Y’a-t-il des saisons pour les genres littéraires ?

Ce week-end, la météo est au beau fixe. Sur le balcon, le thermomètre a même dépassé les 30°C en plein soleil. Pas de vent, un thé glacé à portée de main, mon chat qui tente d’attraper un papillon (sans beaucoup de résultat !)… Me voici bien calée, en train de bouquiner au soleil tout en travaillant mon bronzage. Et je me délecte d’une comédie romantique. J’étais partie pour lire un roman policier, mais finalement le beau temps a eu raison de moi. Il faut dire qu’en matière de lecture, je suis étonnamment dépendante de la météo. Et je remarque même qu’au fil des saisons, je ne lis pas la même chose.

Les saisons et les genres littéraires

C’est une tendance dont j’ai pris conscience depuis quelques années : en fonction des saisons, je ne lis pas la même chose. Non pas que j’arrête de lire tel ou tel genre de livres, mais je n’ai pas les mêmes envies, les mêmes obsessions. Je ne sais pas si c’est comme ça pour tout le monde, mais j’ai des envies de lectrice saisonnière qui me prennent, et c’est terrible ! Je me lance parfois dans des marathons de lectures, et je dévore alors des piles de livres sans le moindre scrupule !

De ce que j’ai remarqué, je privilégie beaucoup les romances et les romans historiques au printemps. Je pense que c’est parce qu’au sortir des jours gris, j’ai envie de dépaysement. Pendant la rentrée littéraire, je suis à un tel degré d’enthousiasme que je lis presque tout ce qui me tombe sous la main. Mais bon, la rentrée littéraire, c’est particulier ! A l’automne, j’ai remarqué un glissement qui s’opère : voilà que je fais des réserves de romans policiers, du polar au roman d’espionnage, de la comédie policière ou du thrillers… Tout me va pourvu qu’il y ait du suspens ! C’est généralement la période pendant laquelle je nidifie sur mon canapé, en lisant le soir calée contre les coussins, avec deux plaids sur les genoux. Vient ensuite la fin d’année et son cortège de romans de Noël (principalement des romances, mais pas seulement). Ensuite, dès janvier/février, j’attaque la nouvelle année avec des romans feel-good. Ma bonne résolution à moi.

Dis comme ça, ça peut sembler drôle de voir mes lectures dépendre du calendrier. Mais je m’inquiète. Suis-je bonne à enfermer ?

Les livres et les saisons : c’est aussi une affaire de maisons d’édition

Je sais qu’en théorie le patient n’est pas sensé s’auto-diagnostiquer, mais dans le cas présent je vais faire une exception. Après m’être sérieusement penchée sur mon cas, je me suis rendue compte que je n’étais pas entièrement responsable de mes préférences saisonnières. Car une bonne partie dépend tout simplement du fait que les maisons d’édition travaillent en saisonnalité. Je m’explique.

Avez-vous remarqué que les comédies romantiques les plus attendues de l’année étaient TOUJOURS publiées aux alentours du mois de mai ? Allez-y, souvenez-vous : le dernier Sophie Kinsella ? Le dernier Sarah Morgan ? A l’exception des comédies romantiques de Noël (qui sortent… eh bien un peu avant Noël), toutes les autres grosses parutions du genre sortent autour d’avril/mai/juin. Pourquoi ? Il est possible qu’en fait les lecteurs soient tous un peu fêlés et qu’un phénomène d’héliotropisme influe sur leurs achats livresques. Ou, plus pertinemment, l’imminence des grandes vacances poussent les maisons d’édition à se mettre en ordre de bataille.

Les nouveautés fun et divertissantes sortent plutôt entre le printemps et l’été. Ce qui laisse le temps aux maisons d’édition de faire de la publicité, de la présence à l’esprit… Et quand vos vacances arrivent, vous êtes déjà prêts à courir chez votre libraire pour acheter ces livres-là. C’est un phénomène qui se conforte chaque année (quand le monde n’est pas frappé par une épidémie mondiale) et qui se voit sur les meilleures ventes en juillet et août. Non pas que les lectrices et les lecteurs soient des moutons. Mais les nouveautés disponibles et la curiosité naturelle du lectorat finissent fatalement par se télescoper.

Le même phénomène est observable à d’autres moments de l’année. Les grands noms du thrillers sortent plutôt leurs nouveaux livres à l’automne, après la rentrée littéraire mais avant Noël. Il faut dire que le polar reste le genre qui vend le plus de livres dans le monde, et Noël est un temps fort important pour les ventes de livres.

Alors : saisons ou pas saisons pour la lecture ?

Du coup, suis-je vraiment la maîtresse de mon désir de lecture ? Vaste sujet qui mériterait bien quatre heures de dissertation pendant le Bac de philo ! Je pense que, malgré moi, je suis effectivement très réceptive à ces effets de calendrier. Et c’est probablement dû au fait que je tiens ce blog.

Longtemps, mon rapport à la lecture était totalement libre de toute contrainte calendaire. Je ne m’intéressais pas aux nouveautés, sauf quelques rares cas d’auteur.e.s que je suivais fidèlement. Pour le reste, je choisissais mes lectures au hasard, en furetant dans les libraires. Je n’avais aucune conscience réelle du rythme de publication des maisons d’édition.

Je pourrais être tentée de regretter cette époque-là. En me bornant à des découvertes de hasard et à des envies passagères, j’ai fait de très belles découvertes. Et surtout, j’étais alors une lectrice beaucoup plus ancrée dans le moment présent. A présent, je suis beaucoup plus dans l’attente, dans l’anticipation de telle ou telle parution prévue pour dans deux mois. Est-ce que c’est une mauvaise chose ? Pas vraiment. J’aime cette trépidation. C’est un autre rapport à la lecture. Un rapport dans lequel il y a l’attente, le plaisir de l’attente, le désir de la lecture qui grandit avant la parution du livre… Et faire la course aux nouveautés m’a aussi permis de faire de très belles découvertes, quitte à sortir parfois (régulièrement en fait !) des sentiers battus.

7 réflexions sur “Y’a-t-il des saisons pour les genres littéraires ?

  1. Ma Lecturothèque dit :

    Il n’y a pas le corps de l’article 😉 Mais je réponds moi aussi : avant, je privilégiais les thrillers l’été, et arrivée en fin d’année je lisais beaucoup de fantasy. Toutefois, plus le temps passe, et moins j’ai de saison particulière pour lire les livres. Bon, je mentirai si je disais que je lis des bouquins qui se passent à Noël au plein cœur de l’été, mais comme j’en lis de base très peu, c’est à peine si ça compte ^^

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  2. chataigneaucoindufeu dit :

    Coucou, je suis tout à fait pour les lectures saisonnières ! Je trouve qu’on rentre plus vite dans l’ambiance du livre et ça c’est vraiment chouette ! Ça m’arrive des fois de ne pas lire quelque chose qui se marie parfaitement avec la saison mais quand le livre est trop tentant, je craque :D, top ton article 😉

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  3. Petite Plume dit :

    Personnellement, je ne choisis pas vraiment mes lectures en fonction des saisons, sauf pour l’hiver où j’aime me concocter une PAL avec des romances de Noël ou des livres se déroulant dans des pays froids ! Et à l’approche de l’été en général je lis davantage de feel-good et de romans dépaysants, une envie de vacances et de légèreté !

    Je trouve que les maisons d’édition jouent de plus en plus le jeu des saisons notamment en traduisant des séries de livres qui se déclinent selon les saisons (Noël, Eté etc) type La petite boulangerie du bout du monde ou La librairie des cœurs brisés.

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    • Alivreouvert dit :

      C’est totalement vrai : on a une offre beaucoup plus large maintenant pour ce type de livres. Et moi aussi, ça me donne envie de faire des PAL thématiques, surtout à l’approche de Noël parce que c’est ma période préférée de l’année.

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