La petite histoire derrière Alivreouvert.net

Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur Alivreouvert.net sans jamais oser le demander. Voilà le programme aujourd’hui ! D’habitude, je n’aime pas trop faire des posts nombrilistes. J’ai l’impression que ma vie ne passionne personne. Ce qui est d’ailleurs la vérité. Mais régulièrement, je reçois des mails de gens qui se demandent comment faire pour se lancer dans un blog littéraire. Ils me demandent si je suis une journaliste professionnelle ou une éditrice. Et finalement, ça revient souvent qu’on me demande comment j’ai fait pour me lancer dans un tel projet. Du coup, je me suis dit que peut-être ce ne serait pas idiot de vous raconter un peu ma vie, histoire de répondre aussi à vos questions.

Il était une fois une petite fille qui aimait lire…

J’ai lu presque toute ma vie. J’ai commencé à aimer les livres avant même de savoir lire. J’enquiquinais tous les adultes pour qu’ils me fassent la lecture. C’était mon moment préféré de la journée. Un divertissement dont je ne me lassais jamais. Et dès que j’ai été capable de lire de façon autonome, je crois que beaucoup de personnes dans ma famille ont été soulagées !

Pour autant, je n’ai jamais imaginé que cette activité pourrait un jour avoir une place aussi importante dans ma vie. Et je ne pensais pas que ça m’aiderait à décrocher un diplôme universitaire. Lorsque j’étais étudiante en communication, je me suis spécialisée en communication rédactionnelle dédiée au multimédia. En gros, écrire pour le web, c’était mon truc. J’étais curieuse, et je trouvais ça formidable tout ce qui se montait comme nouveaux sites culturels sur le web. Enfin, des gens abordaient les sujets qui m’intéressaient !

Pour mon année de Master 2, je devais faire un stage de fin d’études de plusieurs mois. J’ai répondu à trois annonces, mais une seule m’intéressait vraiment : travailler au département littéraire du site Evene. Pour la petite histoire, j’ai été prise aux trois mais sans surprise c’est Evene que j’ai chois !

Un stage peut-il changer une vie ?

Au début, j’ai mis un peu de temps à trouver mes marques. Ce n’était pas ma première expérience professionnelle. Mais c’était la première fois que je travaillais dans un univers qui me plaisait vraiment. J’étais un peu intimidée, il faut bien l’avouer. Mais j’ai eu de la chance parce que les autres personnes de la rédaction étaient formidables, à commencer par les trois personnes du « Pôle Livres ». J’ai eu un responsable qui a su me mettre en confiance. Et plus j’étais à l’aise, plus il me laissait carte blanche pour en faire plus. J’ai commencé à rédiger des chroniques des livres lus. J’ai pu écrire un article (chose hyper rare pour des stagiaires !). Et finalement, j’ai même interviewé le romancier Daniel Glattaeur. Une très belle rencontre même si j’étais particulièrement stressée !

Cette dernière année d’études a été riche d’expériences, en premier lieu grâce à ce stage. Mais elle m’a aussi confronté à une réalité : il y avait bien peu de chances que je trouve un poste en CDI dans cet univers. Alors que faire ? Le choix de la raison, ce fut d’accepter un CDI juste après mes examens. J’avais du travail pour six mois. Et le temps de la réflexion devant moi. Dans un coin de ma tête, je gardais l’idée d’écrire. Mais face aux contraintes matérielles du quotidien, ça ressemblait à un rêve impossible.

Une bonne résolution du 1e janvier… et le coup de pouce d’une amie !

Mon CDD a pris fin à la fin du mois de décembre, juste avant les vacances de Noël. J’étais contente. J’ai profité des fêtes. Et j’ai même passé le Nouvel An avec mon frère et plusieurs amis, dont ma meilleure amie, qui préparait alors son déménagement sur Bordeaux. Vous allez me dire que ça n’a rien à voir avec le sujet. En fait, si !

C’était un premier janvier, nous étions passablement fatiguées, et nous nous sommes lancées dans un grand ménage de son appartement avant qu’elle rende les clés. Franchement, nous n’étions pas au mieux de notre forme ! Mais tant pis, et pendant qu’on lessivait les murs (je me revois encore une éponge à la main), j’ai commencé à discuter de mon idée de lancer un blog littéraire.

A ce moment-là, c’était encore quelque chose d’un peu secret. Un projet dont je n’avais osé parler à personne parce que j’avais peur qu’on me dise que c’était idiot. C’était encore un moment de ma vie où mon manque de confiance en moi et mon insécurité affective faisaient que le regard des autres pesait lourdement sur moi. Et ça me bloquait vraiment beaucoup. Je me sentais limitée, pas légitime, pas assez forte, pas assez intelligente. J’avais un tel manque d’estime de moi-même que je ne voulais pas briser mon petit rêve en prenant le risque de m’exposer au jugement des autres.

Mais en discutant avec ma meilleure amie, je n’ai jamais eu ce genre de problèmes. Elle est LA personne avec laquelle je peux parler de tout, sans jugement et en étant certaine de trouver le soutien sans faille dont j’ai besoin pour avancer.

Ce jour-là, elle a encore une fois été formidable. Elle m’a encouragé à me lancer. Et il me semble me souvenir que c’est elle qui a trouvé le nom du blog. J’étais gonflée à bloc. Et j’ai donc mis mon temps de chômage à profit pour créer Alivreouvert. net. Malheureusement, j’ai trouvé un CDI plus tôt que prévu, et ça a été la panique à bord pour faire vivre le blog ! Mais finalement je me suis accrochée. Et plus de dix ans plus tard, comme vous le voyez, il existe encore.

Plus de 10 ans de blog : qu’est-ce que j’en retiens ?

Il y a eu des hauts et des bas. Parfois, l’énergie n’est pas là. J’ai du mal à trouver la motivation. Le reste de ma vie reprend aussi ses droits, et j’apprécie de me lancer dans d’autres projets. Mais Alivreouvert est devenu mon point d’ancrage. C’est mon jardin secret. Un espace dans lequel je peux échanger avec d’autres personnes… et renouer avec moi-même.

J’ai commencé cet article en disant que la lecture avait toujours fait partie de ma vie. C’est vrai aussi pour l’écriture. J’ai toujours aimé écrire. Apprendre à écrire m’a libéré de moi-même et de beaucoup de trouilles que j’avais accumulé en moi. Comme je suis quelqu’un qui n’est pas à l’aise à l’oral, l’écrit a été ma planche de salut. Parler aux autres ne me vient pas naturellement. Quand j’étais petite, j’avais des problèmes d’élocution. Et le temps que je rattrape les autres, c’était trop tard. J’ai souvent cette impression que l’espace entre moi et les autres est plus grand que ce qu’il devrait être. Et je ne sais pas comment le combler. Ecrire m’a systématiquement aidé à combattre cette sensation d’isolement.

Ecrire ce blog, c’est affirmer ce que je suis : une lectrice qui se passionne pour tout un tas d’histoires. Elles sont la sève de ma vie. Je suis le genre de personne qui aime se perdre dans un livre, qui aime le calme de la lecture. Le genre de personne qui a besoin de cette introspection pour trouver des clés, des outils pour mieux communiquer dans le monde réel.

Et avoir a chance de partager tout ça sur le blog, c’est faire un pas en avant vers le reste du monde. C’est autant une chance de me lier aux autres que de me reconnecter à moi-même. Et je suis ravie chaque fois que je lis un commentaire d’une personne contente d’avoir passé un peu de temps sur ce blog. Je me dis que j’ai bien fait de me lancer, de dépasser ma peur. Que maintenant, cet espace existe aussi pour les autres. Et c’est une sacrée belle réussite !

8 réflexions sur “La petite histoire derrière Alivreouvert.net

  1. cora85 dit :

    Tu as eu raison de te « livrer » ainsi !
    Je me reconnais entièrement dans le premier paragraphe, c’est dingue !
    Une question : est-ce que l’on te reproche ou te reprochait de beaucoup trop lire ?
    Passe une excellente journée !

    Aimé par 1 personne

    • Alivreouvert dit :

      Merci beaucoup ! On ne me le reprochait pas vraiment, mais je pense que c’est quelque chose qui échappe à certaines personnes de mon entourage. Comme si lire était un divertissement bizarre, pas comme les autres… Et ça n’a jamais été confortable de sentir ce jugement par rapport à quelque chose qui me faisait me sentir si bien. Aujourd’hui, ça ne me touche absolument pas parce que je fais abstraction de ce genre de jugement ou d’incompréhension. Je lis pour moi et je n’attends la validation de personne. Et tant pis si je n’ai jamais regardé un seul épisode de Lost ou d’autres trucs cools. Je trace mon propre chemin. Et toi ? Je sens que ta question vient d’une expérience personnelle, non ?

      Aimé par 1 personne

      • cora85 dit :

        Tu as raison ; on me l’a reprochée quand j’étais enfant, même si je peux comprendre que cela passe parfois pour du désintérêt envers les gens quand tu lis devant eux en permanence. Bon vendredi !

        Aimé par 1 personne

      • Alivreouvert dit :

        Je ne pense pas que ce soit plus du désintérêt que les personnes qui regardent la télé d’un oeil en poursuivant une conversation avec d’autres personnes. Souvent, ce genre de jugements anti-lecture en disent plus sur la personne qui les lance que sur la personne qui les reçoit. La lecture rend certaines personnes mal à l’aise, parce qu’elles-mêmes ont une vision intimidante du livre. Comme si c’était un divertissement « de snob ». Ce n’est pas le cas du tout. Mais j’ai l’impression, pour avoir déjà entendu des commentaires autour de moi et des témoignages d’amies lectrices, que ça reste quelque chose d’assez présent dans la société. En tout cas bon vendredi à toi et belles lectures !

        Aimé par 1 personne

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