La légende de Sleepy Hollow, nouvelle de Washington Irving

Aujourd’hui, je vous parle d’une énorme déception. Eh oui, cette chronique commence bien ! Depuis longtemps, j’avais envie de lire la nouvelle de Washington Irving, La légende de Sleepy Hollow, qui a servi de source d’inspiration pour le film éponyme signé Tim Burton. Et comme parfois le hasard fait bien les choses, l’occasion de lire ce texte s’est finalement présentée il y a un mois, lorsque les éditions Folio ont publié le texte en question dans leur collection des classiques à 2 euros. Et comme il s’agit d’un texte court (c’est une nouvelle), je n’avais aucune excuse pour ne pas glisser ce titre entre deux autres lectures. Malheureusement pour moi, l’enthousiasme du début a rapidement laissé place à la déception…

Au tout début du XIXe siècle, l’état de New York, sur la côte Est des Etats-Unis, vit encore au rythme du folklore hollandais hérité des premiers colons. Un héritage riche de nombreuses traditions qui se trouvent notamment dans certaines vallées reculées qui bordent les rives du fleuve Hudson. C’est dans l’un de ces lieux paradisiaque que le jeune Ichabod Crane, un paisible instituteur, a trouvé des élèves pour employer ses talents de pédagogue. C’est aussi là que vit la douce Katrina Van Tassel, une jeune fille d’une grande beauté dont le père est l’un des notables les plus importants de la région. Fou amoureux de Katrina, Ichabod décide de lui faire la cour… mais il ignore que dans l’ombre, des forces obscures complotent contre lui. Et la légende du cavalier sans tête pourrait bien ressurgir quand on s’y attend le moins !

Pour une fois, c’est très difficile pour moi de vous résumer une histoire… parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire ! La nouvelle de Washington Irving, La Légende de Sleepy Hollow, est très courte : à peine une cinquantaine de pages. Et malheureusement, elle n’est pas très riche côté intrigue. Comme dans le cas du Hobbit, il faut souligner que les adaptations cinématographiques ont bien du mérite d’avoir tiré une histoire complète à partir d’un matériel aussi peu riche.

En fait, je suis très dure avec ce livre car j’ai vraiment été désagréablement surprise par l’histoire. Ayant vu le film de Tim Burton, je m’attendais à retrouver une intrigue autour du cavalier sans tête. Je savais qu’il y avait des différences entre le livre et le film… mais à ce point-là ! En fait, les scénaristes du film ont eu l’idée d’utiliser l’un des thèmes de la nouvelle de Washington Irving pour ensuite venir broder leur propre intrigue. Le résultat, c’est une histoire passionnante qui tient la route.

Dans cette nouvelle, il n’y a pas d’intrigue à proprement parler, et l’ensemble ressemble à un mauvais tour. Alors pourquoi ce texte est-il si célèbre aux Etats-Unis ? Tout simplement parce qu’il appartient à la première génération de la fiction américaine. Avant le XIXe siècle, il n’y avait pas grand chose dans la littérature américaine, et surtout l’héritage culturel du pays était très peu représenté… probablement parce qu’il était trop jeune. Dans ce texte, la seule partie fascinante concerne les moments où Washington Irving aborde l’héritage culturel hollandais, très palpables dans les communautés rurales de la côte Est à cette époque. Un héritage qui a perduré de nos jours sous la formes de festivals, de musées et de contes. Cet héritage se fonde surtout sur les mythes et les légendes, à commencer par les histoires de sorcellerie qui étaient monnaie courante dans cette partie des Etats-Unis. Cette fascination pour les histoires d’esprits, de revenants et d’êtres démoniaques est très intéressante, et elle rappelle un peu le folklore qu’on peut trouver dans certaines régions françaises (je pense notamment au folklore lié aux sorcières dans le Berry).

Malheureusement, même si ces éléments historiques et culturels sont intéressants, ils ne sont pas suffisants pour garder l’intérêt du lecteur intact. Et ils ne parviennent pas à faire oublier l’inconsistance de l’intrigue. Sans compter que le personnage principal, Ichabod Crane, est un type absolument détestable pour lequel il est impossible de se prendre d’affection. Autant dire qu’on accumule les points négatifs !

Vous l’aurez compris, cette lecture a été une très mauvaise expérience. Pour une fois il est juste de dire que le film est meilleur que le livre, et de beaucoup ! Pour être honnête, les deux n’ont pas grand chose à voir. Globalement, je ne vois pas quels lecteurs pourraient être intéressés par ce livre. Peut-être des personnes qui sont vraiment très curieuses de la culture américaine ? Pour tous les autres, passez votre chemin, vous n’avez rien manqué.

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4 commentaires pour La légende de Sleepy Hollow, nouvelle de Washington Irving

  1. Bénédicte dit :

    Mince… bon au moins tu auras tenté. Je vais écouter ton conseil et passer mon chemin pour celui-ci !

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  2. J’ai lu Rip van Winkle du même auteur et c’est pareil, l’intrigue est très ténue…

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