Le Faubourg, roman d’Edward Carey

Le-FaubourgC’est d’un roman un peu atypique que je vais vous parler aujourd’hui. Un roman pas comme les autres qui invite le lecteur à embarquer dans un monde fascinant, riche en imagination, et au style tellement unique que c’est quasiment impossible de le comparer avec un autre livre. Ce livre, c’est le deuxième tome de la trilogie des Ferrailleurs, écrite par le romancier britannique Edward Carey. Après Le Château paru l’année dernière, Grasset nous fait découvrir cette année cette suite tant attendue : Le Faubourg. Et après une année d’attente à trépigner devant ma bibliothèque, forcément j’avais de grandes attentes pour ce livre. Sa lecture était pour moi un petit événement : j’ai passé un grand moment !

Dans le premier tome des aventures des Ferrailleurs, on découvrait Clod, l’un des enfants de la famille Ferrayor. Âgé de 16 ans au début de l’histoire, Clod était le rêveur de cette famille étrange. Toute sa famille vit ensemble dans un château gigantesque et la plupart de ses membres sont bizarre. Clod, par exemple, est capable d’entendre les objets autour de lui parler. Sa famille doit sa fortune et son pouvoir à l’exploitation d’une décharge gigantesque à la limite de Londres. La population alentour est réduite en esclavage et doit se soumettre à la volonté des Ferrayor. C’est par exemple le cas de la jeune Lucy Pennant, qui entre comme servante au château. Incapable de rester à sa place, la jeune fille erre dans les couloirs et fait ainsi la rencontre du jeune Clod. Ensemble, ils découvrent le secret de la famille Ferrayor. Mais cette découverte met leur vie en péril et ils doivent fuir hors du château. Dans ce nouveau tome, on les suit dans leur fuite. Réfugiés parmi la population locale, ils doivent faire profil bas pour survivre et espérer mettre un terme aux agissements de la famille Ferrayor. Il faut faire vite car un grand danger menace la ville, et la vie de tous les habitants du faubourg dépendra de la réussite de Clod et Lucy.

Difficile de résumer l’histoire incroyable inventée par Edward Carey. L’univers est si foisonnant qu’on ne sait pas par où commencer. Si vus n’avez pas lu le premier tome, c’est indispensable de le lire avant d’entamer celui-ci sous peine de ne rien comprendre à l’histoire… d’autant qu’au début de ce nouveau livre, nos deux héros ont été transformés en objets ! Clod est devenu une pièce de monnaie et Lucy un bouton d’argile ! Mais ce n’est quand même pas ça qui va stopper nos deux héros ! Et Edward Carey a plus d’un tour dans son sac ; il arrive parfaitement à écrire leurs aventures et à embarquer le lecteur dans cette fantaisie très réussie.

Ce second livre commence sur les chapeaux de roues puisque la fin du premier tome avait laissé nos deux héros réduits à l’état de choses. Le lecteur inquiet attend donc fébrilement de voir comment ils vont s’en sortir, et comment l’auteur va réussir à raconter une histoire passionnante avec un bouton et une pièce d’or comme personnages centraux ! Le contrat est rempli à la perfection car Edward Carey semble parfaitement savoir où il va. Ce livre est la suite immédiate du précédent tome, et personnellement je n’ai pas eu l’impression que ça faisait un an que j’avais laissé cette histoire de côté. J’ai plongé dedans avec une facilité déconcertante, fascinée et curieuse de voir ce que l’auteur allait encore inventer.

Le monde imaginé par Edward Carey est un véritable univers à part entière, avec sa géographie, son histoire, ses personnages, ses codes… On plonge dans un monde tout à fait cohérent, et c’est ce qui donne envie de lire le plus vite possible : pour explorer plus avant cet univers fabuleux.

Si Le Château présentait un monde surprenant et assez drôle à cause de toutes ses bizarreries, Le Faubourg est légèrement différent et laisse planer une atmosphère différente. Le Faubourg nous présente une ville ravagée par la misère, la maladie et la peur. L’inquiétude est présente à chaque page, et on sent bien le danger qui rôde. Non seulement cela permet d’enrichir l’univers et de se démarquer du précédent livre, mais c’est aussi l’occasion pour le romancier de bien faire sentir au lecteur que les enjeux ne sont plus les mêmes, que l’histoire avance et que le danger se rapproche des héros. J’ai été très sensible à ce changement d’atmosphère, et je trouve que c’est une des nombreuses trouvailles du livre qui fonctionnent à merveille.

Et bien sûr, les personnages sont excellents, comme dans le premier tome. Chose intéressante : on ne voit pour ainsi dire aucun des personnages du premier livre. Ils sont restés au château, et seuls Clod et Lucy sont des visages familiers pour le lecteur. Toute la nouvelle galerie de personnages secondaires et de créatures en tous genres est fabuleuses, surprenantes, bizarre à souhait… Bref, je les ai adoré ! On découvre de nouveaux membres de la famille Ferrayor, ceux qui s’occupent du travail de terrain ; ils sont tous plus étranges les uns que les autres !

L’ensemble du livre est pensé comme une course-poursuite car la fuite de Clod et Lucy a donné l’alerte au château. Tout le monde cherche les deux fugitifs, et de leur côté ils tentent de renverser le pouvoir des Ferrayor et de sauver le faubourg d’un danger imminent. Cela donne un côté haletant à la lecture. Le roman se dévore à une vitesse surprenante. Mais surtout, quand je suis arrivée à la fin, j’étais déçue de ne pas avoir tout de suite le troisième tome à lire. La fin du livre laisse planer beaucoup de doute quant à la suite de l’histoire. Sans trop en dévoiler, le lecteur est confronté à un retournement de situation qu’il n’avait pas vu venir. La lectrice que je suis se frottait les mains en imaginant comment les choses allaient tourner dans le dernier tome. Mais pour le savoir, il faudra patienter encore un an. Les éditions Grasset devraient publier l’année prochaine l’ultime livre de cette trilogie de très grande qualité. Finalement, c’est assez rare de tenir dans ses mains une histoire aussi originale que celle-là. Ce roman vaut vraiment le détour, alors allez-y : plongez dans cet univers où le bizarre règne en maître.

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3 commentaires pour Le Faubourg, roman d’Edward Carey

  1. grancher dit :

    J’ai vraiment adoré le tome 1. A vrai dire quand je lis un livre je me plonge rarement à 100 pour cent dans l’histoire. Je me retrouve pendant deux semaines à faire une pause dans mon livre. Mais c’est le premier livre ou j’adore l’histoire et que je n’ai pas lâché le bouquin une seconde. L’histoire est magnifique! bravo à Edward Carey

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