Les Charmants travers de nos semblables, roman très décevant d’Alexandre McCall Smith

travers-semblablesC’est au détour d’un troc de livres de mon quartier que j’ai trouvé ce livre écrit par l’auteur écossais Alexandre McCall Smith dont le titre a tout de suite piqué ma curiosité : Les Charmants travers de nos semblables. Découvrir qu’il s’agissait d’un roman policier a achevé de me convaincre que je devais lire cet ouvrage, et c’est ainsi que je suis rentrée chez moi avec ce livre, toute heureuse de pouvoir enfin découvrir un texte d’Alexandre McCall Smith dont j’ai souvent entendu dire le plus grand bien. Je ne savais pas encore dans quoi je m’embarquais, pauvre de moi !

L’histoire est celle d’Isabel Dalhousie, une philosophe écossaise qui vit à Edimbourg, dirige une revue et vit une vie apparemment tranquille avec son compagnon et son bébé. La vie pourrait être simple, si ce n’est qu’apparemment, Isabel a le don de croiser sur sa route des personnes ayant besoin d’aide. Elle met alors ses compétences logiques au service de ces personnes pour les aider à résoudre des mystères ou trouver la solution de leur problème. Dans cette histoire, elle est contactée par une femme qui fait partie du conseil d’administration d’une école privée prestigieuse : ils doivent trouver un remplaçant au directeur de l’établissement qui quitte ses fonctions. Trois candidats sont sur les rangs, mais pour être sûrs qu’ils sont tous les trois sérieux et qu’ils ne cachant aucun squelette dans leur placard, les membres du conseil d’administration veulent mener une enquête. Qui est plus indiqué qu’Isabel, dont les talents d’enquêtrice et la discrétion feront merveille pour résoudre cette épineuse question ?

Pour être honnête, il ne s’agit pas de la première histoire mettant en scène le personnage d’Isabel, donc il y a certaines choses, notamment dans ses relations avec certains personnages secondaires, qui m’ont échappé, et cela participe à une expérience de lecture gâchée. Mais pour être complètement honnête, même si j’avais été en face du premier tome de la série, j’aurais quand même eu de sérieux problèmes avec ce personnage… et avec l’intrigue, et avec l’écriture, et avec le sens général du bouquin qui m’échappe totalement !

J’ai refermé ce livre avec l’impression déplaisante d’avoir perdu mon temps, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord l’intrigue : c’est ennuyeux comme la pluie et concrètement, il n’y a pas d’enquête. Les personnes qu’Isabel rencontre discutent de n’importe quoi avec elle, sauf de son enquête. Le personnage se laisse complètement porter par les flots et ça n’avance jamais. On ne comprend pas très bien en quoi son enquête représente la moindre tension dramatique (normal : il n’y en a pas !) et le plus aberrant, c’est qu’il n’y a même pas de résolution !! Lorsque l’un des personnages, à la toute fin du livre, demande à Isabel qui est le coupable, elle tourne les talons sans lui répondre. Je suis absolument atterrée.

Ensuite, on vient au personnage. Là aussi, il y a des choses à dire. Sur la quatrième de couverture, un extrait de critique par un journaliste qu’on a visiblement payé, ou bien qui n’aime pas la littérature, se permet de dire qu’Isabel est particulièrement « chaleureuse ». J’espère que c’est de l’ironie, car en ce qui me concerne, j’avais l’impression d’avoir un glaçon entre les pages. Isabel est à peu près aussi vive qu’un pauvre animal qui serait passé sous une moissonneuse batteuse ! Aucune vivacité, aucune chaleur humaine, aucun humour… rien qui la rende un tant soit peu attachante. Par-dessus le marché, aucun charisme pour ce personnage central qui n’arrive pas à porter l’histoire.

J’arrive enfin à l’écriture à proprement dit. C’est lent, sans aucun rythme car tout est sur le même tempo (ce qui donne une irrépressible envie de s’endormir), et comme il n’y a pas vraiment d’intrigue, le lecteur passe plus de temps à errer dans les histoires secondaires sans intérêt qu’à réussir à attraper le fil rouge de toute cette histoire. Les passages pseudo-philosophiques sont d’un ennui mortel et en plus, ils n’amènent aucune valeur ajoutée à l’histoire. Pire, ils rendent le personnage principal encore moins sympathique. Pour un auteur, c’est quand même se tirer une balle dans le pied que d’insérer des passages qui donnent envie de tourner les pages tout en faisant piétiner davantage l’histoire.

Pour abréger les souffrances de cette chronique, je dirais qu’il ne faut SURTOUT PAS LIRE ce livre. Si vous aimez les romans policiers, vous n’y trouverez rien d’intéressant à se mettre sous la dent. Si vous aimez les romans psychologiques, vous trouverez ça terne et creux. Si vous avez besoin de caler un pied de table, éventuellement… Je suis très déçue par cette lecture car j’avais très envie de découvrir l’œuvre d’Alexandre McCall Smith, et si le reste est du même tonneau, je crois que je vais éviter de retenter l’expérience. A suivre cette année pour voir si je prends quand même le risque ou pas…

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