L’Année du flamant rose, roman d’Anne de Kinkelin

l_annee_du_flamant_roseChaque année, les éditions Charleston organisent un concours d’écriture (ce qui, en soit, est une idée absolument géniale !) et publient le livre qui gagne à la fin. Sauf qu’en 2016, un livre du concours a vraiment tapé dans l’oeil du jury. Et même si finalement il n’a pas gagné, Charleston a décidé de lui donner sa chance en le publiant dans leur format semi-poche. C’est donc comme ça qu’un matin, après le passage de mon facteur, je me suis retrouvée avec entre les mains un joli livre avec un flamant rose en couverture. Avec ce premier roman, Anne de Kinkelin se lance un sacré défi : raconter une année dans la vie de trois amies. Mais L’Année du flamant rose va réserver pas mal de surprises aux trois femmes.

Louise est en pleine crise. Son mariage est en train de voler en éclats, son travail de créatrice de bijoux est en perte de vitesse car elle n’a plus d’inspiration, elle ne se remet toujours pas de la mort de son père, et elle se pose beaucoup de questions sur sa vie, dont elle sent bien qu’elle lui échappe un peu. Heureusement, en cas de coup dur, elle peut toujours compter sur Ethel et Caroline, deux collègues artisans qui ont leur boutique dans le même passage parisien que Louise. A elles trois, les amies se serrent les coudes. Pourtant, Ethel et Caroline aussi traversent des passes difficiles et ont du mal à avancer dans leur vie. Le jour où Louise dégote un flamand rose et le place dans sa boutique, cet ange-gardien un peu bizarre amène un petit supplément d’âme aux lieux. Et sous son regard bienveillant, une année entière va passer, révélant des opportunités mais aussi parfois des déceptions pour chacune des trois amies.

Juste parce que L’Année du flamant rose était finaliste pour le prix du livre romantique, je ne voudrais pas que vous pensiez qu’il ne s’agit que d’une histoire d’amour. Parce que non, pas du tout ! Anne de Kinkelin a beaucoup plus d’ambition pour son histoire, et plus qu’une histoire d’amour, il s’agit d’une histoire de libération. Ce qu’elle veut, c’est montrer le cheminement de trois personnages qui vont reprendre leur vie en main.

Je dois dire que globalement, L’Année du flamant rose a été une lecture surprenante à bien des égards. C’est même un roman qui m’a un peu désarçonné. Je m’attendais à un certain type d’histoire, un feel-good book un peu balisé et prévisible. En fait, le roman d’Anne de Kinkelin ne se place pas franchement dans cette catégorie. Déjà parce qu’il se révèle très surprenant dans son déroulement, dans ses intrigues, dans les enjeux auxquels font face les personnages. Mais aussi à cause de l’écriture même de l’auteure.

Anne de Kinkelin dévoile une écriture très originale, très subtile, basée essentiellement sur une perception délicate du monde, sur les petits détails, les émotions profondes de ses personnages. On a vraiment l’impression de pénétrer à l’intérieur de la tête de chacune des trois femmes, mais surtout de Louise qui est le personnage principal. On a droit à une vraie vue subjective de l’histoire, et ça renforce le sentiment de proximité (d’intimité même) qu’on éprouve pour les personnages à la lecture.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, on découvre rapidement beaucoup de choses sur les personnages. Du coup, on comprend bien que le sujet principal n’est pas seulement l’amour de l’autre mais aussi l’amour de soi. L’idée de livre, c’est de montrer trois femmes qui doutent d’elles-mêmes, qui n’osent pas se lancer pour changer leur vie et en faire ce qu’elles souhaitent. Mais le déclic va arriver pour chacune des trois, et ensuite elles vont devoir faire des choix et les assumer. En cela, je dirais qu’on est loin du roman féminin classique (ce qui est une très bonne chose) et qu’on se dirige vers un autre genre, plus dur à définir, qui tiendrait peut-être plus du conte philosophique.

En revanche, je dois dire que je suis complètement passée à côté de la fin du roman. Pour le coup, c’est une fin assez surprenante, mais je ne m’attendais tellement pas à ça que je suis un peu restée sur ma faim. La fin est volontairement ouverte et abrupte, et chaque lecteur peut se faire sa propre idée, mais c’est presque trop ouvert pour moi et j’aurais voulu quelque chose de plus classique à la fin. C’est certainement parce que je suis habituée à être satisfaite par la résolution d’une intrigue…

Quoiqu’il en soit, L’Année du flamant rose est un roman très intéressant. En le lisant, on comprend bien pourquoi les éditions Charleston ont eu l’envie de lui donner sa chance. Le roman d’Anne de Kinkelin est surprenant et il sort vraiment des sentiers battus en matière de roman féminin. Je suis sincèrement très curieuse de voir ce qu’elle écrira ensuite.

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