La bibliothèque de l’Arsenal et l’amour des manuscrits

Bibliothèque de l'Arsenal

Mardi dernier, j’ai eu le plus beau de tous les cadeaux de rentrée qu’on pouvait me faire : j’ai été invitée à me rendre à une présentation à la bibliothèque de l’Arsenal. Située dans le 4e arrondissement de Paris, à deux pas des bords de Seine et pas très loin de la mairie de Paris à vol d’oiseau, le lieu n’est habituellement pas ouvert au public. Mais ce jour-là, nous étions quelques uns à avoir une permission spéciale grâce aux éditions de L’Iconoclaste qui publient conjointement avec la BNF un superbe ouvrage : Aimer l’amour, l’écrire. Au programme : les plus beaux manuscrits amoureux des plus grands auteurs français. Lettres d’amour ou pages issues de romans en devenir, l’amour est au centre de ce beau livre signé Antoine Compagnon qui paraîtra en octobre prochain. Evidemment, c’était aussi l’occasion de parler de l’amour pour les manuscrits et le formidable patrimoine littéraire français.

Le nouveau livre d’Antoine Compagnon s’annonce passionnant ! Normal, il aborde deux des thèmes qui me sont les plus chers : l’amour et les vieux manuscrits.  Et si le professeur du Collège de France a beaucoup de choses à nous apprendre sur ces manuscrits, il en profite aussi pour partager avec ses lecteurs la passion qui l’anime pour ces traces précieuses du travail des auteurs.

La bibliothèque de l’Arsenal était le cadre idéal pour faire la présentation de ce nouvel ouvrage, et les éditions de L’Iconoclaste n’auraient pas pu trouver un lieu plus magique. Dans l’un des salons aux belles boiseries et aux étagères remplies de livres, nous avons pu en apprendre plus sur le projet de ce livre original. L’idée est simple : présenter la reproduction de 26 manuscrits originaux signés par les plus grands auteurs français depuis la période romantique. De Victor Hugo à Annie Ernaux, en passant par Proust, Zola, Flaubert et tant d’autres, on voyage dans le temps de façon ludique. Antoine Compagnon et Guillaume Fau (le chef du service des manuscrits modernes et contemporains de la BNF) l’expliquent très bien : « C’est à la fois l’histoire littéraire du sentiment amoureux et un parcours dans la collection de la BNF. » A travers ce petit tour du musée, on peut en apprendre beaucoup sur l’évolution de l’écriture du sentiment amoureux mais aussi sur le rapport qu’entretiennent les écrivains à leurs manuscrits.

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Et le temps dort de la matinée a été un moment absolument magique pour moi : la découverte de manuscrits originaux, exceptionnellement sortis de la BNF pour l’occasion. Imaginez sur la grande table en bois : des lettres manuscrites de Victor Hugo à Juliette Drouet, des lettres manuscrites de Juliette Drouet à Victor Hugo, un manuscrit de la main de Zola, les carnets et cahiers de Proust, mais surtout rien de moins que le manuscrit de L’Education Sentimentale !

Au fil des questions qui leur ont été posées, Antoine Compagnon et Guillaume Fau nous ont expliqué comment fonctionnaient les fonds de la BNF, et comment de tels trésors sont arrivés entre les mains de l’institution. Ma surprise fut de découvrir que les auteurs français avaient pris l’habitude de léguer eux-mêmes des manuscrits ou des carnets de notes personnels à la BNF. Le premier a en avoir eu l’idée était Victor Hugo, qui avait ajouté un codicille dans son testament afin de s’assurer que tout ce qui était écrit ou dessiné de sa main serait versé à la BNF. A sa suite, d’autres auteurs comme Zola ont pris les mêmes dispositions. Et c’est déjà très émouvant de constater ce rapport particulier que les écrivains entretiennent avec ces traces de leurs créations, des objets intimes de leur écriture dont ils s’assurent qu’ils soient mis en sécurité.

manuscrit de L'éducation sentimentale

Le regard que porte Antoine Compagnon sur les manuscrits est d’ailleurs d’une passion contagieuse puisqu’il nous montre bien les différentes techniques d’écriture qu’on peut observer au fil des pages de brouillon des auteurs : comment l’écriture se constitue d’abord de ratages, de pages barrées, puis comment elle commence à se stabiliser chez Flaubert ; comment Proust gardait toujours les pages de gauche de ses cahiers pour y inclure les corrections d’écriture…

Ce voyage dans le temps a duré une matinée. Une matinée absolument passionnante pendant laquelle j’ai appris de nombreuses choses et j’ai pu toucher et regarder de près des manuscrits qui appartiennent à l’histoire littéraire française. Des chefs d’oeuvre mais aussi, plus simplement, les traces tangibles du travail de nos plus grands écrivains.

En ressortant de la présentation, j’étais dévorée par la curiosité et j’avais hâte de lire l’ouvrage d’Antoine Compagnon. Tous les lecteurs, je crois, ont un rapport particulier au manuscrit. C’est un rêve de lecteur de penser pouvoir un jour toucher un manuscrit célèbre. Mais c’est aussi l’occasion d’avoir un aperçu de la manière de travailler de ces esprits à part. Et evidemment, quand on ajoute par-dessus tout ça la question amoureuse, on approche du sublime.

Aimer l'amour, l'écrireL’ouvrage s’intitule Aimer l’amour, l’écrire. Il est publié chez L’Iconoclaste en partenariat avec la BNF et sera disponible en librairie le 12 octobre. J’aurais alors l’occasion de vous en reparler plus en détail. Ce qui est certain, c’est que les amoureux des livres ne resteront pas insensibles à cet ouvrage qui est une vraie déclaration d’amour aux livre.

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3 commentaires pour La bibliothèque de l’Arsenal et l’amour des manuscrits

  1. Cela devait être une présentation fabuleuse ! =)

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  2. Natacha dit :

    Ca donne envie, je te jalouse ^^

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