Masked Ball at Broxley Manor, roman policier de Rhys Bowen

Vous connaissez peut-être le nom de Rhys Bowen car la romancière est à l’origine d’une excellente série policière : Son Espionne Royale. Dans cette série de romans policiers, on suit une cousine éloignée et désargentée de la famille royale britannique dans les années 1930. Goergie est une fille aussi futée et drôle qu’elle est gaffeuse. Sa propension à toujours arriver première dans les concours de circonstances fait d’elle une enquêtrice hors paire. Heureusement, elle est régulièrement aidée par sa meilleure amie Bellinda, une dilettante professionnelle qui dessine des robes de soirées et collectionne les hommes, ainsi que par l’énigmatique Darcy O’Mara, un type qui ressemble à un espion mais dont on ne sait en fait quasiment rien. Les trois premiers tomes de la série sont parus en France. Masked Ball at Broxley Manor est le prequel de la série, et il reste inédit en France pour l’instant.

Alors que sa saison londonienne tire à sa fin, Lady Georgiana est partagée entre le soulagement de pouvoir enfin quitter Londres pour rentrer chez elle, en Ecosse, et une pointe d’amertume en constatant qu’aucun bon parti n’a attiré son œil. Mais pas de quoi démoraliser Georgie, qui n’est pas du genre à se laisser abattre ! D’autant qu’elle vient tout juste de recevoir une invitation surprenante : un bal masqué de Halloween à Broxley Manor. Toute la fine fleur de l’aristocratie sera présente, y compris un mystérieux prince étranger, dont la rumeur prétend qu’il serait un peu fêlé. Pour Georgie, les choses sont claires : la reine tente de jouer les marieuses en la fourrant dans les bras d’un bon parti. Même si elle ne compte pas se laisser faire, Georgie se rend tout de même à Broxley Manor. Mais à la faveur de l’ambiance de Halloween et des masques, la soirée réserve pas mal de surprises… y compris une rencontre avec un homme et une tentative d’assassinat !

Officiellement Son Espionne Royale mène l’enquête est le premier tome de la série policière de Rhys Bowen. En fait, il semble que son éditeur lui a demandé d’imaginer un prequel, probablement pour surfer sur le succès de la saga. La romancière a donc imaginé de nous raconter un moment marquant de la saison de Georgie dans le monde. Ce rituel social qui vise à trouver un bon parti aux filles de bonnes familles a un côté foire aux bestiaux très rétrograde. Mais dans la série, c’est aussi l’échec de cette saison qui explique pourquoi Georgie n’est toujours pas mariée et pourquoi elle doit absolument subvenir à ses besoins.

Donc l’idée de raconter cette fameuse saison catastrophique était une bonne idée au départ. On retrouve Georgie, toujours aussi drôle et vive, et son frère et sa belle-sœur font aussi de brèves apparitions au début de cette histoire. Si vous avez déjà lu des romans de cette série, vous savez aussi que le fait que la reine joue régulièrement les entremetteuses en présentant Georgie à des princes étrangers tous plus fêlés les uns que les autres est devenu une sorte de fil rouge humoristique. Cette fois encore, on tombe sur un sacré numéro.

Mais c’est à peu près tout ce qu’il y a de positif à dire de cette histoire. Cette nouvelle se lit très vite, mais de tout façon il n’y a pas vraiment d’histoire policière, pas d’intrigue à résoudre, pas d’enquête à mener. Le seul moment intéressant est la rencontre de Georgie avec un homme qu’elle ne connait pas encore. Mais le lecteur attentif n’aura aucun mal à identifier ce prince de minuit. Une rencontre qui ne débouche sur rien, et dont l’intérêt est donc plutôt réduit.

Si vous avez aimé les enquêtes de Son Espionne royale, ne perdez pas votre temps en lisant ce prequel. Masked Ball at Broxley Manor ne présente aucun intérêt en terme d’intrigue. Cette histoire n’a rien de plus à dire sur le personnage, et on ne peut pas dire qu’il fasse honneur aux talents de conteuses de Rhys Bowen, même s’il reste de bonne facture. Le fait qu’il n’y ait pas d’intrigue à proprement parler est quand même un sacré problème pour une histoire policière ! Et d’une façon générale, ça souligne bien que les prequels peuvent être des exercices marketing très sympas… à condition que l’auteur soit inspiré ! Dommage, cette fois, ce n’était visiblement pas le cas.

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