Le Château de Cassandra

Couverture "Le Château de Cassandra"J’ai déjà parlé de Dodie Smith dans la rubrique « biographies », et voici à présent un exemple de son œuvre : « Le Château de Cassandra ». J’ai eu l’occasion de le lire l’été passé pour me détendre, et je n’ai pas été déçue.

Mais je dois quand même prévenir les futurs lecteurs : il ne s’agit pas d’un livre dans lequel il se passe beaucoup de choses. Il n’y a pas une grande intrigue mais plutôt de nombreuses pistes secondaires et pourtant passionnantes. De quoi vous faire passer un très bon moment.

Ce roman est un texte à la première personne : Cassandra, une jeune fille anglaise tient son journal intime au jour le jour pour raconter les péripéties de son existence. Elle vit dans la belle campagne anglaise : pluie et froid, peu de visites. Plus précisément, elle vit dans un château en ruines avec toute sa famille : son père, écrivain brillant qui n’a produit qu’un seul livre ; Topaze, la belle-mère un peu excentrique, muse des peintres en vogue ; sa sœur et son frère, sans oublier le chat et la chienne (Abélard et Héloïse). La routine quotidienne n’est pas triste, mais leur vie tranquille va basculer avec l’arrivée dans le voisinage de deux frères américains, puis de leur mère.

Outre le fait que le roman est très bien écrit (la traduction est extrêmement fluide), on prend un plaisir certain à suivre la vie de cette jeune fille dont la famille fantasque ne manque pas de piquant. Et Dodie Smith a véritablement un don pour croquer les scènes de la vie quotidienne avec humour tout en gardant toujours une certaine tendresse vis-à-vis de ses personnages. Certains passages, dans la plus pure tradition de l’humour anglais, sont d’ailleurs à hurler de rire : la description de la façon dont les américains bien élevés utilisent leurs couverts à table, ou bien encore une chasse à l’ours qui n’en est pas vraiment une.

Mais « Le château de Cassandra » vaut aussi car il s’agit d’une œuvre d’exil. Dodie Smith l’écrit au moment où son mari et elle ont dû quitter l’Angleterre pour s’installer aux Etats-Unis. On sent à presque toutes les pages la nostalgie que l’auteur éprouve pour l’Angleterre, tant dans la douce excentricité des personnages que dans la description des paysages. La forme du journal est aussi intéressante puisqu’elle permet à l’auteur d’utiliser le « je » sans complexe, et on trouve à travers les lignes une dimension autobiographique qui ajoute encore à la qualité du récit.

Cette histoire n’est pas un grand choc ni une fresque amoureuse avec de nombreux rebondissements. C’est un roman sur l’adolescence, un livre d’atmosphère, qui vous fait glisser en douceur dans un univers plaisant, et que l’on quitte finalement à regret lorsque la lecture est finie.

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