La forme de l’eau, en livre audio

Lorsque La forme de l’eau est sorti au cinéma, j’ai tout de suite eu envie d’aller voir ce nouveau film de Guillermo Del Toro. J’étais tellement motivée par cette histoire flirtant avec le fantastique que je n’ai pas voulu voir la bande annonce. Et finalement… je n’ai pas eu le temps d’aller le voir ! Heureusement pour moi, Audible m’a offert une séance de rattrapage avec la sorti du livre en format audio (je précise qu’il est aussi édité en papier chez Bragelonne). Ni une ni deux : j’ai sauté sur l’occasion de découvrir (enfin !) cette histoire d’amour entre une femme et une créature aquatique. Le livre est en fait la novélisation du film, mais ça ne gâche en rien le plaisir de l’histoire !

Etats-Unis, 1962. Alors que la Guerre Froide bat son plein, l’armée américaine envoie Richard Strickland en Amérique du Sud afin de mettre la main sur une créature des eaux baptisée Deus Branchia par les tribus d’Amazonie. L’armée souhaite capturer la créature et l’étudier afin de mettre au point de nouvelle technologies qui lui permettra de prendre une longueur d’avance sur les russes dans la course à l’armement. La créature est donc amenée à Baltimore, dans un laboratoire d’étude, où elle est confiée au professeur Hoffstetler, un russe qui a émigré aux Etats-Unis pour suivre le régime soviétique. Là, un soir, Elisa Esposito, une femme de ménage muette, voit la créature. Entre elle et lui, le contact passe et une forme de communication commence à s’établir. Chaque soir, Elisa rend visite à cet homme-poisson et devient de plus en plus fascinée par cet être fascinant. Mais le temps leur est compté : l’armée veut des résultats, les russes sont sur les traces de Deus Branchia, et Richard Strickland, un être aussi malveillant que déséquilibré, risque à tout moment de découvrir les visites clandestines d’Elisa à la créature. Comment aider Deus Branchia à reconquérir sa liberté quand on est soi-même une créature vulnérable ?

J’espère ne pas vous en avoir trop dit avec ce résumé, mais c’est très difficile de résumer une histoire qui est à cheval entre la réalité et le conte. Car La forme de l’eau n’est pas un roman comme les autres : ce qui commence comme une fiction flirtant avec le roman d’espionnage évolue pour laisser la place à un conte initiatique teinté d’un onirisme et d’une poésie rares.

Afin d’aborder cette lecture… pardon, cette écoute de la meilleure manière, j’ai joué le jeu comme pour le film : je n’ai cherché aucune information. Je voulais en savoir le moins possible, je ne voulais pas avoir d’images issues du film dans mes yeux pendant mon écoute. J’ai donc littéralement plongé dans cette histoire sans le moindre a priori, et j’ai été récompensée ! Par ailleurs, comme j’ai écouté cette histoire le soir, pendant les (nombreux) jours de pluie que la région parisienne a récemment essuyé, je dois dire que j’étais dans des conditions optimales pour apprécier ce livre audio !

L’histoire est racontée à travers plusieurs personnages : Elisa, sa collègue Zelda, son voisin Giles, Strickland, la femme de Strickland et enfin le professeur russe. Au début, je me demandais un peu quel était le lien entre tout ce petit monde, d’autant que certains personnages comme Giles et la femme de Strickland semblaient être vraiment très éloignés dans l’histoire qui nous occupe. Mais en fait non, il faut faire confiance aux auteurs. Ce roman-puzzle est parfaitement orchestré, et du fait de sa construction morcellée, on a droit à pas mal de rebondissements dans l’intrigue.

Le fait que chaque chapitre soit raconté par une personne différente nous permet aussi d’avoir une approche très intime de l’histoire. On découvre le portrait de chacun, et ils ont tous quelque chose de touchant qui se révèle à nous au fur et à mesure de l’histoire. Certains personnages vont même se révéler avoir un rôle décisif dans l’intrigue, alors qu’on n’aurait pas du tout parier sur eux au départ.

Surtout, cette histoire est baignée par une atmosphère fascinante, onirique et langoureuse qui restitue la moiteur de la foret amazonienne à laquelle Deus Branchia appartient. La narration sait se faire poétique à certains moments pour mieux nous faire comprendre la pureté de cette créature qui vit en phase avec la nature. Il y a d’ailleurs un discours écologique assez fort dans cette histoire ; mais il s’intéresse peut-être moins à la préservation de la nature qu’à sauvegarde de la nature humaine, généreuse et altruiste même si elle aussi peut parfois se révéler sauvage et dangereuse.

Dès le toit début, cette histoire m’a accroché, et elle ne m’a pas lâché jusqu’à la toute fin. J’ai fini cette écoute à regret… d’autant plus que la vois de la narratrice, Manon Jomain, était particulièrement agréable à écouter. Pendant les quelques jours qu’on duré cette écoute, je trépignais d’impatience chaque jour à l’idée de poursuivre mon écoute le soir. Cette histoire m’a énormément émue, et vraiment je vous la conseille à tous. Revers de la médaille : j’ai l’impression d’avoir été rassasiée avec cette écoute, et mon envie de voir le film s’est éteinte. Quel comble !

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3 commentaires pour La forme de l’eau, en livre audio

  1. J’ai vu le film, sous les conseils d’une amie, et je l’ai vraiment aimé ! C’est un genre inhabituel, une expérience unique (de mon point de vue) et l’histoire est vraiment belle 🙂
    Mais, tu me tentes vraiment avec le livre audio…

    J'aime

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