Ronald Searle

searleRonald William Fordham Searle fut un dessinateur et cartooniste anglais. Il est né en Angleterre, à Cambridge le 3 mars 1920. Issu d’un milieu plutôt modeste, il découvre rapidement le dessin et en fait son passe-temps favori.

A quinze ans, il abandonne l’école pour se concentrer sur le dessin. Pendant deux ans, il va suivre des études au Collège des Arts et Technologies de Cambridge. Sa formation dure deux ans, mais Searle décode de l’écourter pour rejoindre le Royal Engineers. La Seconde Guerre mondiale approche, et Searle veut se rendre utile au sein du département de dessin architectural.

En janvier 1942, il est stationné à Singapour. Suite à plusieurs invasions japonaises, Searle est fait prisonnier par l’ennemi en même temps que son cousin. Emmené dans un camp de prisonniers, il va vivre là jusqu’à la fin de la guerre. Très affaibli physiquement, Searle contracte plusieurs maladies et perd beaucoup de poids. Mais sa condition physique ne l’empêche pas de s’adonner au dessin. Il griffonne quotidiennement des dessins mettant en scène la vie quotidienne des soldats prisonniers, et doit cacher ses dessins sous les matelas des prisonniers pour ne pas être surpris par les gardiens japonais. Découverts tardivement, les dessins de Searle ont depuis bénéficié d’une attention toute particulière de la part du public anglais. Regardés comme un témoignage unique d’une période sombre, ils font partie de la collection permanente de l’Imperial War Museum de Londres. Libéré en 1945, Searle ne tourne la page de la guerre qu’à Nuremberg, où il assiste aux procès en tant qu’artiste, dessinant les scènes historiques qui sont en train de se jouer.

Juste avant la guerre, en 1941, Searle avait commencé à être publié. Entre autre, il avait donné quelques croquis au magazine Lilliput, mettant en scène une école privée pour jeunes filles où les élèves menaient la vie dure à leurs enseignantes. Saint Trinian’s était né. En 1947, Searle épouse l’éditrice Kaye Webb, qui lui avait commandé les premières planches de Saint Trinian’s. Le cartoon rencontre rapidement le succès et les planches se multiplient. Les jeunes filles dessinées par Searle sont très loin de l’image angélique des filles de bonnes familles. Criminelles et malhonnêtes, elles ne reculent devant aucune cruauté. L’absence totale de respect de l’ordre établi trouve un écho retentissant dans la culture anglaise des années 1950 et 1960. Le succès est tel que Searle finit par se détacher de sa création, la jugrant trop encombrante et il décide de s’atteler à d’autres projets.

En parallèle de la série Saint Trinian’s, Searle travaille pour de nombreux magazines, dont Life, The New Yorker, Holiday ou encore Punch. Il illustre des livres de voyage, travaille sur des publicités ainsi que des affiches. Très productif, le dessinateur connaît ensuite une seconde période créative après son divorce en 1967. Il s’installe à Paris pour vivre avec sa seconde épouse et entame une collaboration avec les médias français, dont Le Monde. Il met entre parenthèse son travail de satiriste pour se concentrer sur l’illustration. Il accomplit aussi un travail de commande en signant des médailles commémoratives pour la Monnaie de Paris.

Au fur et à mesure que son œuvre et sa célébrité grandissent, Searle représente une influence de plus en plus importante pour la jeune génération de dessinateurs. Quentin Blake et Joann Sfar le citent en référence, et Saint Trinian’s fait l’objet de plusieurs adaptations pour le grand écran. En 2004, il est fait Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique par la Reine. Un an après, le scénariste Russel Davies signe un documentaire portrait de Searle pour le compte de la BBC. En 2007, la France l’honore pour l’intégralité de son œuvre en lui remettant la Légion d’honneur. Ronald Searle décède en France le 30 décembre 2011.

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