Maurice Leblanc, Arsène Lupin malgré lui

Juste au cas où vous ne connaîtriez pas encore Maurice Leblanc, le père de l’un des plus grands héros de la littérature française et créateur d’une nouvelle branche du roman français, je vous déconseille carrément cette biographie écrite par Jacques Derouard : Maurice Leblanc, Arsène Lupin malgré lui. J’aurais trop peur que ça ne vous dégoûte à vie de l’extraordinaire oeuvre de Maurice Leblanc.

D’un point de vue strictement factuel, je ne peux pas dire que ce ne soit pas intéressant. On découvre une période de l’histoire littéraire et artistique française globalement méconnue, et l’on est à peu près à même de replacer Maurice Leblanc dans ce contexte historique. On sent que Jacques Derouard s’est bien penché sur son sujet, a fait des recherches et qu’il va jusque dans les moindres détails.

Là où je suis vraiment déçue, c’est que le lecteur ne ressent pas cet enthousiasme. Le biographe n’arrive pas à dépasser le stade pragmatique des faits historiques pour passer au niveau supérieur d’auteur capable de communiquer un tout petit peu de sa passion pour un remarquable auteur français.

On sent bien sûr qu’il y a beaucoup d’intérêt dans les faits qui nous sont présentés, mais cette prépondérance du factuel empêche la biographie de décoller. Et finalement, on a presque du mal à bien se représenter l’auteur. Maurice Leblanc nous reste un peu lointain. De nombreuses citations émaillent l’ouvrage, et sa parole révèle un peu de sa personnalité. Cependant, l’essentiel de son être se dérobe à nous.

Je compare surtout ces faiblesses par rapport à la biographie d’Alfred de Musset écrite par Gonzague Saint-Bris. J’y avais trouvé toute l’exaltation propre à Musset. Le portrait était une peinture fidèle qui prenait le lecteur par la main et le faisait basculer dans l’univers de Musset.

Ici, les pages stériles de Derouard n’arrivent pas à rendre vivant Maurice Leblanc. J’étais d’autant plus frustrée par cette lecture que Maurice Leblanc est pour moi synonyme du souffle de l’aventure. Ses Arsène Lupin ont été une lecture essentielle pour moi. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce personnage brillant, charmant, légèrement irrévérencieux, un brin génial et tellement dynamique. Il n’y a pas beaucoup d’auteurs qui ont su rendre un personnage de papier aussi incontournable et vivant dans l’imaginaire collectif !

J’avais acheté ce livre à Etretat, lorsque j’avais visité le Clos Lupin (visite que je vous recommande si vous êtes fan de Maurice Leblanc ou juste un peu curieux des maisons d’écrivains). J’avais donc l’espoir que cette lecture serait en quelque sorte l’apothéose de la visite.

Pour résumer mon impression de lecture, je répeterais donc que l’ouvrage reste trop factuel, et qu’il est globalement mal écrit. Mais disons qu’en attendant de trouver une excellente biographie sur l’excellent auteur que fut (et reste encore !) Maurice Leblanc, ce livre a au moins le mérite de présenter des éléments biographiques intéressants et pertinents.

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