Je m’appelle Lucy Barton, roman d’Elizabeth Strout

En ce mois de septembre synonyme de rentrée littéraire, j’ai essayé de faire preuve de méthode : j’ai surfé sur les sites des maisons d’édition, grandes ou petites, j’ai dressé une liste de tous (oui, tous !) les livres qui me semblaient intéressants, et ensuite le bon sens est entré dans la pièce : je n’aurais jamais la possibilité et/ou le temps de tout lire ! Alors j’ai repris ma liste, je suis allées en librairie pour voir « en vrai » les nouveautés et j’ai dû me lancer dans un choix drastique. Pendant la rentrée littéraire, choisir ses lectures ressemble assez au jeu de la roulette russe : on n’est pas certain de s’en relever indemne. Tout ça pour dire que le roman d’Elizabeth Strout a été sur toutes mes listes car j’étais vraiment très attirée par le résumé ainsi que par ce titre en forme d’ouverture de dialogue : Je m’appelle Lucy Barton. Oui, mais qui êtes-vous Lucy ?

Lucy est à l’hôpital. Le moral n’est pas très bon, d’autant que les médecins ne savent pas vraiment de quoi la jeune femme souffre. Mais plus que la maladie, c’est la séparation d’avec sa famille qui la fait souffrir. Ses deux filles sont à la maison avec une baby-sitter, son mari travaille… tout le monde vit dans le monde sauf elle, coincée sur un lit d’hôpital. C’est alors qu’elle reçoit la visite surprenante de sa mère. Les deux femmes ne se sont pas vues depuis une quinzaine d’années. Elles n’ont eu que de brefs contacts par téléphone, mais seulement pour parler de la pluie et du beau temps. Elles n’ont jamais parlé des raisons qui ont poussé Lucy à quitter ses parents et sa petite ville de province pour ne jamais revenir. Au fur et à mesure que les deux femmes s’apprivoisent et se redécouvrent, c’est l’enfance qui vient visiter le chevet de Lucy…

Si vous cherchez un roman sur les grands espaces, ou une comédie où on rit à chaque page, où un policier avec des rebondissements toutes les cinq minutes, alors passez votre chemin car ce livre n’est rien de tout ça. Je m’appelle Lucy Barton est un roman délicat et fragile, un portrait de femmes en forme de dialogue entre deux personnages qui, sans être extraordinaires, sont tout de même capables de captiver la curiosité du lecteur.

Au début, j’ai trouvé ce livre un peu moi. Puis je me suis prêtée au jeu, à cette découverte en forme d’enquête où on doit recoller les pièces du puzzle pour comprendre l’histoire familiale de Lucy. Au fil des pages, on apprend à la connaitre, on la plaint, on s’attache à elle, on commence à l’aimer et à poser un regard bienveillant sur son parcours. Elizabeth Strout évoque avec beaucoup de délicatesse les souffrances de la vie, particulièrement la misère et les abus auxquels les plus fragiles peuvent être exposés. L’enfance de Lucy n’a rien d’un doux rêve : c’est un monde dur de coups, de privations, d’humiliations et de solitude. Une violence qui ne dit pas son nom mais qui appose sur la petite fille sa marque indélébile.

Par les sujets qu’il aborde, ce livre est assez ambitieux. Pourtant, il propose une forme très simple avec des scènes de dialogues assez courtes entre les deux femmes. Du coup, malgré la difficulté de bien cerner le sujet au départ, on se prend facilement au jeu et on embarque facilement dans ce voyage dans le passé. Je m’appelle Lucy Barton n’est pas le roman le plus enthousiasmant de cette rentrée littéraire, mais il dévoile une belle histoire, sans happy end, loin des clichés. Juste le beau portrait d’une femme et de sa mère en équilibre entre les souffrances du passé et l’espoir de l’avenir.

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6 commentaires pour Je m’appelle Lucy Barton, roman d’Elizabeth Strout

  1. Folavril dit :

    De cette auteure je me rappelle avoir beaucoup aimé Amy et Isabelle 🙂 je lirai peut-être ce nouveau roman, à voir!

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  2. Ping : Citation Je m’appelle Lucy Barton | A livre ouvert

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  4. Louise dit :

    Je te remercie pour ce partage. Je ne connaissais pas cette auteure, mais je sens que je vais y remédier (rire). De plus, ce roman a l’air intéressant et j’aime bien ce genre d’intrigue.

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