Les Femmes qui pensent sont dangereuses, de Stefan Bollmann

femmes-qui-pensentLe titre est volontairement provocateur, mais il est vrai que ce livre résolument en faveur des femmes se devait d’afficher la couleur d’entrée de jeu. Les femmes qui pensent sont dangereuses, écrit par Stefan Bollmann et préfacé par Christine Ockrent, a bien raison mais il ne dit pas tout. Car souvent, les femmes qui pensent sont aussi et surtout en danger.

Stefan Bollmann avait déjà collaboré avec Laure Adler pour un autre livre Les Femmes qui lisent sont dangereuses. Mais cet ouvrage, plutôt superficiel, tombait davantage dans la catégorie « Beau Livre » que dans celle des ouvrages engagés. Il ne traitait pas des convictions féministes et ne cherchait pas à éclairer la position de la femme dans la construction de la culture occidentale.

Ce nouvel opus embrasse une vision davantage militante de la femme en tant qu’auteur, que scientifique, que penseur et aussi personne politique. Au fil des pages, l’auteur nous invite à faire plus ample connaissance avec des figures plus ou moins bien connues du grand  public : Simone Veil (qui fait la couverture), Marie Curie, Indira Gandhi, Simone de Beauvoir et bien d’autres. Chacune a ouvert la voie à sa façon, est monté sur le devant de la scène pour faire entendre la voix des femmes, ce genre qui a longtemps représenté une minorité silencieuse. Sans accès à l’éducation, sans accès au monde du travail, sans droit de vote, les femmes se sont pourtant hissées jusqu’au niveau des hommes. Mais ça ne s’est pas fait facilement, et ça a pris du temps, comme cet excellent ouvrage a le mérite de le rappeler.

Le livre propose de retracer l’histoire d’un combat : celui des femmes. Toutes ne se sont pas forcément revendiquées du courant féminisme, mais elles ont permis de grands changements dans notre société. On découvre donc 25 portraits bien documentés et illustrés de photos d’époque.

Ce qui est selon moi une force de ce livre, c’est de proposer une large galerie de portraits. Car même si on connaît quelques unes de ces femmes, il en est d’autres dont on ne sait que vaguement ce que fut leur engagement. Et à travers elles, on redécouvre bien sûr des époques, des contextes sociaux assez différents du nôtre (mais pas tant que ça quand même).

Ce livre m’a beaucoup enthousiasmé. Derrière son titre impertinent, il a la force de présenter un propos très pertinent. Et une piqûre de rappel n’est pas de trop : encore aujourd’hui, les violences faites aux femmes, les restrictions d’accès à l’éducation ou à certains corps de métiers demeurent un peu partout dans le monde. Même en Occident, dans nos pays évolués où la parité revient souvent comme sujet imposé dans les débats politiques, les décisions politiques en matière de planning familial ou d’accompagnement pour les femmes seules en difficulté sont en réelle perte de vitesse.

Je ne sais pas si ce livre peut faire un bon cadeau de Noël, mais en tout cas il vaut le détour ! Et on ne sait jamais, si vous avez une cousine un peu curieuse, une mère ancienne soixante-huitarde ou une meilleure amie militante Femen, ça peut être une bonne idée à glisser sous le sapin.

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