l’avez ? Eh bien c’est tout à fait ça.

Chez les éditeurs, on remarque de nouvelles collections très girly fleurir dans les catalogues. Mais attention : il ne s’agit pas de ressortir des collections de romans à l’eau de rose. L’idée est de jouer sur le succès grandissant des romans féminins d’époque tout en donnant un peu de sensations fortes aux lectrices de moins de cinquante ans.

En particulier, avant les vacances, j’ai été fortement frappée par l’omniprésence en libraire de la collection Noblesse Oblige aux éditions Milady. Pas très connue cette maison d’édition, et pourtant elle a décroché le jackpot en publiant en France les romans de Sally MacKenzie en format poche. Cette collection de sept romans rassemblés sous une même étiquette situe toutes ses intrigues en Angleterre au XVIIIe siècle dans la bonne société. Et si les histoires ne se suivent pas vraiment, les personnages ont tendance à revenir faire une apparition d’un tome à l’autre. Piquée par la curiosité, je me suis laissée tentée. Et comme il ne restait plus que le dernier tome en libraire, j’ai donc commencé par la fin : Le Roi mis à nu. Même pas peur !

L’histoire est celle de Stephen, un jeune aventurier féru de botanique dont les nombreuses conquêtes amoureuses lui ont valu le surnom officieux de « roi de cœur » ; mais c’est aussi l’histoire d’Anne, jeune fille de bonne famille qui accompagne sa jeune sœur à Londres pour la saison afin de l’aider à se trouver un mari. L’histoire se lance très rapidement lorsqu’un malencontreux accident portant atteinte à la morale publique les pousse à annoncer leurs fiançailles pour sauver les apparences et calmer les ragots.

Bien sûr, l’histoire est très prévisible et on se doute dès le début que cette fausse histoire d’amour va vitre prendre une tournure plus sérieuse. Mais de toute manière, tous les romans de chick lit sont toujours très prévisibles. En revanche, on peut souligner pour une fois la qualité des personnages. La galerie des personnages secondaires est haute en couleurs, ce qui est toujours agréable.

Mais ce sont surtout les deux personnages principaux qui rendent cette histoire attachante. Notre héroïne ne se décrirait certainement pas elle-même comme tel. Malgré sa beauté atypique, elle souffre d’un grave complexe d’infériorité et elle est totalement préparée à finir sa vie vieille fille. Au fil des pages, on découvrira quel drame passé l’a poussé à se réfugier dans la solitude. Quant à Stephen, notre fringant personnage principal, il est un beau mélange de sens de l’humour (l’incipit du roman est d’ailleurs très savoureux) et de grave tendresse. On nous le présente sous les traits d’un Don Juan, mais là encore les apparences peuvent être trompeuses.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, comme je l’ai dit plus haut, elle ne recèle pas de surprise. Mais le charme de ce roman réside dans ses deux promesses : nous sommes plongés dans l’exotisme d’un passé recomposé. Les calèches, les serviteurs et les codes de l’époque font très couleur locale ; et c’est bien sûr pour cela qu’on achète ce livre. Le deuxième point fort de cette série réside ensuite dans le côté vaguement « érotique » mis en avant. Pas d’affolement, je ne suis pas du tout fan des Harlequins, et ce n’est pas de ça qu’il s’agit ici ! Le roman est parsemé de quelques scènes sensuelles, un peu comme on s’attend à trouver quand on regarde une comédie romantique avec Hugh Grant (ou Jude Law selon les goûts de ces dames). Donc rien de trop olé-olé !

Inutile de dire que ce n’est pas le roman de l’année, mais l’ensemble est honnête (il répond aux critères de divertissement romantique) et très bien mené. L’écriture est moderne, vive, avec parfois des dialogues assez savoureux. De même, les personnages sont totalement dépoussiérés, et vous ne pourrez pas confondre les pages de ce roman avec un texte des sœurs Brontë. J’ai passé un très bon moment en la compagnie de ces personnages. J’ai vraiment senti que la romancière, Sally MacKenzie, avait plaisir à faire vivre son histoire. Elle a de la tendresse pour ses personnages et elle les fait évoluer avec une certaine malice qui est très agréable pour le lecteur. Dommage d’avoir commencé par le dernier tome, mais je pense que je rattraperais mon erreur en lisant d’autres tomes de la saga Noblesse oblige.

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