Un Immense Asile de fous, de Louis de Bernières

Comme son nom de l’indique pas, Louis de Bernières était un auteur britannique. Un pur produit de la campagne anglaise, qui a poussé parmi la population bizarre des petits bourgs britanniques. Ceux-là même qui ont inspiré tant de romans policiers, et où les gens aussi étranges que sympathique semblent tous cacher moults cadavres dans leurs placards ! C’est justement le sujet plein de nostalgie que Louis de Bernières a choisi comme point central de son livre Un Immense Asile de fous, qui nous livre les récits hauts en couleurs d’un village anglais pas du tout sans histoire.

Mon résumé du livre

Comment une panne de voiture peut-elle être le point de départ pour la formation d’un quatuor à vent ? Parce qu’on est dans la verdoyante campagne anglaise, et que le simple fait d’aimer la musique et d’avoir la même marque de voiture peut suffire à rapprocher des personnes qui ne se connaissaient pourtant pas ! Plus étrange : une maman utilise un talkie-walkie pour discuter du menu du prochain repas avec son fils. Une pêche miraculeuse assure la notoriété d’un jeune homme. Une femme trompe sa solitude en se promenant partout avec son mari… pourtant décédé depuis de nombreuses années.

Mon avis sur Un Immense Asile de fous

immense-asileAu départ, je suis tombée sur ce livre à la bibliothèque complètement par hasard. Je cherchais un autre livre, et le résumé de celui-ci m’a tellement plut que j’ai eu envie de le découvrir. Bien m’en a pris !

En tant que fan de romans policiers en général, et de cosy mysteries anglais en particulier, j’ai l’habitude de croiser ces petits villages fictifs peuplés de personnages qui font honneur à la tradition de bizarrerie de la Grande-Bretagne. Et je m’étais toujours posé la question : sont-ils aussi étranges « pour de vrai » ? N’étant allée qu’à Londres, où les gens sont raisonnablement normaux malgré leur fâcheuse tendance à l’amabilité, je ne tenais toujours pas la réponse à cette question existentielle. La lecture du roman de Louis de Bernières m’a enfin éclairé. Et la réponse est oui !

Certes, Un Immense Asile de fous se présente comme une oeuvre romancée. L’auteur l’explique lui-même au départ. Mais il se fonde quand même sur des faits réels puisque Louis de Bernières a lui-même grandi dans un petit village comparable. Et apparemment, les personnalités hors du commun ne manquaient pas !

Sous la plume de l’auteur, c’est donc tout un village anglais qui prend vie, et dont les membres s’anime pour raconter leurs petites histoires, riches en anecdotes cocasses et souvent attendrissantes. Certes, ce ne sont pas des sagas épiques, mais c’est l’humanité qui palpite. Et ce sont surtout des tranches de vie qu’on sent authentique. Chaque histoire ne fait que quelques pages. C’est presque comme lire des nouvelles, mais avec un fil rouge, puisque tous les personnages habitent le même village et se croisent régulièrement.

Pour être honnête, j’ai trouvé que toutes les histoires n’étaient pas aussi intéressantes. Mais la plupart sont vraiment formidables. Il y a celles qui sont drôles, cocasses (comme le colonel qui perd la boule et son pantalon par la même occasion). Et surtout il y a toutes celles qui sont terriblement émouvantes. J’ai beaucoup aimé celle du jeune homme qui revient à l’endroit où était sa maison de famille, dont on comprend rapidement qu’elle a été détruite par un terrible incendie. Il y a aussi celle de madame Mack, qui se promène au bras du fantôme de son mari pour sa promenade quotidienne. Dans les deux cas, c’est avec beaucoup de pudeur et de chaleur humaine que Louis de Bernières raconte les histoires de ses personnages dévastés par les drames de la vie, qui les a laissé pour ainsi dire seuls au monde. Souvent, le rire se mêle aux larmes, comme dans l’histoire de la lady très comme il faut (et même carrément snob), qui finit par avoir un geste d’une incroyable générosité envers un homme démuni.

Un Immense Asile de fous : une idée lecture pour qui ?

Ce livre est une bouffée de fraîcheur ! D’abord parce que ses histoires sont formidables à lire. J’ai ri, j’ai été surprise, j’ai versé quelques larmes. J’ai vraiment ressenti de belles choses à la lecture de ce petit livre sans prétention. Avec beaucoup de modestie, de sincérité et de tendresse, Louis de Bernières nous invite à un voyage dans le passé. Il convoque l’esprit des personnes qui ont peuplé son enfance, peut-être en forcissant le trait, mais en leur rendant leur profonde humanité, dans ce qui est pour moi la plus belle déclaration d’amour qu’un auteur puisse faire aux personnes qu’il a côtoyé dans sa vie.

Ensuite, ce livre est vraiment très plaisant à lire grâce à son format ludique. On peut picorer les histoires à son rythme. Ne lire que quelques pages par-ci par-là. C’est facile puisque les histoires sont courtes. Elles nous invitent donc à profiter d’une lecture au fil de l’eau, comme on en a envie. Et je trouve que ce rythme de lecture plus lent, plus contemplatif, est vraiment très agréable. C’est comme feuilleter un album de vieilles photos souvenirs. On peut vraiment prendre le temps de savourer les moments les plus émouvants.

J’espère avoir attisé votre curiosité avec ce livre très peu connu en France. Si ça vous intéresse, sachez qu’il est édité au Mercure de France. Et bien sûr, on peut aussi le trouve en bibliothèque avec un peu de chance.

Bonne lecture !

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