Guide de lecture : quels sont les meilleurs livres d’Amélie Nothomb ?

C’est un des noms les plus incontournables de la rentrée littéraire. Et pourtant, tout le monde n’a pas forcément eu l’occasion de découvrir les livres d’Amélie Nothomb. Ce qui m’a donné l’idée de vous proposer un petit guide de lecture. Je ne vais pas trancher objectivement en vous lisant les meilleurs livres d’Amélie Nothomb. Il s’agit évidemment d’un classement subjectif. Mais vu le nombre de romans qu’elle a déjà publié, au moins ce petit guide des meilleurs livres vous donnera des pistes pour découvrir l’oeuvre d’Amélie Nothomb. C’est parti !

  • Hygiène de l’assassin

Hygyène-AssassinC’est le premier roman publié d’Amélie Nothomb. Et aussi celui qui a, d’entrée de jeu, captivé l’intérêt des lectrices et lecteurs. Le texte est puissant. Et il y a même eu un débat stérile (et sexiste) à l’époque de sa publication car certains critiques n’arrivaient pas à imaginer que le livre soit écrit par une jeune femme ! Leur rencontre avec la face sombre d’Amélie Nothomb les avait visiblement trop déstabilisé. Encore aujourd’hui, il s’agit d’un livre assez unique en son genre. Et il appartient effectivement à la veine la plus sombre de son oeuvre.

« Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c’est qu’aucune forme ne s’apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l’interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. »

  • Stupeur et Tramblements

Stupeur-TremblementsC’est ce livre qui a vraiment fait connaître Amélie Nothomb au grand public. Et je pense, rétrospectivement, qu’il a été le point de départ d’un profond sentiment d’attachement entre le lectorat et la romancière belge. Un sentiment qui trouve certainement naissance dans cette habitude qu’elle a pris de glisser des éléments autobiographiques dans ses romans. Mais en prenant toujours soin de passer par le truchement de la fiction.

En prime, le roman a fait l’objet d’une adaptation au cinéma, ce qui a encore donné de la visibilité au talent formidable de conteuse d’Amélie Nothomb. Un talent qui a le goût de présenter des histoires tour à tour drôles et cruelles, dans lesquelles les personnages sont parfois très chahutés. Un peu comme la vraie vie, donc.

« Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l’implacable rigueur de l’autorité d’entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant.
D’erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu’au rang de surveillante des toilettes, celui de l’humiliation dernière. Une course absurde vers l’abîme – image de la vie, où l’humour percutant d’Amélie Nothomb fait mouche à chaque ligne. »

  • Antéchrista

AntéchristaCe n’est pas son livre le plus connu, et pourtant c’est un de mes romans préférés d’Amélie Nothomb. C’est aussi une de ses histoires les plus sombres, les plus violentes. Mais le texte brille parce qu’il met très bien en avant les qualités d’écriture de la romancière. Cette histoire est le portrait croisé de deux jeunes filles. Et il s’agit vraiment d’une auscultation au plus près de la psychologie des personnages. Les mécanismes de fascination, ce qui relève de l’identité, de l’estime de soi… Ce roman est écrit avec un brio sidérant. Il m’a laissé une impression de choc. Et encore aujourd’hui, c’est l’un de ceux que je conseille le plus autour de moi.

« Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n’en revient pas de ce bonheur presque écrasant. Elle n’hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l’installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s’affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre. »

  • Le Crime du Comte Neville

Crime-NevilleN’allez pas croire que tous les romans d’Amélie Nothomb sont déprimants ! Au contraire, plusieurs de ses histoires sont particulièrement drôles. Certaines sont même carrément jubilatoires. C’est par exemple de mon livre préféré d’elle : Le Crime du Comte Neville. Pour cette histoire, elle s’est inspirée d’un conte d’Oscar Wilde. Mais ce qui compte, c’est la manière aussi drôle et élégante avec laquelle elle déroule une histoire hautement improbable de meurtre annoncé. Toutes les personnes auxquelles je l’ai conseillé l’ont adoré. Et pourtant, certaines n’imaginaient pas succomber au charme de la plume d’Amélie Nothomb.

Dans cette histoire totalement loufoque, un aristocrate belge désargenté est sur le point de vendre son château familial. Histoire de finir en beauté, il décide d’organiser une gigantesque fête dans le parc. Parmi les stands, il y a même une diseuse de bonne aventure… qui lui annonce qu’avant la fin de la soirée, il tuera une personne présente à la fête ! Le Comte Neville n’y croit pas au départ. Mais à mesure que la soirée avance, la paranoïa s’empare de lui. D’autant que sa fille en pleine crise d’adolescente se présente à lui avec une demande incongrue : pourrait-il la tuer pour la délivrer de son existence ?

  • Soif

SoifDe tous les romans écrits par Amélie Nothomb, Soif est certainement l’un de ceux qui a causé le plus de commentaires. Et pour cause : voilà que la romancière a décidé de s’attaquer à la figure la plus célèbre de l’histoire mondiale, le Christ en personne. Et pas à n’importe quel moment de sa vie : la crucifixion ! Si vous vous rappelez bien, il y a eu des commentaires assez gratinés sur le seul fait que ce livre ose traiter d’un sujet pareil. Mais au-delà de la polémique, Soif est un roman profondément atypique dans l’oeuvre d’Amélie Nothomb. C’est aussi un de ses plus beaux textes.

Elle imagine à quoi ont ressemblé les dernières du Christ. Et la métaphore filée de la soif sert à nous faire approcher le supplice du Christ aussi bien que son abandon. Si le roman aborde le sujet de la mort, il est aussi et avant tout une célébration de la vie. Son propos semble parfaitement paradoxal. Mais en fait, Amélie Nothomb montre justement à quel point la mort et la vie sont indissociables. Elle souligne à quel point l’image de la crucifixion du Christ est devenue un point de repère dans l’iconographie mondiale. Et elle interroge cette scène pour savoir ce qu’elle dit de nous, en tant qu’individus. Le propos est intelligent. Mais c’est aussi un cheminement très intime. Un sacré tour de force.

  • Psychopompe

PsychopompeJe l’ai dit plus haut : Amélie Nothomb a souvent flirté avec des éléments autobiographiques dans ses livres. Mais jamais elle n’avait vraiment écrit à la première personne du singulier jusqu’à Psychopompe. Ce récit personnel n’est pas une oeuvre de fiction. C’est quelque chose qui peut surprendre ou même rebuter. Pourtant, c’est justement l’occasion de passer côté coulisses.

Avec ce livre, Amélie Nothomb livre certaines clés sur elle-même, son rapport au monde et son rapport à l’écriture. Psychopompe raconte certains faits de sa jeunesse, ses années passées à l’étranger, et le début de l’écriture comme affirmation de son identité propre. Dans le ton, il est très différent de tout ce qu’elle a pu écrire avant, je trouve. Il n’a pas la violence ou la noirceur de certains romans. On n’y retrouve pas non plus l’humour second degré que la romancière affectionne. Le ton de Psychopompe est dans une sorte d’entre-deux. Presque comme si l’écriture n’existait pas, et qu’il ne s’agissait que de la voix d’Amélie Nothomb posée sur le papier. C’est une expérience de lecture inédite et qui vaut vraiment le détour, pourvu que vous soyez un peu curieux d’en apprendre plus sur la romancière belge.

J’espère que ce guide de lecture des meilleurs romans d’Amélie Nothomb vous sera utile. Comme je l’ai précisé au départ, c’est une sélection toute personnelle. Mais l’idée c’est avant tout de vous donner des idées de lectures et des repères pour découvrir l’oeuvre de cette romancière géniale.

 

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7 réflexions sur “Guide de lecture : quels sont les meilleurs livres d’Amélie Nothomb ?

  1. Fattorius dit :
    Avatar de Fattorius

    J’avoue avoir un peu lâché Amélie Nothomb, après deux ou trois déceptions de lecture (« Métaphysique des tubes », entre autres…). J’ai eu pourtant une bonne surprise, il y a une vingtaine d’années: une mise en scène réussie de « Cosmétique de l’ennemi », adapté par une troupe de théâtre de ma région. Et Amélie Nothomb me laisse le souvenir d’une personne magnétique quand elle parle de sa vie et de son art lors de causeries.
    Bonne journée à toi!

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