Biographie de l’auteur J.R.R. Tolkien

TOLKIENA l’occasion de la sortie aujourd’hui du dernier film de la trilogie de Peter Jackson Le Hobbit, adaptée du livre de J.R.R. Tolkien, je vous propose de découvrir d’un peu plus près celui qui est l’un des auteurs anglais les plus célèbres au monde… et aussi l’un des moins connus ! Car si son oeuvre est constamment sous la lumière, Tolkien reste une personnalité discrète, peu connue du grand public. Voici donc sa fiche biographique rédigée par mes soins pour en savoir plus sur l’un des quelques auteurs vraiment incontournables de la littérature mondiale.

John Ronald Reuel Tolkien est né le 3 janvier 1892 en Afrique du Sud. Ses parents sont tous deux anglais, mais ils ont émigrés en Afrique du Sud à la suite de la promotion du père de Tolkien dans une banque de Bloemfontein. John est le premier enfant du couple, et il aura un petit frère, Hilary Arthur Reuel. A cause de problèmes de santé, la mère de Tolkien décide de rentrer en Angleterre et d’emmener ses deux fils avec elle en attendant que son mari puisse les rejoindre. Une réunion qui n’arrivera jamais car le père de Tolkien meurt d’un rhumatisme infectieux avant d’avoir pu rentrer en Angleterre et rejoindre sa famille.

S’ouvre alors dans la vie de Tolkien une période de grande pauvreté mais aussi, paradoxalement, de bonheur. La famille n’a pas beaucoup de moyens et s’installe à la campagne. Là, Tolkien découvre la campagne anglaise, la nature et les animaux. Sa passion pour la nature date de ses souvenirs d’enfance qui ne le quitteront jamais et qui lui inspireront plus tard les paysages de la Comté, pays paisible des hobbits.

La mère de Tolkien, qui avait reçu une excellente éducation, fait elle-même la classe à ses fils. Et c’est ainsi que Tolkien va apprendre très tôt à lire et à écrire, mais aussi qu’il découvre le latin et des rudiments de français et d’allemand. A cette époque de sa vie, le petit garçon n’est pas très porté sur les romans (il avouera plus tard que pour lui, L’Île au trésor fut une lecture ennuyeuse) mais il se passionne pour les anciennes légendes que sa mère lui raconte. Le Roi Arthur et ses chevaliers sont sa préférée.

En 1904, la période idyllique se clôt avec la mort brutale de la mère de Tolkien. Les deux frères se retrouvent seuls au monde et sans ressource. Tolkien n’a que douze ans, mais il va recevoir l’aide précieuse du Père Morgan, un prêtre catholique ami de sa mère qui va se charger des deux enfants, et en particulier qui va veiller à ce qu’ils reçoivent une bonne éducation.

Tolkien va suivre ses études à la King Edward’s School, une excellente école de Birmingham dans laquelle son père avait aussi étudié. Là, il se fait remarquer comme étant un bon élève et il obtient même une bourse. Il étudie toujours le latin, découvre le grec ancien, néglige Shakespeare qu’il n’apprécie pas, mais découvre avec un grand plaisir les écrits du vieil anglais, parmi lesquels les textes de Chaucer ont sa préférence.

En 1909, les efforts de Tolkien payent : il obtient une bourse pour intégrer la prestigieuse université d’Oxford et mener des études classiques. Il se spécialise encore plus dans les langues et la littérature médiévale, et au cours de ses travaux de recherche, il découvre le Kalevala, le texte finnois qui retrace toute la mythologie nordique. Tout à fait fasciné par les légendes de ce livre, Tolkien décide d’apprendre le finnois, l’une des langues indo-européennes les plus anciennes qui soit.

Son intérêt pour les langues vivantes et mortes se matérialise par une habitude qu’il a pris avec le temps : inventer des langues. Non seulement Tolkien pense pouvoir inventer des mots, mais il ambitionne de créer des systèmes linguistiques entiers, avec des grammaires et des syntaxes qui permettraient de les parler pour de vrai. Une passion qui le mène peu à peu à écrire de la fiction. Fasciné par sa propre oeuvre, Tolkien se met à imaginer les peuples qui auraient pu parler ses dialectes, leurs histoires, leurs aventures, leurs héros, les pays dans lesquels ils vivaient… C’est le début de son oeuvre : le Silmarillion.

La première oeuvre que Tolkien rédige complètement est un poème datant de 1914 : Le Voyage d’Éarendel. Avec ce premier texte complet, une porte s’ouvre sur un univers que Tolkien n’aura de cesse de nourrir tout au long de sa vie pour le faire grandir et l’enrichir avec un degré de détails jamais atteint auparavant dans la littérature occidentale.

Mais en 1914, une autre histoire est en marche : l’Angleterre entre officiellement dans la Première Guerre Mondiale et Tolkien est mobilisé dans l’armée au sein d’un régiment de fusiliers du Lancashire. Avant de partir pour la France, il épouse Edith Bratt, une orpheline comme lui, qui sera le grand amour de sa vie. En France, Tolkien participe à la bataille de la Somme. Il est le témoin de la violence des combats, de la terrible vie des tranchées, et voit ses amis mourrir à ses côtés. Tolkien se spécialise à cette époque dans les transmissions, et en particulier les codages de message, des exercices qui mettent en pratique ses compétences de linguiste.

Victime de la fièvre des tranchées, il est rapatrié en Angleterre où il passe le reste de la guerre dans un hôpital militaire puis dans des différents postes… un temps qu’il met à profit pour se mettre à écrire le Silmarillion. Il retrouve aussi son épouse, Edith, et leur premier enfant, John Francis Reuel, naît en 1917.

C’est une fois la guerre finie que Tolkien peut commencer sa carrière d’universitaire. A Oxford, il participe à l’Oxford English Dictionary et donne des cours particuliers aux élèves. Il trouve ensuite un poste à Leeds, où on le nomme professeur assistant en littérature anglaise, puis professeur titulaire. En 1925, Tolkien retourne à Oxford où il fera toute sa carrière.

Au fil des années, Tolkien et sa femme ont eu quatre enfants, trois garçons et une fille qui font le bonheur de leur père. Très proche de ses enfants, Tolkien dévoile ses talents de conteur en leur inventant des histoires. C’est ainsi que naissent les Lettres du Père Noël et Bilbon le hobbit. Si ses enfants sont son premier public, Tolkien ne tarde pas à partager son passe-temps avec d’autres professeurs d’Oxford, passionnés eux aussi par les langues anciennes, les légendes et l’écriture. C’est ainsi que C.S. Lewis, l’un des plus illustres confrères de Tolkien et futur auteur des Chroniques de Narnia, encourage fortement Tolkien à continuer son travail et à le faire publier. De précieux conseils qui ne resteront pas lettre morte.

Le Hobbit paraît en 1937 et rencontre rapidement un grand succès auprès du public britannique et américain. Ce conte pour enfant dans lequel les péripéties sont nombreuses, variées et originales, dévoile un monde imaginaire d’une grande richesse. Le revers de la médaille, c’est que Tolkien est catalogué « auteur pour enfants ». Et même si la littérature pour la jeunesse ne souffre pas en Angleterre d’une mauvaise réputation comparable à la France, Tolkien est tout de même frustré : le public et les critiques n’ont pas perçu l’ampleur de son univers, impossible à réduire à un conte pour enfants. Le succès du Hobbit va avoir une conséquence importante : le public et les éditeurs réclament une suite à Tolkien. A ce moment, l’auteur ne sait pas quoi ajouter à son histoire, ni quoi faire d’autre avec ses personnages. C’est finalement l’anneau magique découvert dans Le Hobbit qui va servir de point de départ et de personnage principal de sa nouvelle histoire. Le Seigneur des anneaux est sur le point de naître.

Mais encore une fois, la fiction est rattrapée par la réalité, et c’est la Seconde Guerre mondiale qui éclate et vient perturber la vie de Tolkien. Ses deux fils aînés sont envoyés au front, et à travers cette expérience, ce sont les souvenirs de la Première Guerre mondiale qui sont ravivés dans la mémoire de Tolkien. Une menace, une violence, un drame qui teinteront de manière importante les pages du Seigneur des anneaux, oeuvre beaucoup plus sombre que Le Hobbit, même si elle est traversée par un ensemble de valeurs très positives en lesquelles Tolkien croit profondément : le courage, l’amitié, le devoir de faire ce qui est juste…

L’écriture de ce nouveau roman va prendre plus d’une décennie à son auteur et ne se termine qu’en 1948. La guerre est terminée, mais la bataille pour publier le livre ne fait que commencer. Tolkien cherche un nouvel éditeur mais se heurte à une remarque sur la longueur de son texte : il est tellement long qu’il coûterait trop cher à publier. Au sortir de la guerre, le prix du papier a augmenté en Angleterre, et publier un ouvrage de cette taille est trop risqué. Tolkien se tourne finalement vers l’éditeur du Hobbit et il est obligé d’accepter le découpage de son histoire : Le Seigneur des anneaux paraîtra sous la forme de trois tomes plutôt qu’un seul comme le souhaitait l’auteur. La parution s’échelonne entre 1954 et 1955, rencontrant un succès immédiat auprès du public. En Angleterre comme aux États-Unis, le succès est immédiat et le travail de Tolkien fait l’admiration de tous. Tolkien, assailli par les fans, est contraint de déménager pour retrouver un peu de la vie paisible dont il a besoin au quotidien.

En 1971, un drame vient ébranler Tolkien : le décès de son épouse Edith. Désormais seul, inconsolable, le professeur à la retraite se replie dans la finalisation de l’écriture du Silmarillion, l’oeuvre monstre qu’il n’a jamais abandonné malgré ses autres travaux d’écriture. Avec le temps, les honneurs pleuvent sur ce vieil homme discret. Décoré par la reine Elizabeth II, il observe de loin la passion croissante qui entoure son oeuvre. Tolkien décède en 1973, laissant à son fils Christopher la responsabilité de faire publier ses textes… une tâche colossale qui prendre de très nombreuses années à ce dernier.

Désormais, Tolkien est considéré comme l’un des pères du genre Fantasy, un genre littéraire entièrement dédié à la création de mondes imaginaires qui oscille entre merveilleux et gravité. Son oeuvre ne cesse pas d’attirer le public avec un enthousiasme qui a encore été ravivé par les adaptations au cinéma. La formidable richesse du monde imaginé par Tolkien en même temps que l’excessive rigueur de ses travaux sur les langues inventées font de lui la référence incontournable de la fiction moderne ainsi qu’un auteur tout à fait à part. Accessible aux jeunes lecteurs comme aux adultes, il offre dans ses oeuvre une diversité remarquable : des poèmes, des contes, un grand roman d’aventures, et aussi les très nombreuses annexes au Seigneur des anneaux qui n’en finissent pas de passionner les geeks littéraires !

L’empreinte que Tolkien a laissé sur la culture mondiale semble démesurée quand on observe la vie très paisible et discrète que l’auteur a mené toute sa vie, restant très à l’écart de son succès, près de sa famille et de son travail d’universitaire. Et s’il ne cesse de parler aux nouvelles générations de lecteurs (et de spectateurs de cinéma), c’est peut-être à cause du sens de l’aventure qui est au coeur de toutes ses histoires. Par-dessus tout, Tolkien chérissait les pouvoirs de l’imagination, cette porte ouverte sur de formidables voyages inattendus.

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