La Nuit de feu, livre intime d’Eric-Emmanuel Schmitt

71qxAQc4dDLEric-Emmanuel Schmitt, c’est un auteur que j’ai plaisir à suivre de loin en loin, que je trouve sympathique et chaleureux en interview, souvent j’ai envie de lire ses livres… et finalement, je n’avais jamais franchi le cap ! Pourquoi ? La faute à un manque de curiosité. Peut-être que j’avais l’impression d’un raconteur trop lice. Mais la rentrée littéraire 2015 m’a donné tord : en découvrant La Nuit de feu, impossible de rester dans la case des « auteurs trop sages ». Ici, on entre dans une autre dimension du récit : celui de l’expérience personnelle que l’écriture peut nous faire partager.

Que les choses soient claires, La Nuit de feu n’est pas un roman. L’auteur dit « je », non pas pour s’amuser, mais parce que c’est réellement un récit autobiographique qui se dévoile au fil des pages. Eric-Emmanuel Schmitt revient sur une expérience qu’il a faite dans le désert algérien lorsqu’il avait vingt-huit ans. Venu sur les lieux pour les repérages d’un film avec le producteur, le jeune professeur de philosophie se retrouve embringué dans une traversée du désert avec un groupe de touristes français, un guide américain et un autre guide, touareg celui-là. Le périple, qui n’est pas sans danger, est aussi l’occasion de faire le vide, de se confronter au vide, à la nature, à ses propres pensées et à ses propres peurs. Là-bas, l’auteur va faire l’expérience de son identité d’être humain… Il va aussi vivre une expérience spirituelle intense qui le changera intimement à jamais.

Dès les premières pages, j’ai accroché avec ce récit. Au beau milieu de cette rentrée littéraire, le texte d’Eric-Emmanuel Schmitt frappe par son caractère atypique, honnête, personnel, presque dépourvu d’artifices. Le souvenir évoqué est authentique, mais l’écriture est quand même là pour reproduire le cheminement. Une écriture très souvent poétique, qui porte en elle un peu de la lumière que l’auteur a ramenée avec lui du fin fond de son désert algérien.

« Quelque part, mon vrai visage m’attend. »

Cette phrase m’a beaucoup marqué, comme beaucoup d’autres passages du livre, mais plus puissamment encore car je n’ai pas pu m’empêcher de penser que le désert n’avait pas seulement fait naître un nouvel homme au monde : il avait aussi accouché d’un écrivain. Evidemment, c’est une lecture personnelle, une intuition qui n’engage que moi, mais je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à ce que Perec écrivait dans W ou le souvenir d’enfance, lorsqu’il parlait de la marque laissée sur lui, une trace qui n’était autre que l’écriture.

La Nuit de feu est donc un ouvrage qui m’a beaucoup touché. Le récit fait moins de 200 pages, donc j’ai envie de vous dire la même chose que pour le dernier Nothomb : avec une lecture si rapide, ça ne vaut pas le coup de se priver. J’espère sincèrement que vous prendrez le temps de découvrir ce livre, un très beau récit de l’intime, avec en même temps une portée universelle : quand on parle de l’humanité, on n’est jamais seul.

 

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2 commentaires pour La Nuit de feu, livre intime d’Eric-Emmanuel Schmitt

  1. bookyboop dit :

    Je n’ai jamais lu de livre de cet auteur et je me dis qu’il faudrait vraiment que je m’y mette =/

    J'aime

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