Portrait of a Scotsman, roman historique d’Evie Dunmore

Je l’attendais depuis un an maintenant : Portrait of a Scotsman, le nouveau roman historique d’Evie Dunmore, vient enfin de sortir ! Il s’agit déjà du troisième tome de la série des Rebelles d’Oxford. Et même si je vous parle aujourd’hui de ce roman en VO, sachez que la série a commencé à être éditée en France. Le premier tome est paru au printemps aux éditions J’Ai Lu sous le titre de Panique chez les Montgomery. On présente beaucoup cette série comme des romances historiques. En fait, il s’agit plutôt selon moi de romans historiques féminins. Certes, il y a de belles histoires d’amour à découvrir. Mais Evie Dunmore offre surtout un éclairage bien documenté et très ludique sur les débuts du mouvements suffragiste en Grande-Bretagne. Les romans de la série sont très divertissants à lire, mais ils aussi un vrai propos. Et le mélange est formidable à lire !

Mon résumé du livre

Hattie Greenfield a toujours eu du mal à rentrer dans le rang. Née dans une familles de riches banquiers d’affaires londoniens, elle est pourtant le seul membre du clan à ne pas avoir hérité de l’intelligence familiale. Un mal pour un bien puisque son absence de compétences pour les affaires a convaincu son père de la laisser étudier l’histoire de l’art à Oxford. Pour cette peintre passionnée, qui n’est jamais autant à l’aise qu’avec des pinceaux à la main, c’est aussi l’occasion de s’engager en faveur de la cause des femmes. Mais tout bascule le jour où elle est surprise dans une position compromettante : elle a embrassé Mr. Blackstone, un investisseur rival de son père. Le pire ? Il s’agit en fait d’une manigance de sa part. Bien décidé à grimper l’échelle sociale, il propose un marché au père de Hattie : la main de sa fille en échange de parts dans une affaire de chemin de fer. L’affaire est menée sans que Hattie puisse s’y opposer. Et la voilà bientôt mariée à un homme qu’elle connait à peine. Un sort courant pour les jeunes filles de la bonne société… mais Hattie ne compte pas se laisser faire !

Mon avis sur Portrait of a Scotsman

Après un premier chapitre palpitant, le début de l’histoire patine un peu. L’intrigue met un certain moment à se mettre en place, et c’était un peu lent à mon goût. Mais une fois passé ce flottement du début, le roman trouve son rythme de croisière, et j’ai retrouvé avec plaisir tout le talent d’écriture d’Evie Dunmore.

Quand j’avais lu Panique chez les Montgomery, le premier tome de la série, j’avais trouvé qu’il y avait un équilibre parfait entre la romance et le côté roman historique. Cet équilibre se retrouve encore une fois dans Portrait of a Scotsman, ce qui en fait une lecture vraiment palpitante. On sent bien qu’Evie Dunmore maîtrise parfaitement son sujet. Dans le second tome, A Rogue of One’s Own, elle abordait la question des violences conjugales et de l’émancipation des femmes. Ici, elle va encore plus loin en abordant frontalement deux sujets passionnants. D’abord, il est question du mariage, et de la manière dont les femmes n’ont aucune liberté dans le choix de leur époux (sans surprise pour l’époque !). Evie Dunmore s’attarde notamment sur l’absence totale d’éducation sexuelle des femmes de l’époque, pour lesquelles la nuit de noces était donc une épreuve à plus d’un titre. Non seulement elles découvraient une intimité qu’on leur avait appris à fuir, mais en plus elles devaient le faire en compagnie d’un homme qu’elles connaissaient à peine. Le devoir de soumission était tellement traumatisant que certaines jeunes femmes se faisaient prescrire des drogues pour être inconscientes lors de leur nuit de noces ! Autant dire qu’on apprend beaucoup de choses sur le mariage victorien, et ce n’est pas très reluisant. Mais ça explique clairement pourquoi des femmes de la bonnes société ont commencé à se rebeller et à réclamer plus de droits.

L’autre grand sujet, c’est celui des mineurs en général, et des femmes mineures en particulier. Si comme moi vous avez eu l’occasion de lire Germinal, vous aurez déjà une bonne idée des thématiques abordées par Evie Dunmore. Mais elle choisit ici d’aborder la question du travail des femmes (et des enfants). L’histoire dénonce notamment avec force l’hypocrisie d’une société qui s’émeut du fait que des femmes puissent travailler nues dans des mines… sans pour autant être choquée par leurs conditions de travail ou le taux de mortalité dans les mines.

Il y a vraiment beaucoup d’éléments très intéressants dans le roman qui permettent de mieux saisir le contexte social dans lequel le mouvement suffragiste est né. Et c’est absolument passionnant.

En parallèle, ne vous inquiétez pas : on retrouve bel et bien une formidable histoire d’amour. Contre toute attente, Hattie et Lucian (Mr. Blackstone) forment un couple vraiment attachant et charismatique. Ils ont chacun un passé très intéressant à découvrir, des tempérament différents mais complémentaires. Et il y a une émotion authentique dans leur relation. Malgré un début de mariage pour le moins chaotique, on les suit au fil des semaines pour voir comment ils s’arrangent de la situation et finissent pas se découvrir mutuellement. J’ai adoré cette histoire d’amour, tendre et puissante, entre deux personnages qu’on a vraiment envie de voir heureux à la fin.

Portrait of a Scotsman : une idée lecture pour qui ?

Si vous aimez les romans historiques, vous allez adorer celui-ci. Mais si vous aimez les romances, c’est également un livre pour vous. J’expliquais plus haut que ces deux dimensions sont présentes dans ce livre. Et c’est vrai : le mélange fonctionne parfaitement. On se prend de passion pour une formidable histoire d’amour, et en même temps on apprend des choses. Evie Dunmore tisse son histoire avec subtilité et brio, et au final on dévore le livre sans vraiment se soucier de savoir à quel genre littéraire il appartient.

Pour les personnes qui ne lisent habituellement ni romans historiques ni romances, je dirais que c’est le livre idéal pour se lancer. Le roman est assez loin des clichés du genre. Il n’y a pas de romance fleur bleue, et pas de longs passages descriptifs ennuyeux. C’est un livre à l’écriture moderne, très accessible, avec du rythme, des passages tendres et même un peu d’humour. Et surtout, c’est un roman riche, avec un vrai propos, qui aborde beaucoup de sujets variés pour attiser la curiosité des lecteurs.

En bref, c’est un des meilleurs livres que j’ai lu cette année. Et si vous avez envie d’en savoir plus sur la série des Rebelles d’Oxford, je vous invite à lire mon interview d’Evie Dunmore. Elle y expliquait son travail, son projet d’écriture, et dévoilait même quelques infos sur le quatrième et dernier roman de la saga, prévu pour la rentrée 2022.

Bonne lecture !

Portrait of a scotsman

3 réflexions sur “Portrait of a Scotsman, roman historique d’Evie Dunmore

    • Alivreouvert dit :

      Absolument : chaque tome se renouvelle grâce aux sujets traités. Dans le 2e tome de la série, Lucy s’intéresse notamment à la liberté d’expression (via la presse écrite) et à la question des violences conjugales, qui sont abordées dans les lettres qu’elle reçoit. Evie Dunmire a fait un gros travail de recherches, et ça se ressent à la lecture. Elle sait de quoi elle parle, et ça lui permet d’aborder des sujets rarement traités dans les romans. Le 2e tome sera publié au printemps chez J’Ai Lu. Du coup tu devras attendre 2023 a priori pour lire le 3e livre, mais l’attente en vaut la peine !!

      Aimé par 1 personne

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