Black Sails : une première saison réussie au cœur de la piraterie

Black-Sails

Ça ne pouvait pas mieux tomber : j’ai enfin visionné la première saison de la sérié anglo-saxonne Black Sails alors même que ce mois de juillet est consacré aux écrivains voyageurs. Je vous ai parlé, en tout début de mois, de Stevenson, et c’est encore de lui que je vais parler aujourd’hui, même si c’est d’une manière indirecte. Car Black Sails n’est autre qu’une adaptation très libre de L’Île au trésor. Pourquoi très libre ? Tout simplement parce que la série se déroule de nombreuses années avant les événements du roman. De quoi titiller ma curiosité et nous faire plonger tous ensemble dans les eaux troubles de la piraterie, le tout dans le cadre idyllique des îles des Caraïbes. Ça vous fait rêver ? Tant mieux car nous embarquons immédiatement !

Nassau est une petite ville des Caraïbes avec ses codes à elle : ceux de la piraterie, du pillage et de la revente de marchandises volées. Bien loin des lois anglaises, la petite île prospère grâce à un trafic bien organisé géré par la famille Guthrie, un père et sa fille, aussi riches que puissants. Et le cœur du système repose sur les bateaux pirates : chaque équipage embarque avec une liste de proies et doit ramener le plus gros butin si les hommes veulent toucher un beau salaire. Dans ce monde d’une violence inouïe, une certaine hiérarchie règne en maître, avec à sa tête les capitaines de navires, des hommes redoutables. Le plus redoutable d’entre eux, le capitaine Flint, a un plan bien arrêté : il veut partir en chasse d’un galion espagnol réputé imprenable pour lui arracher son trésor. Mais son expédition se révèle aussi dangereuse qu’hasardeuse : il lui faut mettre la main sur la feuille de route précise du navire, et il doit aussi faire face à la suspicion de son propre équipage qui n’est pas loin de la mutinerie. Un autre danger, et non des moindres, pourrait bien venir aussi du capitaine Vane, un autre pirate qui souhaite prendre sa revanche sur Flint et est prêt à tout pour arriver à ses fins…

Pas besoin d’être familier avec l’univers de Stevenson pour comprendre cette histoire, même si évidemment vous aurez la satisfaction d’avoir un second niveau de lecture de l’intrigue si vous avez lu L’Île au trésor. Cette série ne se restreint pas au roman, et c’est aussi en ce sens qu’elle est une adaptation libre. Elle se focalise sur le moment où John Silver devient pirate et dans quelles circonstances, des faits qui ne sont pas relatés dans le roman de Stevenson et ça laisse donc une grande marge de manœuvre aux auteurs de la série. L’intérêt de la série est donc de mettre en scène l’univers du roman, mais avec d’autres personnages plus proches de la légende des pirates. C’est un peu comme un univers étendu : on prend plaisir à en découvrir toujours plus sur ce monde de la piraterie.

Pour ce qui est du genre de série, je ne pense pas prendre trop de risque en vous disant que la série est une sorte de croisement très réussi entre l’esprit de Game of Thrones et le cadre de Pirates des Caraïbes. Il y a de la violence et du sexe, mais surtout ce sont les relations de force entre les personnages qui sont au cœur de l’intrigue. De nombreux personnages cachent des choses sur eux-mêmes et leur passé, et on a envie de découvrir qui ils sont véritablement. Les rapports de force ne font que mettre en avant les ambitions personnelles de chacun, avec leurs forces et leurs faiblesses. Du coup, malgré la présence de scènes graphiques, on plonge très facilement dans cette intrigue très prenante.

Cette première saison de Black Sails se focalise sur la quête du galion espagnol l’Urca de Lima et sa précieuse cargaison. Autour de ce projet a priori fou, de nombreux esprits vont s’échauffer et en fait les personnages vont plus ou moins se diviser en deux camps : ceux qui soutiennent le projet et ceux qui sont contre. En toile de fond, on sent bien aussi la présence des navires du roi d’Angleterre qui commencent à représenter une menace pour la piraterie. Car ces hommes (et ces femmes) sont des hors la loi qui risquent la pendaison s’ils se font prendre. Loin d’une image de rêve, la piraterie est ici décrite dans un réalisme plus saisissant que ce que proposent habituellement les films. On en apprend notamment beaucoup sur la « culture » des pirates, la manière dont les choses fonctionnent à bord et la façon dont ces hommes sont parvenus à exercer cette activité pour le moins dangereuse.

Black Sails Key Art Shoot 2015

Outre une intrigue solide et un contexte historico-littéraire passionnant, ce qui fascine dans Black Sails, ce sont évidemment ses personnages. Au premier rang desquels je citerai le capitaine Flint, incarné par l’excellent Toby Stephens. On passe toute la saison à se demander si c’est un héro ou un monstre sans finalement parvenir à une réponse satisfaisante. Ce personnage dense et riche offre à lui seul un bon résumé de l’histoire : la morale est laissée loin derrière dans le sillage d’une histoire qui ne cherche pas à faire dans la dentelle. A ses côtés, on découvre d’autres personnages troublants ou attachants : Billy, le quartier-maître est assez attachant car il a des principes et tente de les sauver dans un monde qui le pousserait plutôt à les renier au profit du pouvoir et de l’argent ; Jack Rakham, le quartier-maître de Vane est un personnage extrêmement drôle et un peu décalé par rapport au reste des personnages. Ce beau-parleur n’a pas son pareil pour mener les missions diplomatiques, mais ce don peut aussi lui jouer des tours. Enfin, le personnage de John Silver, à mi-chemin entre l’espion génial et l’aventurier amateur, n’en finit pas de surprendre les spectateurs grâce à ses dons pour la manipulation et la survie.

C’est dommage que Black Sails ne soit pas plus connue en France. La série (diffusée sur OCS) est une très belle découverte. Si vous avez aimé Game of Thrones, il y a fort à parier que vous serez séduit par cette production ambitieuse et dépaysante. Le simple fait de présenter une série sur des pirates donne déjà une idée de l’originalité du projet. On découvre une histoire haletante et des personnages très réussis, le tout avec des visions de plages de sable fin qui font bien plaisir au moral !

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4 commentaires pour Black Sails : une première saison réussie au cœur de la piraterie

  1. Oh tiens ça me tente beaucoup et je pense que mon copain serai intéressée aussi =) Merci de la découverte !

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  2. Vitany dit :

    J’ai bien aimé les quelques extraits que j’en ai vu, ça fait un moment que j’ai envie de tenter cette série…
    Par contre, vous ne parlez pas du tout des personnages féminins (assez importants qui plus est) ?

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    • Alivreouvert dit :

      Les personnages féminins ne sont, à mon avis, pas aussi intéressants qu’ils peuvent l’être dans d’autres séries, et je dirais d’ailleurs que c’est l’un des seuls reproches que je fasse à cette série. Il ne manquerait pas grand chose pour en faire des personnages denses et intéressants, mais on ne décolle pas trop des clichés habituels. Peut-être que dans les autres saisons les personnages féminins prennent plus d’ampleur… Malgré cette « faiblesse », la série est d’une grande qualité. Bon visionnage !

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