Fifty Shades of Grey : l’interview vérité

Aujourd’hui, vous l’aurez deviné en lisant ce titre, j’ai décidé de faire comme la presse : je verse dans le sensationnalisme. Je vous vends de l’émotion, du trémolo dans la voix, du titre racoleur, je surf sur la tendance sans la moindre honte… En un mot, je vais vous parler de Fifty Shades of Grey. Je me souviens qu’il y a déjà presque un an, j’étais tombée sur un article passionnée dans le magazine In Style édition anglaise. Connaissant un peu les anglaises en voyant que l’hystérie venait des États-Unis, je m’étais dit que ce n’était pas de si tôt que la France sombrerait aussi bas dans la littérature débilitante.

Pauvre de moi ! A peine quelques mois plus tard, la vague grise déferlait sur l’hexagone. La presse féminine battait le rappel, disant à quel point c’était simpliste et en même temps génial. Ma curiosité l’a quand même emporté : j’ai lu deux extraits du livre, offerts avec un magazine dont je ne citerais pas le titre sur ce blog. Verdict personnel : c’était très mal écrit (ou mal traduit peut-être ?) et pas très original puisqu’en cinq pages seulement, j’ai  été frappé par l’accumulation de clichés !

Mais bon, vu que je n’ai pas lu le livre en entier, ce serait faire preuve de mauvaise foi que de ne pas admettre que des choses m’ont peut-être échappé. J’ai donc décidé de donner une seconde chance à ce roman. Pour cela, je suis partie sur le terrain pour enquêter auprès du lectorat. Et chemin faisant, j’ai rencontré une charmante lectrice, mademoiselle E, à qui j’ai posé quelques questions pour mieux cerner cet engouement autour de Fifty Shades of Grey. Voici son interview.

Bonjour mademoiselle E. Tout d’abord, je voudrais savoir quel genre de livres tu lis en règle générale.

D’habitude je dévore les romans policiers (par exemple la trilogie Millenium, les livres d’Agatha Christie…) et les histoires fantastiques comme Eragon ou Harry Potter. Et quand les deux genres se mêlent, c’est encore plus prenant ! Je pense notamment à la série des Thusday Next de Jasper Fford. J’aime aussi la chick lit qui met en scène le quotidien de femmes ordinaires qui se retrouvent en quelques instants parachutées dans des histoires abracadabrantes. On s’attache facilement à ces personnages.

Et précisément, ta dernière lecture (à part ce livre) c’est quoi ?

L’écume des jours de Boris Vian. J’aime bien découvrir les classiques littéraires, et justement celui là m’a beaucoup plut à cause de son côté fantastique et imaginatif.

Comment as-tu entendu parler de Fifty Shades of Grey ?

Par la presse féminine… Beaucoup d’articles le décrivaient comme le livre incontournable du moment. Cela a piqué ma curiosité.

Peux-tu nous résumer l’histoire ?

Anastasia Steele accepte de remplacer sa colocataire malade, Katherine, pour interviewer l’homme d’affaires et milliardaire Christian Grey dans le cadre d’un article pour le journal de l’Université. Jeune PDG séduisant et mystérieux, ce dernier l’intimide. Bien qu’elle le trouve attirant, Ana décide de ne pas aller plus loin.

Mais à sa grande surprise, Christian Grey vient la relancer à son travail. À mesure que leur relation progresse, la jeune et innocente Ana est confrontée à un tout nouvel univers aux côtés du riche entrepreneur. Christian a cependant une face sombre : bientôt Anastasia découvre qu’il est adepte du SM. La jeune femme doit alors décider si elle est prête ou non à faire des concessions à l’homme qu’elle aime.

Comment sont les personnages ?

Anastasia Rose Steele : jeune diplômée en littérature âgée de 21 ans, brune aux yeux bleus, elle n’a jamais eu de relations sexuelles ni sentimentales. Son père biologique est mort peu de temps après sa naissance. Son enfance a été marquée par les nombreux remariages de sa mère.

Christian Grey : il a 27 ans, a été adopté étant enfant, et appartient à une famille de trois enfants. Son enfance et son adolescence très difficiles ont fait de lui un homme tourmenté.

Qu’est-ce qui t’a plut dans ce livre ?

L’histoire d’amour apparemment impossible entre Anastasia et Christian, l’homme idéal que chacune d’entre nous souhaiterait trouver, mais dont la face cachée plutôt sombre donne à réfléchir et pimente l’intrigue. Ce livre décrit aussi beaucoup de scènes « torrides » et fait le même effet qu’un rêve érotique !

Est-ce qu’on peut s’identifier à l’histoire /aux personnages ?

Un peu à Anastasia, car elle est jeune,  peu sûre d’elle, en quête d’elle-même et parce qu’elle a un grand coeur. Elle est prête à tout accepter et à se remettre en question par amour de l’autre. Mais la ressemblance s’arrête  là. L’histoire est assez tordue quand même !

Et au final, es-tu satisfaite ? Comptes-tu lire la suite ?

Je viens justement de terminer le second tome. Je suis très déçue de la suite. C’est pourquoi je ne l’ai pas dévoré si vite. Je ne pense même pas lire tout de suite le troisième tome qui vient de paraître. Je suppose que lire des expériences sexuelles un peu « olé olé » est jouissif au début. On découvre le milieu du SM avec Anastasia et elle semble aimer certains trucs, donc on se dit « pourquoi pas ? » Mais bon, des scènes de sexe sont décrites toutes les cinq pages. Au bout d’un moment, c’est lassant et en plus elle jouit à chaque fois, chose impensable dans la vraie vie malheureusement, donc pas crédible.

Et vas-tu quand même recommander ce livre autour de toi ?

Aux célibataires oui !

Merci à mademoiselle E pour cette interview. Comme on le remarque, la presse féminine a fait un travail de rabattage énorme (et la publicité aussi !) pour faire parler de ce livre. Les choses que l’on peut ajouter, c’est que ce livre s’est tout de même vendu à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde. Et si l’on considère la crise que l’industrie du livre traverse en ce moment, c’est toujours bon à prendre et ça permet de garder des emplois !

Dans le même temps, ce succès assez imprévisible a donné naissance à une nouvelle catégorie de romanq érotiques : le Mom Porn, littéralement le porno pour mères de familles. En effet, tout comme les téléfilms à l’eau de rose que M6 passe l’après-midi, le public de ce livre coïncide avec le portrait de la ménagère de 50 ans. Aux États-Unis, c’est devenu un véritable phénomène de société : les mères au foyer trompent leur ennui et font une infidélité à leur puritanisme excessif en s’autorisant une aventure littéraire interdite.

En France (et en Angleterre), le phénomène est légèrement déplacé car le slectrices sont plutôt jeunes et appartiennent osuvent à la catégorie des lectrices de chick lit. Il faut croire que nous avons moins de complexes irrésolus que les américaines. Plutôt bon signe !

Ma conclusion : même si ce n’est pas de l’aussi bonne littérature érotique qu’Histoire d’O, je ne vais donc pas jeter l’oprobre sur ce livre. Les temps sont durs pour le monde des livres. Et puisque le divertissement est le nerf de la guerre et que le sexe fait toujours autant vendre, il n’y pas de raison que le slivres n’en tirent pas parti !

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