Les Parutions de la rentrée littéraire 2015

watson-ch-women-reading-newspaper-vintage-gossip-column-guilty-pleasureDepuis la mi-août, j’ai commencé à fureter dans les librairies, à surfer sur le web, en un mot à me tenir au courant de ce que la rentrée littéraire nous prépare de beau. J’étais reposée, en forme, de bonne humeur, j’avais programmé la musique de Rocky sur mon réveil… et là, le chiffre (que dis-je : le nombre !) est tombé comme un couperet : 589. Argh ! Si vous vous demandez à quoi ce nombre correspond, laissez-moi tout de suite éclairer votre lanterne : il s’agit du nombre de romans qui nous attendent pour la rentrée littéraire 2015 ! Moi je vous le dis, heureusement qu’on a les vacances pour se refaire une santé avant d’attaquer la rentrée littéraire ! Mais ne nous laissons pas abattre pour si peu (sic). Avec un peu d’organisation, je pense arriver à débroussailler pour vous cette jungle de nouveaux livres. Je vous propose donc non pas une mais deux sélections : une sélection détaillée des livres que je pense moi-même lire ; et une sélection en vrac des livres qui me semblent intéressants et que je lirais sans doute plus tard, quand j’aurais le temps.

41mGGxHIvnL._SX339_BO1,204,203,200_La Septième fonction du langage, de Laurent Binet chez Grasset

C’est déjà l’un des chouchous de la rentrée littéraire, et son titre se murmure parmi les parieurs pour les prix littéraires. Loin des sentiers battus, il faut dire que l’esprit ludique de ce roman a éveillé la curiosité de pas mal de lecteurs, des plus aiguisés aux simples curieux. La marque de fabrique des grands livres ? Après tout, la rentrée littéraire s’occupe aussi d’ouvrages populaires, dans le meilleur sens du terme. Hommage à Roland Barthes sous forme d’enquête à la Da Vinci Code, le roman de Laurent Binet s’amuse à brouiller les pistes. La Septième fonction du langage n’est pas un cours de linguistique pédant et soporifique : c’est une fiction/enquête sur les circonstances de la mort de Barthes. Et si c’était un assassinat ? Du coup, le roman se lance sur les traces du célèbre intellectuel, avec dans la course poursuite un enquêteur, un enseignant et le lecteur bien sûr ! Dans la course folle, c’est le Paris intellectuel et politique de l’époque qui est ressuscité. Une curiosité qui fait souffler un vent de fraîcheur sur cette rentrée littéraire 2015.

41GeO6bHmyL._SX298_BO1,204,203,200_Délivrances, de Toni Morrison chez Christian Bourgois

Elle a plus de 80 ans, un Prix Nobel de littérature et l’admiration de lecteurs du monde entier, mais ce n’est pas ça qui fera poser la plume à Toni Morrison. La romancière américaine ne dépose pas les armes et signe en cette rentrée littéraire un nouveau livre sur deux de ses thèmes fétiches : la question noire dans l’Amérique contemporaine, et la relation mère-fille. Pour le résumer en une seule phrase, c’est simple : une mère rejette sa fille car elle n’est pas assez noire pour elle. Simple ? Peut-être pas, car derrière l’écriture de Toni Morrison, il y a toujours quelque chose de la vérité du monde qui attend d’être mise à nu. Le sujet est dérangeant, mais l’auteure n’est pas réputée pour prendre ses lecteurs par la facilité. Le livre est court, percutant, efficace. Trois bonnes raisons de le lire.

51kpjJsF+IL._SX308_BO1,204,203,200_Le Crime du comte de Neville, d’Amélie Nothomb chez Albin Michel

Amélie Nothomb revient en librairie, et il se murmure partout que la cuvée 2015 est excellente. La question que je me pose, c’est bien sûr : qui est ce comte de Neville ? Un comte belge (Amélie Nothomb nous emmène chez elle) qui décide, lors de la prochaine fête qu’il va donner, de tuer l’un des invités. Voilà qui semble déjà bien assez extraordinaire, mais le plus bizarre survient lorsque sa propre fille lui demande d’être sa victime car elle n’a plus goût à la vie. Bref, du vrai Amélie Nothomb ! En 144 pages seulement, ce court roman est proche de la nouvelle : une petite douceur qui se lira vite en une soirée. L’occasion idéale de replonger dans l’univers débridé d’Amélie Nothomb, romancière atypique qui a su garder l’art du dialogue ciselé. Une qualité que j’admire chez un écrivain.

largeBlasmusikpop, de Vea Kaiser aux Presses de la Cité

Le titre est imprononçable pour un lecteur français non versé dans les langues germaniques, mais n’en tenons pas rigueur aux Presses de la Cité. Avec un titre comme celui-là, c’est sûr que le livre va se démarquer ! Mais à vrai dire, il n’a pas besoin de ce genre de publicité car ce premier roman a déjà fait pas mal de bruit dans le pays natal de son auteure, Vae Kaiser. Histoire d’un jeune homme qui rêve de réussite académique mais qui rate son diplôme de fin d’études, Blasmusikpop nous emmène dans un petit village des Alpes où Johannes, notre héro, va devoir trouver un sens à sa vie et occuper ses journées. Il trouve sa planche de salut en se faisant enrôler dans l’organisation du grand événement de l’année : une rencontre de football ! Mention spéciale pour la couverture que je trouve très originale. De tous les livres de la rentrée littéraire, c’est celui dont je vous ferais la chronique en premier, et vous pourrez la découvrir dès la semaine prochaine.

41ASwZSUoWL._SX363_BO1,204,203,200_Victor Hugo vient de mourir, de Judith Perrignon chez L’Iconoclaste

Bon, ce n’est pas tellement une nouvelle : en fait, Victor Hugo est mort depuis déjà un certain temps. C’est tellement lointain qu’on ne se rend plus compte, aujourd’hui, à quel point l’événement a eu, en son temps, un effet retentissant. Pour ses 80 ans déjà, l’auteur avait vu défiler tout Paris sous ses fenêtres (et ce n’est pas une métaphore). Mais ses funérailles nationales vont être un spectacle encore plus grandiose qui marquera durablement la mémoire de ceux qui y auront assisté. Il faut dire que deux millions de personnes dans les rues de la capitale pour suivre le cercueil, ça fait du monde ! La dimension historique ne fait aucun doute, et c’est justement ça que Judith Perrignon cherche à montrer. Par la même occasion, c’est aussi un formidable hommage à celui qui demeure le plus grands des auteurs français.

41p-cayYqJL._SX339_BO1,204,203,200_Les Loups à leur porte, de Jérémy Fel chez Rivages

Ici, nous entrons dans les pages d’un thriller. On parle déjà de Jérémy Fel comme d’un nouveau Stephen King, et ça veut tout dire ! Dans ce roman ambitieux, l’auteur croise le destin de plusieurs personnages : un couple, une jeune serveuse, et un homme qui sauve un petit garçon dans l’incendie de sa maison. Mais quel est le rapport entre tous ces personnages ? Et quels sont les drames auxquels ils doivent tous faire face, chacun son tour ? Le mystère rode dans ce livre qui est le premier roman de son auteur. Les amateurs de sueurs froides auront certainement à cœur de découvrir si le livre est à la hauteur de tout le bien qu’on dit de lui. Les autres auront la curiosité de percer l’intrigue en forme de toile d’araignée de ce roman troublant.

41Ae1wpjJIL._SX381_BO1,204,203,200_La Carte des Mendelssohn, de Diane Meur chez Sabine Wespieser

De la famille Mendelssohn, on connait bien sûr le compositeur, peut-être un peu moins le philosophe, et certainement pas du tout le banquier. En trois personnages, la famille semble déjà intéressante. Et comme la réalité est la meilleure source d’inspiration de la fiction (avec une nette tendance depuis un an ou deux à mélanger audacieusement les deux), Diane Meur a eu l’idée de partir de cette famille pas comme les autres pour écrire un livre à la manière d’une enquête. Forcément, la tâche est rude, passionnante, et débouche sur une montagne d’informations palpitantes comme autant de gourmandises à livrer à la curiosité du lecteur. Et justement, pourvu qu’on soit un peu curieux, c’est tout à fait le genre de livre qui peut être la perle rare. L’année dernière, j’avais eu une très belle surprise avec le Charlotte de David Foenkinos ; cette année, je sens que c’est la famille Mendelssohn qui me réserve une jolie surprise.

51MwiUQYbfL._SX312_BO1,204,203,200_Funny Girl, de Nick Hornby chez Stock

Haute fidélité, A propos d’un gamin… Je ne compte plus les romans de Nick Hornby qui ont su trouver leur place dans le coeur des lecteurs. Le petit dernier s’appelle Funny Girl et il nous plonge au cœur du swinging London, alors que les sixties sont à leur apothéose. Et ça tombe bien, parce que la musique est l’une des grandes passions de Nick Hornby… la seconde étant la culture pop sous toutes ses formes. Et justement, dans ce nouveau roman, le romancier nous fait découvrir un show comique monté par la BBC. On suit Sophie, la jeune première de l’émission, mais aussi son acolyte masculin, les scénaristes, le producteur… Bref, tout ce joli monde qui a forcément des choses à cacher. On annonce que ce nouveau livre est drôle, incisif… bref, du pur Hornby. Et comme il se trouve que c’est un auteur intéressant, ce serait dommage de passer à côté de ce livre.

51Tdjv6+GWL._SX339_BO1,204,203,200_Mary, d’Emily Barnett chez Rivages

Attention : premier roman prometteur ! Depuis que j’ai lu le résumé du roman d’Emily Barnett, je n’ai plus qu’une idée fixe : le lire le plus rapidement possible. Il faut dire que l’histoire laisse songeuse : Mary est une adolescente, de nos jours, qui vit recluse dans un château avec sa mère. Jusqu’ici, je dirais que le roman me fait penser au Château de Cassandra, de Dodie Smith. Mais Mary est aussi une jeune femme américaine qui vit à New York dans les années 1950. Comment expliquer ça ? Les deux sont-elles vraies ? Quel est leur lien ? Le postulat de départ est fascinant et titille la curiosité. Il remet en cause avec audace la limite entre réalité et rêve, entre vérité et fiction. Bref, le projet d’écriture me séduit. Et puis la rentrée littéraire, c’est aussi l’occasion de donner sa chance aux premiers romans !

41JjvIESUUL._SX318_BO1,204,203,200_Quand le diable sortit de la salle de bains, de Sophie Divry chez Notabilia

Le deuxième roman de Sophie Divry nous invite à mettre nos pas dans celui de son personnage principal, une trentenaire chômeuse qui tente d’écrire un livre. Entre les contingences matérielles et les aspirations littéraires, dur dur de trouver un équilibre. Car contrairement au mythe du poète sans le sous, la précarité n’est pas forcément la mère de l’inspiration. Sophie Divry se propose donc de croquer avec drôlerie la précarité des chômeurs, leur place dans la société, la façon dont ils sont perçus. Et à travers ce cas bien précis, c’est aussi la société toute entière qui doit être interrogée sur ses aspirations, ses vices cachés, sons système et la place qu’il laisse aux individus et à leurs rêves. Le titre du roman est à la fois le plus drôle et le plus troublant de cette rentrée littéraire 2015. Et il me donne très envie de découvrir ce qui se cache derrière ses pages.

Et maintenant, pour ceux et celles qui ont encore un peu de courage, voici la liste des « je n’ai pas le temps de détailler mais ça semble valoir le détour » :

  • D’après une histoire vraie, de Delphine de Vigan chez JC Lattès
  • La Dernière nuit du Raïs, de Yasmina Khadra chez Julliard
  • La Nuit de feu, d’Eric-Emmanuel Schmidt chez Albin Michel
  • Eva, de Simon Liberati chez Stock
  • Un Amour impossible, de Christine Angot chez Flammarion
  • Six jours, de Ryan Gattis chez Fayard
  • La Source, d’Anne-Marie Garat chez Actes Sud
  • La Brigade du rire, de Gérard Mordillat chez Albin Michel

Très bonnes lectures à vous tous… et bon courage pour cette rentrée !

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3 commentaires pour Les Parutions de la rentrée littéraire 2015

  1. Les deux premiers, Laurent Binet et Toni Morrison, m’intéressent beaucoup, je pense les lire.
    Je suivrai tes chroniques,
    Bonnes lectures à toi aussi !

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