Muse, roman de Jonathan Galassi

musePetit à petit, je commence à écluser mon stock de livres de la rentrée littéraire 2016. C’est qu’il y avait tout de même beaucoup de romans à lire ! La lumière est enfin au bout du tunnel, et j’ai enfin pu lire le roman de Jonathan Galassi, Muse. Ce livre avait attiré mon attention car je ne connaissais pas l’auteur, et surtout le livre se proposait de nous faire plonger dans les coulisses des maisons d’édition new-yorkaises. De quoi susciter la curiosité de n’importe quel lecteur ou presque. Par ailleurs, il faut préciser que Muse est un premier roman, et en général ce sont des livres dans lesquels on peut faire de belles découvertes. En même temps, l’auteur n’est pas vraiment un petit nouveau car Jonathan Galassi est vraiment éditeur dans la vraie vie. Et là, vous commencez à vous dire que la réalité et la fiction vont être drôlement mêlés dans ce livre : vous avez raison !

Paul est éditeur dans une maison d’édition à New York. Pas la plus grande ni la plus prestigieuse, mais tout de même une maison avec une solide réputation (et un patron un peu dingue). Rien ne prédestinait ce jeune homme issu d’une famille modeste à se lancer dans des études de littérature et à se passionner pour la plus grande poétesse de langue anglaise : la très mystérieuse Ida Perkins, qui fuit les journalistes et se terre à Venise. La vie de Paul va basculer grâce à des carnets bien mystérieux rédigés par un ancien proche d’Ida. Les carnets sont codés mais leur contenu pourrait bien mener à la révélation d’un grand secret concernant l’icône de la littérature américaine. En fouillant dans le passé de l’auteure, c’est aussi toute une tranche de l’histoire de l’édition new-yorkaise que Paul va découvrir.

Je ne veux pas trop vous mettre l’eau à la bouche avec ce résumé car disons-le franchement : on est loin de la course au trésor. Si ce livre offre effectivement une partie de cache-cache avec un auteur mythique, n’allez pas pour autant vous imaginer qu’il s’agit d’un grand roman d’aventure genre Indiana Jones. On en est loin ! Le propos de ce livre, c’est de montrer les coulisses de l’édition et de mettre à nu les personnes qui font éditer les livres que nous aimons. Ces étranges intermédiaires entre les auteurs et le public, à la fois passionnés et blasés mais qui restent toujours dans l’ombre. A ce titre, le livre offre des perspectives très intéressantes sur un milieu qui est loin de l’image de rêve que les lecteurs peuvent s’en faire.

Jonathan Galassi donne à voir un milieu dans lequel la passion littéraire se dispute avec les intérêts personnels. Un monde un peu aride dans lequel les idéalistes n’ont pas forcément leur place. Dans ce milieu interlope, il est dur de se faire une place et les coups bas peuvent pleuvoir. Un éditeur est prêt à tout pour avoir l’auteur qu’il veut, et les auteurs « perdus » à la concurrence finissent par devenir des cauchemars qui le hantent. Difficile de faire la part des choses quand on est si près des étoiles de la littérature mondiale.

Toute cette partie de l’histoire de Muse m’a beaucoup intéressée, et notamment la manière dont Jonathan Galassi construit le mythe de l’écrivaine Ida Perkins, véritable figure tutélaire de ce livre. On n’arrive plus à distinguer la réalité de la fiction, et le lecteur en vient à se demander si elle existe vraiment, si les poèmes reproduits dans le livre sont effectivement extraits d’un recueil existant ou si Jonathan Galassi les a inventé pour les besoins de son roman. Le trompe-l’oeil est saisissant et fonctionne à merveille. Il met en place un effet miroir dans lequel le lecteur ne peut que se perdre.

Là où j’ai été moins séduite par ce livre, c’est dans son écriture. Jonathan Galassi est peut-être éditeur, mais comme auteur de roman, il lui manque quelque chose d’essentiel : de l’entrain. Il y a des passages qui traînent en longueur inutilement et parfois ça manque un peu de dialogue pour injecter un peu de dynamisme à l’ensemble. Cette écriture risque de rebuter certains lecteurs, donc je vous conseille vraiment de « tester » le livre en librairie pour voir si vous êtes à l’aise avec ce type d’écriture. Evidemment, comme l’histoire est prenante, je me suis accrochée mais je trouve quand même que c’est une faiblesse qui mérite d’être soulignée.

Muse est donc un roman intéressant, malgré une écriture pas toujours à la hauteur. Les lecteurs très curieux d’en savoir plus sur le milieu de l’édition ne seront pas déçus du voyage. Jonathan Galassi dresse un portrait pas toujours flatteur des éditeurs, mais il leur rend aussi toute leur humanité, insistant bien sur l’effet vertigineux que peut avoir la proximité avec les auteurs. Ce n’est pas le livre choc qu’on aurait pu attendre, mais il n’en est pas moins intéressant.

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2 commentaires pour Muse, roman de Jonathan Galassi

  1. Je suis intriguée par ce milieu de l’édition !

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