L’Enfer est pavé de bonnes intentions, roman chick lit de Lauren Weisberger

Comme la majorité d’entre vous, j’ai découvert Lauren Weisberger avec son premier roman : Le Diable s’habille en Prada. Depuis, j’ai suivi sa carrière d’auteure en pointillés. Même si je ne suis pas une fan absolue au point d’avoir lu tous ses livres, j’en ai quand même lu un certain nombre. A chaque fois, j’ai plaisir à retrouver le sens de l’humour acide de la romancière américaine, ses personnages déjantés et ses histoires un peu dingues. Surtout, je trouve qu’elle a le don de tourner en ridicule, mais avec habileté et tendresse, les travers de ses semblables. L’Enfer est pavé de bonnes intentions ne fait pas exception. Je dirais même que c’est son roman le plus abouti jusqu’à présent. Un condensé de tout ce que j’aime chez Lauren Weisberger.

Après avoir bossé pendant des années pour Miranda Priestly, le diable qui s’habille en Prada, Emily est partie voguer vers de nouvelles aventures. Elle travaille désormais à son compte, et gère les crises de relations publiques des stars à la dérive. Mais sa jolie carrière est en danger : une rivale lui vole ses clients. Pire : elle fait passer Emily pour une fille dépassée, plus du tout dans le coup. Heureusement, une belle opportunité se présente à Emily. Karolina, une mannequin qu’elle a connu à Runway, est en pleine crise. On l’accuse d’avoir conduit en état d’ébriété. Un traquenard qui semble ne pas être un hasard puisque son ambitieux mari en profite pour demander le divorce, en s’arrogeant la sympathie du public. Une sympathie qui pourrait bien l’aider dans sa course à la Maison Blanche. Pour récupérer la garde de son fils et se venger de ce mari aux dents longues, Karolina engage Emily. Une alliance complétée par la talentueuse Miriam, une avocate devenue femme au foyer dans une banlieue chic… mais terriblement ennuyeuse. A elles trois, elles vont montrer que les desperate housewives aussi savent se battre.

Quand j’avais lu Le Diable s’habille en Prada, j’avais eu un énorme coup de cœur pour le personnage d’Emily. C’était un personnage très fort, complètement déjanté, un peu méchant mais qui assumait totalement son rôle de fille exécrable. Eh bien, rien n’a changé ou presque dans ce nouveau livre. On retrouve avec joie une Emily en grande forme… même si sa carrière et son couple sont en pleine crise.

Dès le début de la lecture, je me suis sentie en terrain connu grâce à la présence d’Emily. Les deux autres personnages féminins sont nouveaux, mais on ressent tout de suite beaucoup d’affection pour Karolina et Miriam. Ce sont toutes les deux des femmes fortes (même si elles sont moins caractérielles qu’Emily !), intelligentes, bourrées d’énergie et vraiment attendrissantes. Elles traversent, chacune à sa façon, une crise profonde et hésitent sur le chemin à emprunter. Les défaillances de leurs vies les amènent à se remettre en question, à douter, et à se confronter à leurs plus grandes peurs.

Car si l’intrigue principale tourne autour du divorce mouvementé de Karolina, l’histoire est en fait racontée à trois voix. On suit Emily, Miriam et Karolina pendant plusieurs mois durant lesquels elles rebâtissent leurs vies professionnelles et personnelles. Au fil des rencontres et des épreuves, leur lien se renforce et c’est leur amitié qui leur permet de dépasser toutes les difficultés.

L’Enfer est pavé de bonnes intentions est un livre qui interroge avec pertinence le parcours semé d’embûches des femmes qui font carrière tout en ayant une vie de famille. Un livre qui tombe à pic après avoir parlé dans les médias de la charge mentale des femmes et du mouvement MeToo. Mais c’est aussi un livre de divertissement bourré d’humour qui montre l’envers du décor des banlieues chics. Non, les gentilles femmes au foyer ne passent pas leurs journées à prendre le thé et faire des réunions Tupperware. C’est plutôt tequila, sport à gogo et ragots sur la chirurgie esthétique !

Le nouveau roman de Lauren Weisberger est à la fois le plus drôle et le plus pertinent que j’ai lu. Je crois qu’elle a vraiment trouvé le style qui lui convient le mieux. Elle parvient à montrer le cynisme de notre société, les travers de femmes obsédées par la perfection et pourtant qui manquent cruellement de confiance en elles et leurs propres capacités. Et elle fait tout ça en jonglant habilement avec l’humour et le suspens, tout en apportant une touche de tendresse. Rien n’est jamais totalement méchant, pas même la terrible Miranda qui sait aussi, de temps en temps, sauver les situations désespérées.

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