Le Refuge des souvenirs, roman de Mary Marcus

Livre chroniqué par Julie.

Auteur américaine évoluant aujourd’hui entre Los Angeles et Long Island, Mary Marcus a grandi au cœur de la Louisiane profonde. Elevée par la femme de ménage de couleur de sa mère, dans les dernières années de la ségrégation, c’est dire si elle connaît le sujet de son roman, Le refuge des souvenirs ! Deuxième roman écrit par cette Américaine ayant évolué dans les domaines de la mode et de la publicité, Le Refuge des souvenirs est le premier à être publié en France.

Au début des années 1990, Mary Jacob, auteur pour enfant reconnue, revient en Louisiane pour retrouver son père sur le point de mourir. Enfant mal aimée, elle a été élevée par Lavina, la domestique noire de la famille, en pleine période de ségrégation. Cette dernière est tuée à l’été 1963 lors d’incidents raciaux, provoquant le départ de la petite fille de 12 ans en pension, loin de chez elle. Depuis lors, Mary Jacob a fait un black out total sur cette période, oubliant ces évènements tragiques et leurs conséquences. De retour sur sa terre natale et confrontée à Billy Ray, le fils de Lavina, va-t-elle enfin retrouver la mémoire ? Va-t-elle parvenir à faire la paix avec ce passé trouble et avec sa famille ?

Roman sociétal, Le refuge des souvenirs a tout pour plaire… sur le papier ! L’auteur nous plonge assez rapidement dans l’ambiance de la Louisiane, que ce soit dans les années 1990 ou dans les années 1960, et nous fait véritablement ressentir la tension raciale existante à toutes les époques. Je n’ai eu aucun mal à imaginer les lieux et l’ambiance qui y régnait, car on sent que Mary Marcus maîtrise très bien son sujet et en a fait l’expérience. Mention toute particulière à toute la partie qui remonte dans le passé, lors de ce fameux été 1963, qui est surement mon passage préféré dans tout le livre.

Si la lecture est agréable, avec une écriture qui glisse facilement, je n’ai cependant pas réussi à me passionner pour ces personnages et leur histoire. L’auteure a pris le parti de rédiger à trois voix, celle de Mary Jacob, celle de Billy Ray et celle de Lavina, outre-tombe, ce qui est intéressant et offre de la dynamique au récit, mais elle a oublié de répondre à toutes les questions que son histoire soulève chez le lecteur.

On peut reprocher à Mary Marcus de ne pas être allée au bout de son récit et de ses interrogations. Le roman est assez lent à démarrer, pour offrir une fin rapide et un peu bâclée, ce qui est vraiment dommage. J’aurais aimé aller plus loin dans la reconstruction de ces personnages brisés et en mal d’amour et de reconnaissance.

Les passionnés de ce genre d’histoires ou ceux qui ont été emballés par La couleur des sentiments, qui traite le même sujet, seront déçus par ce roman qui manque d’aboutissement. Ici, Mary Marcus ne va pas au bout de sujet et passe à côté de son histoire, même si l’on passe tout de même un moment agréable lors de la lecture.

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