Fleurs sauvages : le fabuleux roman de Kimberley Freeman

Fleurs.sauvagesEn un mot : wahou ! Prise d’un enthousiasme débordant à la suite de ma lecture de Fleurs sauvages, je vais tout de même essayer de vous faire une chronique argumentée, articulée et complète. Mais pour dire les choses clairement : wahou ! Ce livre m’a laissé sans voix tellement je l’ai aimé. Depuis le début de l’année, c’est le roman le plus fort que j’ai lu… et j’ai déjà lu pas mal de livres ! Lorsque les éditions Charleston me l’ont donné, l’éditrice Karine avait bien dit que c’était un gros coup de cœur, et je confirme que ce roman renferme un souffle épique qui vous transporte jusqu’en Australie… Moi-même, je n’en suis pas encore tout à fait revenue !

Ce nouveau roman vient tout juste de paraître aux éditions Charleston, et j’ai eu la chance de l’avoir lors d’un déjeuner organisé par les filles Charleston pour réunir plusieurs blogueuses autour de la traductrice du roman. Les lectrices Charleston qui avaient déjà lu le livre en parlaient avec des trémolos dans la voix, et franchement, avec en plus la sublime couverture du roman, j’ai tout de suite eu envie de le lire. Mais comme j’essaie de ne pas superposer trop de lectures en cours, j’ai patiemment attendu de finir mon précédent livre. J’ai commencé ce livre un soir, et je l’ai fini le lendemain, avec une journée entière de supplice entre les deux tant j’avais envie de savoir ce qui allait se passer. Ce livre est hautement addictif !

Dans ce roman, Kimberley Freeman tisse une histoire entre deux femmes et entre deux époques. D’un côté, Beattie est une jeune femme en Ecosse dans les années 1930, éperdument amoureuse d’un homme marié dont elle tombe enceinte. Ce pourrait être la fin d’une belle histoire d’amour ainsi que de ses rêves, mais l’homme en question lui propose de s’enfuir en Australie avec lui pour élever leur enfant. Le bonheur, malheureusement, sera de courte durée car cet homme n’est pas celui que Beattie pensait. Forcée de fuir pour préserver le bonheur de sa petite fille Lucy, Beattie va s’enfoncer un peu plus dans le territoire sauvage de l’Australie et tenter de se construire une vie heureuse. Une vie où la lutte est incessante et où elle va devoir faire preuve de force et croire en elle pour s’en sortir. Dans les années 2000, la petite-fille de Beattie, Emma, est une danseuse étoile renommée, mais sa gloire ne la rend pas vraiment heureuse. Un genou cassé et une rupture amoureuse vont la mener à retourner chez elle en Australie, où sa grand-mère qui est à présent morte lui a légué une vieille maison. En faisant le même chemin que Beattie, bien des années avant elle, Emma va aussi devoir faire appel à sa force intérieur et à son courage pour reconstruire sa vie. Un cheminement émotionnel pour se trouver et trouver le bonheur.

Je pourrais passer une heure entière à vous parler de l’histoire, mais ça ne suffirait encore pas pour rendre justice à cette fresque magnifique. La couverture du livre faisait référence au film Australia ; pour ma part j’ai trouvé ce roman bien mieux qu’Australia… et j’avais beaucoup aimé ce film ! Kimberley Freeman dresse le portrait croisé de deux femmes très touchantes, chacune pour des raisons différentes. Et elle raconte son histoire dans une sublime carte postale dévoilant le paysage incroyable de l’Australie. On voyage dans l’espace, mais aussi dans le temps pour reconstituer le puzzle qu’a été la vie de Beattie. L’histoire est parfaitement maîtrisée, et on pénètre dans cette histoire avec tellement de facilité qu’on finit par s’y sentir chez soi, et ça devient très difficile de quitter ce livre une fois que la fin arrive. De plus, l’écriture est une merveille : c’est beau, fluide, bien rythmé, avec des chapitres bien découpés.

Malgré le fait qu’on alterne entre deux personnages et deux époques, on ne se perd jamais. Les deux histoires parallèles sont clairement menées : d’un côté, l’histoire de Beattie qui tente de s’en sortir, et de l’autre Emma qui tente de reconstituer le passé caché de sa grand-mère. Le fait de dérouler l’histoire de Beattie par deux bouts différents crée une sensation très agréable de mener l’enquête nous aussi. En tant que lecteur, on ne se retrouve pas passif devant le livre ; on participe à l’enquête en essayant de rassembler les morceaux du puzzle, de comprendre comment les choses ont pu se passer.

Le principal levier de l’histoire, c’est bien sûr le projet de Kimberley Freeman de décrire deux femmes fortes en peignant leur portrait de la manière la plus honnête possible. Ce qui est intéressant, c’est qu’elle ne cherche pas à nous présenter deux héroïnes à qui tout réussit : elle nous montre deux femmes qui, dans l’adversité, vont faire appel à leurs ressources intérieures pour faire face aux difficultés. Une phrase revient à plusieurs reprises dans le livre pour résumer cette vision des choses :

« Il y a deux sortes de femmes sur Terre : celles qui font les choses, et celles qui se laissent faire. Essaie de faire partie de la première catégorie. »

Avec cette « philosophie », le roman a un côté légèrement féministe, mais c’est vrai qu’il s’intéresse aussi, à travers Beattie, à une époque où les femmes ne font pas carrière. Elles peuvent être institutrices, couturières, mais pas prendre leur destin en main sans le secours d’un homme, et elles ne sont pas sensées être leur propre patron. Kimberley Freeman montre des femmes fortes, qui ne se contentent pas de ce que la société attend d’elles. Pour autant, elles ne sont pas en acier trempé, et la vulnérabilité les fera souffrir.

En même temps, Fleurs sauvages est une très belle histoire romantique. En fait, on peut parler de fresque romantique : l’histoire d’amour de Beattie m’a particulièrement tenu en haleine, et celle d’Emma, même si elle est un peu plus prévisible, possède tout de même beaucoup de charme aussi. D’ailleurs, ce livre ne parle pas que d’amour romantique : il met aussi à l’honneur l’amour filial, et en particulier l’amour inconditionnel de Beattie pour sa fille Lucy, pour laquelle elle est prête à tout. Cet amour est le moteur de son existence. A contrario, Emma, la danseuse brisée qui n’avait vécu jusqu’ici que pour sa passion de la danse, va devoir trouver une autre raison de vivre, et un autre moyen d’exprimer cette passion.

C’est un roman avec vraiment beaucoup de choses à dire, mais rien ne vaut une bonne lecture pour se faire une opinion par soi-même ! J’ai été scotchée par ce livre, et c’est l’une des plus belles histoires que j’ai lues depuis plusieurs mois. C’est une lecture qui vous emporte très loin, captivante, intense et magique jusqu’aux toutes dernières pages. Un pur moment de plaisir !

Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle lecture.

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4 commentaires pour Fleurs sauvages : le fabuleux roman de Kimberley Freeman

  1. Article pertinant et qui va droit au but.

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  2. J’ai très envie de le découvrir 🙂

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